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Une survivante d’un pensionnat demande à l’Église de défendre les droits des Autochtones

May Desnomie est assise dans la cuisine de son appartement, à Regina.

May Desnomie, originaire du nord de la Saskatchewan, a passé huit ans dans le pensionnat pour Autochtones Guy Hill, au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Charles Le Bourgeois

Des Autochtones du Canada profitent de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation pour faire entendre leur voix. C’est le cas de May Desnomie, une survivante d'un pensionnat qui demande à l'Église catholique d’agir comme une partenaire pour défendre les droits des Autochtones.

La femme de 72 ans, originaire de la Saskatchewan, était en Alberta en juillet dernier afin d’entendre les excuses du pape pour le rôle de l’Église dans le système des pensionnats. Selon elle, les mots du souverain pontife sont insignifiants s’ils ne sont pas suivis d’actions.

J'aimerais voir l'Église catholique soutenir activement et généreusement les efforts des Premières Nations pour récupérer nos terres, afin que nous puissions devenir économiquement forts dans nos communautés, explique-t-elle.

La native de Sandy Bay, dans le nord de la Saskatchewan, s’indigne notamment face à la pauvreté des Autochtones qui ont été chassés de chez eux, dit-elle, et regrette que les ressources naturelles de leurs terres ne soient pas partagées avec leurs communautés.

La terre est très importante pour nous. Nous sommes nés ici, nous avons grandi ici, et pour survivre nous avons besoin de ces terres que le gouvernement essaye de nous prendre.

May Desnomie aimerait que l'Église devienne une alliée solide dans la recherche de justice pour les peuples autochtones, en s’attaquant notamment aux causes et aux conséquences de la colonisation.

Il est impératif, pense-t-elle, d'écouter la vérité de ce qui s'est passé dans les pensionnats pour Autochtones, afin que les gens puissent défendre les Premières Nations face à l'inéquité dont elles sont victimes.

« Je ne réclame pas la pitié. »

— Une citation de  May Desnomie, survivante d'un pensionnat pour Autochtones

May Desnomie a passé huit ans dans le pensionnat pour Autochtones Guy Hill, au Manitoba. La survivante reconnaît que les personnes qui l’entourent ne sont pas responsables de ses traumatismes liés au pensionnat.

Je veux dire aux gens de ne pas se sentir coupables, et de ne pas éprouver de honte.

Vous n'étiez pas là, ajoute-t-elle, mais cela s’est passé. Donc que faites-vous maintenant?

L'ancienne pensionnaire estime que la réconciliation implique un changement de regard sur la manière dont la société voit les Autochtones. Et, selon elle, cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est l'occasion d'apprendre l'histoire des Premières Nations.

Je suis heureuse de voir que les gens deviennent de plus en plus sensibles aux communautés autochtones, parce que pendant des années, le gouvernement nous a cachés dans des réserves.

Si vous connaissez la vérité, votre coeur changera, et ensemble nous pourrons aller de l’avant, conclut-elle.

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