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Faute de personnel, des centres d’hébergement de la région ferment leurs portes

Un homme seul est assis sur son lit.

La Maison de l’Espoir de Mont-Joli ferme ses portes pour la deuxième fois depuis le début de l'année.

Photo : Radio-Canada

Le manque de personnel force des organismes communautaires qui viennent en aide aux personnes en situation de vulnérabilité à suspendre temporairement leurs services d'hébergement. C’est notamment le cas de la Maison de l’Espoir à Mont-Joli.

Karine Ouellet, directrice de la Maison de l’Espoir, affirme que ses employés sont à bout de souffle, épuisés par une surcharge de travail. Nous avons présentement trois de nos quatre intervenants à temps plein qui sont en arrêt de travail, et puis nous n’avons personne sur les listes de rappel, dit-elle.

Devant ce manque de personnel, la directrice de l'organisme n'a d'autre choix que de fermer son centre d'hébergement pour la deuxième fois depuis le début de l'année.

Karine Ouellet, directrice de la Maison de l’Espoir à Mont-Joli, sourit au photographe.

Karine Ouellet, directrice de la Maison de l’Espoir de Mont-Joli

Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory

Karine Ouellet aimerait embaucher deux intervenants supplémentaires. Mais les conditions de travail actuelles ne sont pas attrayantes, selon elle.

Nous n'avons plus assez de personnes en forme et intéressées parce que le recrutement et la rétention dans les ressources communautaires restent très difficiles, particulièrement pour les services d'hébergement avec leur côté exigeant de 24 heures sur 24 toutes les semaines, indique-t-elle.

La directrice constate également que la pandémie a accentué l'épuisement professionnel de ses employés. Les ressources d'aide d'urgence ont été particulièrement sollicitées durant cette période, rappelle Mme Ouellet.

Elle souhaite une réouverture dans un mois si la situation le permet.

La Bouffée d’Air du KRTB, un organisme qui accueille et héberge des personnes en situation de détresse, est aux prises avec le même problème. La pénurie de main-d'œuvre, ce n’est plus un problème, c’est une crise, lance d’emblée Hélène Chabot, directrice de l'établissement.

Trois de ses huit intervenants manquent à l'appel.

« La particularité avec les organismes communautaires qui offrent de l’hébergement, c'est qu’ils ont besoin de personnel la nuit et la fin de semaine. Ces organismes-là sont dans des situations critiques, comme si on était sous le respirateur, et je ne sais pas combien de temps on va y rester. »

— Une citation de  Hélène Chabot, directrice de La Bouffée d'Air du KRTB

Meilleur financement réclamé

Actuellement, les organismes communautaires n'ont pas les moyens d'offrir de meilleures conditions de travail à leurs employés, indique la directrice de la Maison de l'Espoir. Elle réclame un meilleur financement de la part de Québec.

Le sous-financement des organismes communautaires ne nous permet pas d’être attractifs ni compétitifs parce qu’on ne peut pas offrir de gros salaires. [...] Ici, pour les intervenants à temps plein avec une formation, on tourne autour de 19 dollars [l'heure], regrette Karine Ouellet, qui aimerait offrir davantage à son personnel.

Hélène Chabot abonde dans ce sens. Selon elle, les salaires doivent être revus à la hausse. On forme des gens et, après ça, ils nous quittent pour de meilleures conditions salariales. C’est très compréhensible, je ne porte aucun jugement, affirme-t-elle.

À long terme, il faut s'asseoir avec le réseau des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent pour trouver des solutions et pour établir un plan de match. Sinon, ce n’est plus viable, il n'y en aura plus [d’organismes communautaires], exprime avec émotion Hélène Chabot.

Autre centre d'hébergement fermé

À Rivière-Ouelle, La Montée, un organisme qui vient en aide aux personnes aux prises avec un problème de dépendance, a également été contrainte de fermer son centre d'hébergement, faute de personnel.

Normalement, ce service devait être accessible dès le début du mois de septembre, selon le directeur de l'organisme, Stéphane Picard. Mais le manque d'intervenants le force à retarder l'ouverture de son centre.

Aucune date de réouverture n'est prévue.

Avec les informations de Gabriel Paré-Asatoory

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