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Les instituts postsecondaires autochtones ontariens en voie d’acquérir plus d’autonomie

Une pancarte à l'extérieur de l'institut Kenjgewin Teg.

L'Institut Kenjgewin Teg offre plusieurs programmes de formation postsecondaire à l'île Manitoulin.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Ils sont neuf en Ontario et actifs parfois depuis plusieurs décennies, mais les instituts postsecondaires autochtones manquaient jusqu'ici d'autonomie. Cinq ans après l'adoption de la Loi sur les établissements autochtones, plusieurs d'entre eux commencent finalement à obtenir la capacité de décerner leurs propres diplômes et certificats.

À l’île Manitoulin, l’institut Kenjgewin Teg, qui fête son trentième anniversaire cette année, a déjà accueilli plusieurs centaines d’étudiants.

Sarah Migwans-Bayer y suit des cours en techniques de rénovation, un programme de sept mois au bout duquel elle obtiendra un certificat collégial.

Son objectif ultime est de créer sa propre entreprise de construction et de mettre ses compétences à contribution chez elle, dans la Première Nation de M’Chigeeng.

Je veux créer davantage d'opportunités de logement pour des personnes comme moi qui n’en ont pas encore et qui en ont besoin, raconte-t-elle.

Sarah Migwans-Bayer porte un manteau gris.

Sarah Migwans-Bayer est inscrite au programme de techniques de rénovation à l'institut Kenjgewin Teg.

Photo : Radio-Canada

Elle a choisi l’établissement pour sa proximité, un choix dont qu'elle est loin de regretter trois semaines après la rentrée, notamment en raison des nombreuses activités culturelles auxquelles les étudiants participent.

La semaine dernière, elle a ainsi appris comment filer le brochet.

Ce n’est certainement pas quelque chose que j’aurais pu avoir à un campus de Sudbury ou n’importe où ailleurs, franchement, note-t-elle.

La travailleuse sociale Sarah Wheale a, elle aussi, choisi Kenjgewin Teg pour entamer sa maîtrise, 14 ans après avoir fini son baccalauréat.

Le programme se concentre sur la pratique holistique, donc toutes ces manières traditionnelles de soigner qui ne pourraient pas être offertes ailleurs dans un établissement occidental typique, affirme-t-elle.

Sarah Wheale porte un chandail rose.

Sarah Wheale est étudiante à la maîtrise en service social à l'institut Kenjgewin Teg.

Photo : Radio-Canada

Être sur le même pied d’égalité

Pour offrir ses programmes, Kenjgewin Teg doit, pour l’instant, s’associer à des collèges et universités, mais l’établissement jouira bientôt d’une plus grande autonomie.

En décembre dernier, il a obtenu l’accréditation nécessaire pour décerner des diplômes et certificats de manière indépendante.

Cela a été rendu possible par la Loi sur les établissements autochtones (Nouvelle fenêtre), adoptée en Ontario en 2017. Chaque établissement doit par la suite se soumettre à un processus de vérification de la qualité mené par le consortium des établissements postsecondaires autochtones de l’Ontario.

Beverley Roy porte des lunettes et un chandail noir.

Beverley Roy est la présidente par intérim de l'Institut Kenjgewin Teg.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

« La souveraineté en éducation a toujours été importante pour nous. Ça nous permettra d’être sur le même pied d’égalité que les autres établissements postsecondaires de la province. »

— Une citation de  Beverley Roy, présidente par intérim de l’institut Kenjgewin Teg

De nouveaux programmes d’études comme ceux de langue anichinabée sont en cours d’évaluation. Beverley Roy espère pouvoir donner des nouvelles bientôt sur la date à laquelle ils pourront être dispensés à l’Institut.

Un étudiant en soudure de l'institut Kenjgewin Teg.

L'institut Knjgewin Teg offre plusieurs programmes d'apprentissage de métiers comme la soudure.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Les gens ont soif de savoir autochtone

Après avoir reçu son accréditation en 2020, le Six Nations Polytechnic Institute dans la région du Grand Toronto a accueilli cet automne sa première cohorte du baccalauréat autonome en langues Ogwehoweh.

Dans le territoire mohawk de Tyendinaga, le First Nations Technical Institute, actif depuis 27 ans, se prépare également à offrir huit nouveaux programmes de manière autonome, dont celui de sage-femme.

Et avant même leur approbation finale, la demande est déjà forte. La liste d’attente du baccalauréat en service social autochtone est d’environ 200 personnes, indique la présidente de l’établissement Suzanne Brant.

« Les gens, même les Allochtones, ont soif de savoir autochtone et avec raison. Ça fait une grande différence dans la manière dont on voit le monde.  »

— Une citation de  Suzanne Brant, présidente du First Nations Technical Institute
Portrait de Suzanne Brant qui porte des lunettes.

Suzanne Brant est la présidente du First Nations Technical Institute dans le territoire mohawk de Tiyendinaga.

Photo : Capture d'écran

Dans l’état actuel des choses, elle regrette par exemple que même si la pratique du métier de sage-femme [soit] protégée légalement et soutenue dans les communautés autochtones, les sages-femmes n’[aient] pas de certification reconnue en dehors desdites communautés.

Avec une histoire jalonnée de chapitres sombres comme celui des pensionnats, être en mesure de fournir une éducation ancrée dans nos connaissances et nos propres manières d’apprendre peut permettre de guérir les difficultés qui ont découlé du système d’éducation pour les Autochtones, estime Mme Brant.

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