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Marcher vers la guérison : la Nation Tsleil-Waututh refait le chemin d’enfants disparus

Des jeunes portent des chandails orange et se tiennent debout devant l'entrée de l'école catholique St Thomas Aquinas.

Des centaines de jeunes et d'adultes ont pris part à la marche qui s'est déroulée vendredi entre l'ancien pensionnat St Paul et la réserve Tsleil-Waututh, à North Vancouver. (30 septembre 2022)

Photo : Radio-Canada / Benoît Ferradini

À North Vancouver, en Colombie-Britannique, la Première Nation Tsleil-Waututh avait marché, l’an dernier, de la réserve vers l'ancien pensionnat pour Autochtones St Paul. Cette année, à l’occasion de la deuxième Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, des membres de la Première Nation font le chemin inverse, du pensionnat vers la communauté, pour créer « un espace de guérison ».

En septembre 2021, le conseiller de la Première Nation Kevin O'Neill avait parcouru avec quelque 200 autres personnes les huit kilomètres qui séparent la réserve, située près de l’autoroute Dollarton, du site de l’ancien pensionnat St Paul, à North Vancouver, où se trouve maintenant l’école catholique St Thomas Aquinas.

Cette année, il fait la route inverse pour boucler la boucle, dit-il.

C’est une marche en hommage aux enfants qui ne sont jamais rentrés à la maison et aux survivants, pour la guérison de nos aînés, pour la guérison de nos jeunes d’aujourd’hui, car ce trauma touche toutes les générations, affirme Kevin O'Neill.

Toutes les générations et toute la population, espère-t-il. Vendredi, des centaines de personnes se sont jointes à cette marche symbolique.

Plus largement, de nombreux événements publics et des cérémonies étaient organisés à travers la province pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, de Delta à Prince George, en passant par Vancouver et Victoria.

Une aînée tient une affiche avec une photo et le nom d'un proche disparu.

Le pensionnat St Paul a fermé ses portes en septembre 1959, d'après le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR).

Photo : Radio-Canada / Dominique Lévesque

Les enquêtes se poursuivent

Depuis août 2021, une enquête est en cours pour faire la lumière sur ce qui s’est passé au pensionnat St Paul. L’établissement a notamment hébergé des enfants autochtones des communautés Tsleil-Waututh, Musqueam et Squamish de 1899 à 1959.

Le pensionnat, le seul dans la région de Vancouver, a été détruit il y a plus de 60 ans et une nouvelle école catholique a été construite à sa place.

Photo d'enfants et de soeurs catholiques devant le pensionnat pour Autochtones St Paul à North Vancouver.

Photo d'enfants et de soeurs catholiques devant le pensionnat pour Autochtones St Paul à North Vancouver.

Photo : Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR)

Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

En Colombie-Britannique, au moins 13 sites d'anciens pensionnats pour Autochtones sur 18 font l'objet d'enquêtes.

Depuis la découverte d’au moins 200 tombes anonymes sur le site de l'ancien pensionnat de Kamloops, en mai 2021, d’autres tombes non marquées ont été mises au jour dans la province, à Cranbrook, sur l’île Kuper ainsi qu’à Williams Lake.

Ottawa a créé la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation en mémoire des victimes et des survivants des pensionnats pour Autochtones, juste après les découvertes faites à Kamloops l'an dernier.

À l'échelle du Canada, environ 150 000 enfants autochtones ont été envoyés de force dans des pensionnats entre les années 1831 et 1996.

Avec des informations de Benoît Ferradini, Dominique Lévesque et Breanna Himmelright

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