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Ralentir la Transcanadienne pour parler de réconciliation

Deux personnes brandissent leurs affiches sur le bord de la route.

L'intersection des routes 17 et 6 a été la scène de nombreuses danses et cercles de tambours.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Chris St-Pierre

La Transcanadienne a été le lieu de rassemblement de choix pour la Première Nation de Sagamok. Le conseil de la jeunesse anishinaabe Young Warriors de la communauté, située à peine 15 minutes à l’ouest du Grand Sudbury dans le Nord de l’Ontario, y a réuni les gens de la région pour souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Une cérémonie matinale a précédé les discours et les démonstrations qui ont suivi dans une zone de ralentissement obligatoire.

Pendant plus de trois heures, des danses traditionnelles et des cercles de tambours se déroulaient au cinq minutes à la croisée des routes 17 et 6 près d'Espanola en guise de séance éclair d'information sur l'impact des pensionnats autochtones. Pendant ce temps, la Police provinciale de l’Ontario contrôlait la circulation.

C'est une célébration et une manifestation, explique l'ancien chef de Sagamok, Nelson Toulouse. C'est une manifestation dans le sens que l'enseignement [de la culture autochtone] ne se fait pas assez rapidement.

Des aînés de Sagamok étaient présents pour y participer, comme Margaret Toulouse. Cette dernière a profité de l'occasion pour distribuer des livrets visant à faciliter l'apprentissage de la langue anishinabeemowin.

Trois personnes sous une tente.

Le conseil de la jeunesse anishinaabe Young Warriors a assuré l’organisation des activités pour une deuxième année consécutive.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Les automobilistes ont été invités à faire preuve de patience et de respect durant ces interruptions. Les organisateurs veulent aussi leur offrir un moment de réflexion sur la vérité et la réconciliation.

Nous ne voulons pas les fâcher, nous voulons leur attention. Nous voulons leur indiquer que nous sommes sérieux et qu'ils devraient l'être aussi, partage M. Toulouse.

Je suis la petite-fille de d'une survivante, explique la cheffe du conseil de la jeunesse anishinaabe, Shaylynn Fox. Nous voulons sensibiliser les gens et partager notre culture.

Elle estime que c'est une occasion de faire quelque chose pour les survivants qu'ils ne pouvaient pas eux-même faire.

La communauté s’est rassemblée pour une veillée à la chandelle sur une plage locale pour clore la journée.

Place à l'apprentissage

Des écoles et le public étaient également de la partie afin d’en apprendre davantage sur l’importance de cette journée pour les peuples autochtones et, surtout, les survivants des pensionnats. Le partage de leurs histoires était l’un des principaux thèmes de la journée.

Ils n'avaient pas le droit d'avoir des pow-wow traditionnels à l'école, raconte Mme Fox. Nous n'en parlons pas beaucoup, mais lorsqu'ils en parlent, nous nous asseyons et nous écoutons. C'est beaucoup à absorber d'un seul coup.

Bien que le sujet soit lourd, Mme Fox estime que les gens sont de plus en plus ouverts à en discuter.

Margaret Toulouse, une survivante des pensionnats, espère que cette ouverture signifie que les choses s'améliorent.

J'ai tout vécu, s'exclame-t-elle. Les gens ne comprenaient pas pourquoi notre peuple était opprimé et ne progressait pas. Ils ont été retenu pendant tellement d'années en raison des choses qui se produisaient dans les pensionnats autochtones. Nous n'avions même pas le droit de parler notre langue.

Deux pensionnats ont déjà existé non loin de Sagamok, dans la communauté de Spanish. Ces deux écoles unisexes étaient ouvertes de 1913 à 1965 et sont considérées comme les plus gros pensionnats pour Autochtones de l'histoire de l'Ontario.

Une photo d'archive d'un bâtiment.

L'école pour garçons du pensionnat pour Autochtones de Spanish a été la proie des flammes, puis démoli avant sa fermeture définitive. (Archives)

Photo : Centre des pensionnats pour autochtones de Shingwauk

En partenariat avec deux autres Premières Nations, des démarches sont en préparation pour fouiller ces sites. Sagamok aurait déjà embauché un consultant pour assister son chef dans l’organisation des fouilles.

Selon le Centre national sur la vérité et la réconciliation, au moins 79 enfants autochtones sont décédés alors qu’ils étaient aux pensionnats de Spanish.

Une adaptation continue

Enseignante de profession, Mme Toulouse a contribué à la création d'un curriculum qui permettrait d'enseigner l'anishinaabemowin dans les écoles autochtones.

Quand j'ai commencé à enseigner, il n'y avait pas de matériel, indique l'aînée.

L'objectif est d'éduquer nos partenaires de traités, ajoute M. Toulouse. Ceci est notre histoire. Il faut la connaître parce que ça explique beaucoup de choses qui se produisent aujourd'hui.

Selon l'ancien chef, la population canadienne commence à comprendre l'ampleur des traumatismes que les survivants conservent de leur temps dans les pensionnats. Il estime que c'est potentiellement la source de plusieurs problèmes et statistiques troublants qui ont longtemps été associés aux communautés autochtones.

Avec les informations d'Aya Dufour

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