•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maria Linklater, une Saskatchewanaise défend la cause des enfants autochtones placés

Une femme assise regarde devant elle.

Maria Linklater, âgée de 80 ans, est une survivante de pensionnat pour Autochtones dévouée à la défense des droits des enfants autochtones placés en famille d'accueil.

Photo : Radio-Canada / Don Somers

Radio-Canada

Une femme autochtone crie de la Saskatchewan, Maria Linklater, mène depuis son plus bas âge un combat pour les droits des enfants retirés à leurs parents et placés en famille d’accueil.

À Saskatoon, l’octogénaire crie est connue comme une leader culturelle, une mentor et une gardienne du savoir.  

Pendant de nombreuses années, Mme Linklater et son défunt mari se seraient occupés de plus de 350 enfants.

La femme est née dans la Première Nation Thunderchild, dans le nord de la Saskatchewan, où elle a été élevée par sa grand-mère. À l’âge de 7 ans environ, elle a été forcée de fréquenter le pensionnat pour Autochtones de la localité.

Pendant tout ce temps, elle n'avait pas le droit de parler sa langue, le nēhiyawēwin.

On me donnait une raclée pour ça, mais je la parlais quand même, dit Maria Linklater.

Lorsqu’elle a quitté le pensionnat, elle s’est mariée, mais la douleur est restée présente en elle. Toutefois, elle a réussi à la dominer, contrairement à beaucoup d'autres comme sa sœur.

Lorsque les enfants cette dernière ont été proposés à l’adoption, Maria Linklater s’est battue pour les garder.

J'étais tellement en colère, dit-elle. J'ai essayé et essayé et essayé. J'ai envoyé des lettres […]. J'étais tellement blessée. Je ne pouvais pas imaginer ce que ma sœur ressentait.

Finalement, elle a pu ramener chez elle l’un des enfants, soit la plus jeune fille. 

Elle avait des besoins spéciaux, explique-t-elle. Elle avait 11 mois quand je l'ai eue, [un] tout petit bébé.

Les autres enfants ont été adoptés aux États-Unis.

Des décennies plus tard, après avoir élevé ses propres enfants et plus des centaines d'enfants, cette femme continue de défendre les générations futures.

La culture et la spiritualité l'ont aidé la femme à se remettre d’aplomb et elle essaie de transmettre cet engagement aux futures générations.

Nous sommes blessés chaque fois qu'un enfant nous est retiré, souligne-t-elle. L'enfant n'a même pas besoin de nous appartenir. Nous voyons la mère pleurer.

Mme Linklater enseigne à d’autres femmes à se battre pour leurs enfants en faisant figure de mentor.

Shannon Kay, une mère de sept enfants de la Première Nation Kawacatoose, en Saskatchewan, mais vivant à Saskatoon depuis l'âge de 13 ans, fait partie des femmes qui bénéficient du mentorat de Maria Linklater.

Les deux femmes travaillent ensemble depuis quatre ans lorsque Shannon Kay a dû se battre pour ses enfants adoptés.

C'était très important [d'avoir Linklater à mes côtés] , note Mme Kay. Elle m'a appris à défendre mes intérêts et ceux d'autres femmes et enfants.

Elle-même fait le même travail auprès d’autres femmes dans une chaîne de transmission.

Enfants placés, un enjeu important 

En 2021, plus de la moitié des enfants placés en famille d'accueil au Canada étaient des Autochtones. Pourtant, ils ne représentent que 7,7 % des enfants de 14 ans et moins dans le pays, selon le dernier recensement. 

Au Canada, le nombre d'enfants autochtones placés en famille d'accueil n’a pas changé depuis 2016.

Depuis 2020, la Loi C-92 est en vigueur au Canada pour améliorer les services à l’enfance et à la famille en milieu autochtone et mettre fin à la surreprésentation des enfants autochtones dans les familles d'accueil . Le gouvernement fédéral dit souhaiter réduire le nombre d’enfants autochtones placés.

Bien qu'optimiste sur les changements que ce cadre juridique va apporter, Maria Linklater dit ne pas toujours faire confiance aux gouvernements et à l’administration.

Ils nous ont tellement menti, soutient-elle.

Elle croit que davantage de ressources sont nécessaires pour fournir des conseils aux enfants qui ont été bloqués dans le système de placement familial.

Avec les informations de Theresa Kliem

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !