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Le changement climatique bouleverse l’alpinisme dans les Rocheuses

Des montagnes dans les Rocheuses canadiennes vues d'un hélicoptère le 19 août 2022.

Les glaciers du monde entier fondent et disparaissent.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Le changement climatique touche durement les 17 000 glaciers des Rocheuses, ce dont les guides de montagne sont les premiers témoins. Ils doivent s'adapter sans cesse sur ce terrain, qui devient de plus en plus dangereux pour eux ainsi que pour les touristes.

Lynn Martel s’est levée tôt mardi pour admirer le lever du soleil sur le lac Bow, dans le parc national Banff : C’est un endroit magnifique et magique.

Elle est tombée amoureuse des montagnes albertaines il y a 40 ans. Depuis, elle a quitté Montréal, sa ville natale, pour travailler dans les Rocheuses comme photographe et guide de randonnées, certifiée par l’Association des guides interprètes.

Lynn Martel devant le lac Bow dans le Parc national Banff le mardi 27 septembre 2022.

Avec son appareil photo, Lynn Martel documente le changement climatique dans les Rocheuses.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Ces paysages qu'elle aime tant changent inexorablement, surtout les glaciers. Il suffit de les regarder. D'année en année, leur taille diminue sur les côtés. C'est frappant quand je regarde mes vieilles photos du glacier Peyto. C'est comme regarder un vieil ami mourir, dit Lynn Martel.

« Les touristes ne voient pas ces changements, mais nous, les locaux, on en est les témoins au quotidien. »

— Une citation de  Lynn Martel, guide de montagne
La photo de gauche a été prise en août 2011. Celle de droite date d'août 2021. En dix ans, le glacier a diminué et le lac a grossi.

La photo de gauche a été prise en août 2011. Celle de droite date d'août 2021. En 10 ans, le glacier a diminué, et le lac a grossi.

Photo : Lynn Martel et John Pomeroy

Une fonte rapide

Selon Parcs Canada, rien que les 147 glaciers des parcs nationaux du mont Revelstoke et des Glaciers ont perdu 12,7 % de leur superficie entre 2000 et 2011. 

Dans l’Ouest canadien, l’épaisseur des glaciers diminue. Ils reculent à des rythmes spectaculaires et toujours plus rapides, résume le ministère d'Environnement et Changement climatique Canada, au mois de mars.

Grâce à des images satellites optiques Landsat d’août 2021, le recul du front glaciaire du glacier Peyto a été estimé à près de 500 mètres en seulement 10 ans.

David Hik, professeur d'écologie à l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, affirme que la situation dans l’Ouest canadien est dramatique. Près de 80 % des glaciers en Alberta et en Colombie-Britannique disparaîtront au cours des 50 prochaines années, estimait-il en 2018.

Le lac Bow et le glacier Crowfoot le mardi 27 septembre 2022.

Beaucoup de touristes s'arrêtent au lac Bow pour observer le glacier Crowfoot, dans le parc national Banff.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Dangers à prévoir

Le métier de guide et les activités de certains touristes en sont bouleversés. On doit constamment adapter nos itinéraires, et les périodes durant lesquelles on peut grimper en sécurité se réduisent, ajoute Evan Stevens, un guide certifié de l'Association canadienne des guides de montagne.

Cette réalité pourrait aussi avoir un impact sur le tourisme alpin à l'avenir à cause des risques d'éboulement qui augmentent, selon Ken Bélanger, un autre guide certifié. Il y a moins de chemins praticables pour faire de l’alpinisme, dit-il.

Pour l'instant, Parcs Canada n'a répertorié aucun cas de randonneurs blessés par des éboulements dans les Rocheuses, mais les voies pour l'alpinisme et les randonnées techniques vont être de plus en plus dangereuses, puisque c'est la glace qui permet normalement aux roches de tenir, comme l'explique Ken Bélanger.

Selon les guides de montagne, il est inévitable que des tragédies finissent par arriver au Canada. En Europe, la situation est plus alarmante. Au mois de juillet, l'effondrement d'un glacier en Italie a coûté la vie à 11 personnes. 

Evan Stevens a pris la décision de ne plus aller en Europe pour faire de l’alpinisme. Je veux avoir moins d’impact sur l’environnement et, de toute façon, j’ai la chance de vivre juste à côté de paysages magnifiques.

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