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Le chef du PQ exclut deux candidats pour des propos antimusulmans

Paul St-Pierre Plamondon et son candidat dans René-Lévesque, Jeff Dufour Tremblay, en point de presse devant le traversier.

Paul St-Pierre Plamondon a décidé d'exclure deux candidats pour des propos antimusulmans.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

La campagne du Parti québécois (PQ), qui se déroulait somme toute sans anicroche depuis cinq semaines, vient de se heurter non pas à un, mais bien à deux obstacles.

Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé vendredi après-midi à Tadoussac l'exclusion de deux candidats en raison de propos antimusulmans, publiés sur les réseaux sociaux en 2015 et 2016.

Il s'agit de Pierre Vanier, dans la circonscription de Rousseau, et de sa conjointe Catherine Provost, dans celle de L'Assomption. Ils sont exclus de l'équipe de candidats du Parti québécois, et en aucun cas ils [ne] pourront faire partie du caucus du Parti québécois advenant une élection, a tranché le chef.

Plus tôt ce matin, M. Vanier avait été suspendu par son chef après que les publications Facebook eurent refait surface, le temps de l'écouter et de faire la lumière sur ces déclarations. Laissez-moi lui parler, avait demandé M. St-Pierre Plamondon aux journalistes, en mêlée de presse, à sa descente du traversier Matane-Godbout, sur la Côte-Nord.

C'est donc au terme de cette conversation avec son candidat que le chef péquiste a choisi de tracer une ligne, bien que M. Vanier s'excuse et regrette profondément, tout comme sa conjointe, dont les publications ont refait surface dans un deuxième temps. Mme Provost pleurait. Ç'a été très, très émotif, a fait savoir Paul St-Pierre Plamondon.

« On ne peut pas accepter ce genre de propos au Parti québécois. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Un chef en furie, mais impuissant

Les propos de M. Vanier ont refait surface vendredi sur le site web du Journal de Montréal, mais les publications en question se trouvaient toujours sur Facebook au moment où Radio-Canada s'est intéressée à son tour à cette affaire.

En 2015, il écrivait par exemple : Donnez un marteau à un musulman, il tuera la démocratie.

Cette année-là, ainsi que l'année suivante, M. Vanier a également laissé entendre que les femmes portant le voile n'étaient pas intelligentes et affirmé que les Anglais voulaient exterminer les Québécois.

M. St-Pierre Plamondon dit avoir pris connaissance des publications vendredi matin. Et, de son propre aveu, ces déclarations l'ont mis en furie.

Néanmoins, ses options semblent limitées, puisque les deux candidats refusent de se désister. Je n’ai pas le pouvoir comme chef de retirer une candidature. C’est au candidat de prendre [les mesures], a fait savoir le leader péquiste.

Ce que confirme Élections Québec : Nous n’avons pas reçu de confirmation écrite de retrait de candidature pour [c]es candidats, écrit le porte-parole Gabriel Sauvé-Lesiège dans un courriel destiné à Radio-Canada.

Seule une personne candidate peut retirer sa candidature. Elle peut le faire en tout temps avant la fin du scrutin. Par ailleurs, la Loi électorale ne prévoit pas de mécanisme pour se désaffilier d’un parti politique, ajoute M. Sauvé-Lesiège.

Les noms de Pierre Vanier et de Catherine Provost apparaîtront donc sur les bulletins de vote lundi, à côté du logo du Parti québécois. C’est au peuple de choisir, argumente ainsi le chef.

« Eux, ils font valoir qu’ils ont mené une campagne qui, dans son ensemble, mérite d’être jugée sur autre chose qu’une publication Facebook de 2015. Je comprends ça, mais moi, je prends la décision de les exclure de notre équipe. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Mais concrètement, ce refus de se désister des deux candidats permettra tout de même au PQ de récolter les votes qui leur seront donnés, de même que le financement qui y est accolé, puisque l'État verse 1,71 $ par vote au parti qui le reçoit.

En d'autres termes, chaque électeur qui votera pour Pierre Vanier ou Catherine Provost rapportera au moins 1,71 $ au PQ. En 2018, quelque 7000 personnes avaient voté pour le Parti québécois dans Rousseau, et 4600 dans L'Assomption.

L'équipe du chef péquiste a toutefois confirmé à Radio-Canada que le parti s'engage à ne pas toucher à l'argent qui sera généré par ces votes. Et si jamais Élections Québec est dans l'obligation de lui remettre cette somme, le parti s’engage à la redonner d’une façon ou d’une autre, à une oeuvre de charité par exemple.

Pas une vraie décision, rétorque QS

Jusqu'ici, une seule candidate issue d'un parti représenté au Parlement s'est retirée de la course. Il s'agit de Marie-Eve Rancourt, de Québec solidaire (QS), qui a choisi de se désister après avoir été filmée à son insu en train de remplacer un tract péquiste par le sien dans la boîte aux lettres d'un électeur de Camille-Laurin, à Montréal.

D'ailleurs, le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, s'est montré peu impressionné par le leadership de Paul St-Pierre Plamondon quant à l'exclusion de ses deux candidats. Il y a beaucoup de questions qui sont encore sans réponse, a-t-il laissé tomber. M. St-Pierre Plamondon dit qu'il ne veut pas ces personnes-là dans son équipe, mais il va quand même récolter leurs votes.

Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

« M. St-Pierre-Plamondon n’a pas pris une vraie décision. [...] Le leadership, c'est dire clairement qui on veut dans son équipe et qui on ne veut pas dans son équipe. Dire : "Je ne les veux pas, mais je prends leurs votes", c'est incohérent. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

M. Nadeau-Dubois en a contre le fait que ce qui semble, en apparence, une formalité pourrait en fait avoir d'importantes conséquences. Pour départager les groupes d'opposition à l'Assemblée nationale, le premier critère, c'est celui du nombre de députés, mais le pourcentage de votes, le nombre de votes exprimés, compte également.

La CAQ bien en selle dans Rousseau et L'Assomption

Située dans la région de Lanaudière, la circonscription de Rousseau s'étend sur les territoires des municipalités de Saint-Alexis, Saint-Calixte, Saint-Esprit, Saint-Jacques, Sainte-Julienne, Saint-Liguori, Saint-Lin–Laurentides, Sainte-Marie-Salomé, Saint-Roch-de-l'Achigan et Saint-Roch-Ouest.

Depuis 2018, la circonscription est représentée à l'Assemblée nationale par le député sortant Louis-Charles Thouin, de la Coalition avenir Québec (CAQ), et, à en croire les projections du site Qc125, rien n'indique qu'elle s'apprête à basculer.

Même scénario pour celle de L'Assomption, qui est en fait la circonscription voisine et, surtout, celle de François Legault. Le premier ministre sortant y est bien en selle, toujours selon les projections de Qc125.

Pierre Vanier n'est pas particulièrement connu. On apprend notamment sur le site web du PQ qu'il est natif de Montréal et qu'il est père de quatre enfants; qu'il était jusqu'à récemment conseiller stratégique à la Ville de Saint-Lin–Laurentides; et qu'il a déjà été conseiller politique de l'ex-député péquiste de Rousseau Nicolas Marceau.

Sa conjointe, Catherine Provost, a elle aussi travaillé pour Nicolas Marceau, comme attachée politique. Selon le site web du PQ, elle est native du Saguenay–Lac-Saint-Jean et a une longue feuille de route en matière d'engagements et de bénévolat dans le milieu de l'éducation.

Les membres du couple ont par ailleurs fait l'objet d'un reportage télévisé, le mois dernier, TVA s'étant intéressée à eux puisqu'ils étaient candidats pour le même parti dans deux circonscriptions voisines.

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