•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Iran annonce l’arrestation de plusieurs étrangers liés aux manifestations

Des manifestants face à des policiers.

Dans plusieurs villes d'Iran, des manifestants ont affronté les forces de sécurité, incendié des véhicules de police et scandé des slogans hostiles au pouvoir.

Photo : Reuters / AZAD LASHKARI

Agence France-Presse

Les autorités iraniennes ont annoncé vendredi l'arrestation de plusieurs étrangers en lien, selon elles, avec le mouvement de contestation déclenché par la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des mœurs, qui entre dans sa troisième semaine.

Les manifestations, dont la répression a fait au moins 83 morts, ont débuté après le décès, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une Kurde iranienne, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

Le pouvoir, qui dément toute implication des forces de l'ordre dans la mort de cette femme de 22 ans, fustige les manifestants qualifiés d'émeutiers et fait état de centaines d'arrestations.

Des manifestantes.

Des femmes brandissent des photos de Mahsa Amini lors d'une manifestation à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, le 22 septembre 2022.

Photo : afp via getty images / SAFIN HAMED

Dans un communiqué, le ministère iranien des Renseignements a annoncé l'arrestation de neuf ressortissants d'Allemagne, de Pologne, d'Italie, de France, des Pays-Bas, de Suède, etc.. Selon lui, ils ont été interpellés sur les lieux d'émeutes ou y ont été mêlés.

Depuis le début des manifestations, les autorités iraniennes accusent des forces à l'étranger, parmi lesquelles les États-Unis, leur ennemi juré, d'être à l'origine des rassemblements ou de les attiser.

Répression des manifestations

Dans le même temps, Iran International, une chaîne de télévision en persan établie à Londres, a diffusé vendredi plusieurs vidéos, que l'AFP ne pouvait pas dans l'immédiat authentifier, montrant la répression des rassemblements.

À Ahvaz (sud-ouest), les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène pour disperser de nombreuses personnes sorties dans les rues pour scander des slogans contre le gouvernement, selon une vidéo.

Des violences ont aussi éclaté dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan et théâtre fréquent d'attentats ou d'accrochages entre forces de l'ordre et groupes armés, mais l'origine des heurts de vendredi n'était pas claire dans l'immédiat.

Le gouverneur régional, Hossein Khiabani, a indiqué à la télévision d'État que 19 personnes avaient été tuées dans des échanges de tirs, dont un colonel des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.

Des dizaines de voitures bloquent une rue remplie de manifestants, des feux sont allumés sur la chaussée.

Une photo captée par un témoin lors d'une manifestation dans une rue de Téhéran, le 21 septembre dernier, montre l'ampleur des perturbations.

Photo : AP

1200 arrestations depuis le 16 septembre

Le chef de la police du Sistan-Baloutchistan a indiqué à la télévision officielle que trois commissariats de la province avaient été attaqués, sans donner de bilan.

D'après des images diffusées par Iran International, des hommes ont essuyé des tirs alors qu'ils jetaient des pierres sur un commissariat à Zahedan, capitale provinciale.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, tandis que l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d'au moins 83 morts.

Amnistie internationale a dénoncé un recours par les forces de l'ordre à une violence impitoyable, citant l'utilisation de balles réelles et billes de plomb, des passages à tabac et des violences sexuelles à l'encontre des femmes.

Les autorités ont fait état de l'arrestation de plus de 1200 manifestants depuis le 16 septembre. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été interpellés, d'après des ONG.

Une femme qui déjeunait sans foulard dans un restaurant de Téhéran, dont la photo est devenue virale sur les réseaux sociaux, a été arrêtée, a déclaré sa sœur vendredi.

Les forces de sécurité ont également arrêté le chanteur Shervin Hajipour, dont la chanson Baraye (Pour), composée de tweets sur les manifestations, est devenue virale sur Instagram, selon le groupe de défense des droits Article 19 et des médias persans établis hors d'Iran.

Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à Washington, au moins 29 journalistes ont été interpellés dans le cadre de la répression.

Des dizaines de personnes forment une chaîne humaine sur un trottoir de la rue Sherbrooke à Montréal.

Des centaines de personnes ont formé une chaîne humaine mardi sur la rue Sherbrooke à Montréal pour dénoncer la répression dont sont victimes les Iraniens qui manifestent contre le régime, à la suite de la mort de Mahsa Amini.

Photo : CBC / Kwabena Oduro

Mouvement mondial

Celle-ci a été dénoncée par plusieurs capitales occidentales où ont eu lieu des rassemblements de solidarité avec le mouvement de contestation. De nouvelles manifestations sont prévues samedi dans 70 villes à travers le monde.

Des cinéastes, des athlètes, des musiciens et des acteurs iraniens ont exprimé leur solidarité avec les protestataires, y compris l'équipe nationale de football.

Dans une interview au magazine américain Time, une avocate réputée, Nasrin Sotoudeh, a dit s'attendre à une poursuite des manifestations.

Ce que veut le peuple, c'est un changement de régime, a dit cette lauréate du prix Sakharov du Parlement européen. Mme Sotoudeh a été condamnée à 38 ans de prison, mais elle se trouve actuellement chez elle à Téhéran pour des raisons médicales.

« Et ce qu'on peut voir des manifestations et des grèves qui se déroulent actuellement représente une vraie possibilité de changement de régime. »

— Une citation de  Nasrin Sotoudeh, avocate

Ces manifestations sont les plus importantes depuis celles de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence, qui avaient été sévèrement réprimées.

Un panel d'avocats internationaux enquêtant sur la répression des manifestations en Iran en 2019 a d'ailleurs accusé vendredi le gouvernement et les forces de sécurité de la République islamique de crimes contre l'humanité.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !