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McKinsey : une enquête publique indépendante réclamée sur la gestion de la pandémie

François Legault maintient que l'octroi d'un contrat de gré à gré à la firme, « justifié » par l'urgence de résoudre la crise sanitaire, était « une bonne idée ».

Dominique Anglade en point de presse.

Tout comme les autres partis d'opposition, le PLQ défend l'idée d'une enquête publique indépendante sur la gestion de la pandémie de COVID-19 au Québec.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Les révélations sur l'accès privilégié dont a bénéficié la firme privée McKinsey au cours de la pandémie démontrent toute l'importance de tenir une enquête publique et indépendante sur la gestion de la COVID-19 au Québec, selon les adversaires de François Legault. Le gouvernement sortant, qu'ils accusent de manquer de transparence, doit des réponses aux Québécois, ont-ils martelé.

L'enquête de Radio-Canada sur la sous-traitance de la gestion de la crise sanitaire a révélé que le gouvernement sortant n'a pas tout dit au sujet du contrat qui le liait à la firme McKinsey. Appelée à l'épauler dès le printemps 2020, la firme a bénéficié d'informations confidentielles et s'est vu accorder un accès privilégié jugé inhabituel pour un cabinet-conseil, et ce, malgré de possibles apparences de conflit d'intérêts.

Plus de 6 millions de dollars lui ont été versés par le gouvernement Legault pour l'élaboration de plans de déconfinement et de relance économique.

La question fondamentale, c’est pourquoi nous, comme Québécois, n'avons pas été informés de ça? [...] Pourquoi ces montants-là n’ont pas été divulgués à la population? s'est demandé la cheffe libérale Dominique Anglade.

Des questions qui font écho à celles que doivent se poser bien des Québécois et auxquelles le chef de la Coalition avenir Québec devra répondre, d'après la cheffe libérale.

À l'Assemblée nationale, les partis d'opposition ont répété pendant des mois leurs appels à la tenue d'une enquête publique sur la gestion de la crise sanitaire. À la lumière des révélations sur le rôle joué par le cabinet-conseil, cet examen est d'autant plus nécessaire, selon leurs chefs.

Les explications de Thomas Gerbet

L'enquête inclurait évidemment tout ce qui a été donné comme contrat à McKinsey, a précisé Mme Anglade au sujet de la firme où elle a été consultante de 2005 à 2012, avant de se lancer en politique.

Du même avis, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, estime que François Legault doit expliquer les raisons qui l'ont poussé à déléguer la gestion de la pandémie à McKinsey.

Que le gouvernement ait recours à une firme privée n'est pas problématique en soi, selon M. St-Pierre Plamondon, mais le manque de transparence soulève quant à lui de nombreuses questions, dont celle de l'influence qu'a pu exercer la firme sur le politique.

« McKinsey en menait très, très large dans la gestion de la pandémie et cet élément essentiel n’a jamais été divulgué [par le gouvernement Legault]. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Réclamant à son tour la tenue d'une commission d'enquête publique indépendante qui s'attarderait sur le contrat de McKinsey, le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a jugé indécent que M. Legault ait autorisé la privatisation de la gestion de la pandémie à coups de 35 000 $ par jour.

Il a accusé François Legault d'avoir préféré écouter des consultants privés d’une firme internationale au moment où les Québécois mobilisés sur le terrain en pleine crise sanitaire demandaient à être écoutés.

Gabriel Nadeau-Dubois écoute la question d'un journaliste.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, concentre ses efforts sur Montréal, où six députés solidaires ont été élus en 2018.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a pour sa part réclamé la tenue d'une commission d'enquête publique et indépendante sur la firme McKinsey dans le cadre de la crise sanitaire.

M. Duhaime s'est étonné que la firme ait pu obtenir une modification à son contrat afin de ne pas avoir à divulguer au gouvernement les autres clients avec qui elle fait affaire. En France, un rapport accablant déposé par le Sénat a mis en lumière le fait que McKinsey avait aussi pour client le géant pharmaceutique Pfizer, qui a fourni des vaccins contre la COVID-19, a rappelé le chef conservateur.

Je n'ai jamais vu ça, qu’on amende des contrats pour empêcher une firme avec laquelle on fait affaire de révéler s'il y a un conflit d’intérêts apparent avec d’autres clients, a-t-il dit.

M. Duhaime a déploré que la députée conservatrice Claire Samson, qui ne se représente pas ces élections-ci, a été tournée en ridicule par le ministre caquiste sortant Simon Jolin-Barrette alors qu'elle pressait le gouvernement de clarifier le contrat accordé à McKinsey. Chaque fois qu’on posait ce genre de questions là, on se faisait accuser de tous les maux, a-t-il lancé.

« Aujourd'hui, on se rend compte qu’on avait mauditement raison de poser des questions. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Aux yeux de la cheffe libérale Dominique Anglade, cette histoire n'est qu'un autre exemple témoignant du style de gestion de M. Legault. À l'instar des dossiers de la Fonderie Horne et du troisième lien entre Québec et Lévis, le cas de la firme McKinsey démontre que M. Legault ne veut pas partager les informations pour ne pas être contesté, a-t-elle déclaré.

Une décision de la haute fonction publique, selon Legault

Pour François Legault, il ne fait aucun doute que le recours à la firme privée était la chose à faire. Dans le contexte [de la crise sanitaire], il y a eu des contrats de gré à gré, incluant celui-là. L’urgence de la situation justifiait d’agir rapidement, a-t-il offert.

« Ce n’est pas le politique qui a pris ce contrat-là; c’est la haute fonction publique. Mais c’était une bonne idée. »

— Une citation de  François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Au tout début de la pandémie, le Québec n'était pas doté d'une expertise comme celle que possède McKinsey, selon le premier ministre sortant. Les tarifs de ses consultants sont chers, a-t-il convenu, mais ils sont, selon lui, à la hauteur des services offerts.

François Legault sourit, les sourcils froncés.

François Legault a maintenu que la décision d'octroyer un contrat de gré à gré à la firme privée McKinsey pour l'aider dans la gestion de la pandémie était « une bonne idée ».

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Je pense que les recommandations qu’on a eues, entre autres de McKinsey, nous ont aidés à sauver des vies, a-t-il affirmé.

Le chef caquiste a ajouté que les rapports et les contrats en lien avec la pandémie sont publics ou vont l'être. Selon lui, il n'y a rien d'anormal à ce que le Québec procède à une analyse des méthodes de gestion d'autres pays afin d'en tirer les meilleures pratiques.

Tout sourire, M. Legault a déclaré qu'il devrait plutôt recevoir des félicitations.

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