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Surplus record au N.-B. : il est temps de « commencer à redonner »

Selon un économiste, les épargnes ont été faites « sur le dos des contribuables », qui ont besoin d’aide.

Une femme qui tient un petit panier d'épicerie s'accroupit pour prendre une pomme dans une caisse posée sur la rangée du bas dans une épicerie de quartier.

Il y a « une crise de la vie chère » au Nouveau-Brunswick, selon l'économiste Richard Saillant.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Radio-Canada

On ignore quelles sont les intentions du gouvernement du Nouveau-Brunswick après l’annonce faite jeudi par le ministre des Finances d’un surplus budgétaire record de 777 millions de dollars pour l'exercice financier 2021-2022.

Appelé à commenter les nouvelles révélations sur l’état des finances publiques dans la province, l’économiste Richard Saillant est catégorique : le temps est venu pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick d’augmenter ses dépenses et de redonner aux Néo-Brunswickois.

« On connaît les priorités : on a une crise de la vie chère au Nouveau-Brunswick. »

— Une citation de  Richard Saillant, économiste

Ce n'est pas les besoins qui manquent, note-t-il. On peut penser créativement à essayer d'améliorer la situation, puis parfois l'argent doit faire partie de la solution.

Selon cet économiste et spécialiste des politiques publiques, les citoyens du Nouveau-Brunswick font face à tellement de problèmes au quotidien en ce moment qu’il serait irresponsable de la part de leur gouvernement de ne pas leur offrir un peu de soulagement.

Richard Saillant regarde l'objectif sur un plateau de télévision.

L'économiste Richard Saillant dans les studios de Radio-Canada à Moncton vendredi

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

L’inflation a augmenté de manière disproportionnée par rapport aux salaires. Les Néo-Brunswickois font face de nos jours à des prix de grande ville sur, quand même, des salaires qui, généralement, sont des salaires de petite ville, poursuit M. Saillant.

« On fait face à des problèmes de grande ville, puis il faut arrêter d'avoir la mentalité d'épargner constamment sur le dos des contribuables et commencer à redonner un peu. »

— Une citation de  Richard Saillant, économiste

Pour de nombreux Néo-Brunswickois, un pourcentage de plus en plus élevé du salaire qu’ils ramènent à la maison sert justement à la garder.

Au Nouveau-Brunswick, on est dans une crise du logement majeure et on ne sait toujours pas ce que va faire le gouvernement pour ce qui est du plafonnement des loyers, déclare Richard Saillant.

« Le logement est devenu le goulot d'étranglement principal. »

— Une citation de  Richard Saillant, économiste

Le Nouveau-Brunswick limite les hausses de loyer jusqu’au 31 décembre seulement. Si, pour la province, un tel plafonnement ne constitue pas la solution à long terme, il faudrait que le gouvernement ait une autre stratégie et la déploie, estime l’économiste.

Sur le dos des contribuables et des employés

C’est un excédent budgétaire sans précédent que le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, a annoncé mercredi.

C'est sans surprise qu'on voit le gouvernement engranger des surplus records, mais c'est sur le dos des contribuables et des employés, juge l’économiste Richard Saillant. Les dépenses ne suivent pas les revenus.

Ernie Steeves devant des drapeaux du Canada et du Nouveau-Brunswick.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, en mars dernier

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

L’économiste soupçonne le gouvernement provincial d’avoir cherché à donner l'impression qu'on était pauvres alors qu'on nageait dans les surplus et de faire montre de mauvaise foi dans ses prévisions financières.

Si ce n’est pas le cas, alors la capacité du gouvernement de mal prévoir ses dépenses et ses revenus est tout à fait stupéfiante, dit-il. On parle d'une erreur de prévision d'un milliard de dollars.

De tels surplus s’expliquent par la croissance démographique très forte au Nouveau-Brunswick — presque 15 000 personnes de plus au cours des 12 derniers mois — et par l’inflation.

L'inflation, pour le gouvernement, c'est très payant, dit-il. Lorsqu'on a de l'inflation, c'est très bon pour un gouvernement, parce que ça veut dire des recettes accrues et des dépenses qui ne correspondent pas toujours.

On est dans une situation très enviable, estime l’économiste. On a réussi à baisser notre endettement de manière majeure et la dette de la province est échelonnée sur une très longue période.

Beaucoup de nos obligations financières vont arriver à échéance dans 30 ou 40 ans. Les taux d'intérêt à court terme ont très peu d'incidence sur les frais de service de la dette.

Dans ces circonstances, compte tenu des nombreux facteurs qui ont un impact sur les finances personnelles des Néo-Brunswickois, le temps des excès de prudence est passé, selon l’économiste.

Il faudrait quand même, à un moment donné, reconnaître que la vie chère est devenue le problème central pour les Néo-Brunswickois, donc il faudrait les aider à composer avec la hausse des prix, conclut-il.

Avec les renseignements de Martine Blanchard, de La matinale, et de Janic Godin, du Téléjournal Acadie

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