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Une survivante des pensionnats fera le lancer protocolaire au match des Blue Jays

Dolores Naponse, 72 ans, d'Atikameksheng Anishnawbek près de Sudbury, a été invitée par les Blue Jays de Toronto et la fondation Jays Care à faire le lancer protocolaire pour marquer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Dolores Naponse, 72 ans, d'Atikameksheng Anishnawbek près de Sudbury, a été invitée par les Blue Jays de Toronto et la fondation Jays Care à faire le lancer protocolaire avant le match de vendredi contre les Red Sox de Boston.

Photo : Avec la permission de Paula Naponse

Radio-Canada

Afin de marquer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, une survivante des pensionnats pour Autochtones du Nord de l'Ontario effectuera le lancer protocolaire vendredi soir à Toronto, lors du match entre les Blue Jays et les Red Sox de Boston.

Dolores Naponse, 72 ans, d'Atikameksheng Anishnawbek, près de Sudbury, a été invitée à faire ce lancer par la fondation Jays Care.

L'équipe des Blue Jays et la formation ont aussi invité Tsuaki Marule, professeur au Red Crow Community College de la tribu des Blood, dans le sud de l'Alberta, pour interpréter l'hymne national canadien en blackfoot, en anglais et en français.

D'autres survivants du système des pensionnats et leurs familles seront dans les gradins, ainsi que 250 enfants de la ligue des recrues autochtones de la fondation (Indigenous Rookie League).

Les deux petits-fils de Mme Naponse ont joué au baseball dans l’une des équipes cette année.

Deux enfants autochtones portant un t-shirt orange avec l'inscription Chaque enfant compte.

Dolores Naponse s'est impliquée dans l'Indigenous Rookie League de la fondation Jays Care grâce à ses deux petits-fils Jeffrey et Keewehtn Cheechoo, qui faisaient partie d'une équipe.

Photo : Avec la permission de Paula Naponse

Je pense que c'est une très bonne chose ce que Jays Care fait pour nos enfants, affirme Mme Naponse, en soulignant que 28 enfants de sa Première Nation ont donné leur nom pour jouer au baseball dans la ligue.

L'Indigenous Rookie League met l’accent davantage sur l’engagement des participants dans la communauté plutôt que sur leur niveau d'habileté.

Selon Mme Naponse, c'était un bon moyen d'éloigner les enfants de leurs écrans après la pandémie.

C'était tellement excitant de voir tous les grands-parents, les mères et les pères s'impliquer de nouveau avec leurs enfants, ajoute-t-elle.

Mme Naponse sera accompagnée de toute sa famille au match de vendredi.

La famille de Dolores Naponse.

Dolores Naponse, à gauche, amènera toute sa famille au match entre les Blue Jays et les Red Sox vendredi soir, y compris son mari Jeff, à droite, sa fille Paula, au centre, et ses petits-fils Keewehtn et Jeffrey Cheechoo.

Photo : Avec la permission de Paula Naponse

Nous sommes tous excités, car je n'ai jamais assisté à un match [des Blue Jays] auparavant. Je ne suis pas allé à Toronto depuis longtemps.

Elle se dit nerveuse à l'idée d’effectuer ce lancer protocolaire et admet qu'elle a demandé aux organisateurs jusqu'où elle devra lancer la balle.

Ils m'ont assurée que ce ne serait pas si difficile, dit-elle.

Dans un communiqué de presse, les Blue Jays et la fondation Jays Care ont déclaré que les employés des Blue Jays porteront des chandails orange avec l'inscription Chaque enfant compte et des épinglettes orange.

Le drapeau des survivants flottera dans le stade, pour honorer les survivants et toutes les vies touchées par le système des pensionnats pour Autochtones.

La fondation Jays Care a fait un don de 150 000 $ à des organisations dirigées par des Autochtones pour soutenir leur travail essentiel auprès des survivants et de leurs familles.

Une histoire douloureuse

Je connais le sentiment d'être là. Je connais le sentiment de perte et de solitude, affirme Dolores Naponse à propos de sa fréquentation du pensionnat pour Autochtones de Spanish, entre Sudbury et Sault-Sainte-Marie, au début des années 1960.

Elle dit qu'elle a perdu beaucoup d'estime de soi et de confiance après avoir été forcée de fréquenter l'établissement lorsqu'elle était enfant, et pense qu'elle a refoulé beaucoup de souvenirs.

Je ne me souviens pas d'avoir été scolarisée. Je me souviens d'être allée au lit le soir et beaucoup d'entre nous pleuraient à différents moments de la nuit, affirme-t-elle.

Dolores Naponse avec sa fille Lisa Marie Naponse.

Dolores Naponse avec sa fille Lisa Marie Naponse

Photo : Avec la permission de Paula Naponse

Quant à marquer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Mme Naponse estime qu’il est important que tout le monde en apprenne sur cette histoire douloureuse.

Pour moi, c'est un jour important, parce que nous devons être éduqués sur ce qui s'est passé dans nos Premières Nations et sur nos gens qui sont allés dans ces écoles, et sur tous les enfants qui y ont été enterrés et qui ont été retrouvés récemment, déclare-t-elle.

Je suis préoccupée par les effets intergénérationnels des pensionnats, parce que je sais comment cela m'a changée.

Avec les informations d'Angela Gemmill, de CBC à Sudbury

Si vous avez besoin de parler à quelqu'un, une ligne d'écoute téléphonique nationale de résolution des questions des pensionnats pour Autochtones offre aux survivants et à leurs familles du soutien émotionnel et des services d'intervention en cas de crise. Cette ligne téléphonique est accessible tous les jours, 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.

Par ailleurs, la Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être apporte un soutien à tous les Autochtones. Vous pouvez joindre des conseillers par téléphone ou par clavardage.

Le service est offert en français et en anglais, ainsi qu'en cri, en ojibwé et en inuktitut, sur demande. Pour joindre la Ligne d'écoute, composez sans frais le 1 855 242-3310 ou branchez-vous en ligne par clavardage à www.espoirpourlemieuxetre.ca.

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