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Procès de l’ex-enseignant Rick Despatie : « je me sentais utilisée et dégoûtée »

Un homme marche devant un grillage.

Rick Watkins sortant du Centre de détention d'Ottawa-Carleton (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Au quatrième jour du procès de Rick Watkins, aussi connu sous son ancien nom Rick Despatie, une ancienne élève a raconté certains présumés contacts avec son ancien enseignant, qui l’invitait dans sa classe avant de fermer la porte à clé.

Elle a raconté qu’il s'asseyait sur lui-même et qu’elle tentait de se lever pour partir, mais M. Despatie lui disait d’arrêter d’essayer de se lever.

Elle estime que cela s’est produit au moins neuf autres fois, alléguant que M. Despatie lui frottait les cuisses sous son uniforme scolaire au moment où il révisait son travail.

Après la première fois, je l’ai signalé et rien ne s’est passé alors je me suis dit que ça ne servait à rien, a-t-elle témoigné.

Un accusé de délits sexuels se cache avec son manteau à sa sortie du palais de justice.

Le procès, qui a commencé lundi, fait état de 14 accusations impliquant quatre plaignantes qui avaient toutes moins de 16 ans lorsque les présumés incidents se sont produits.

Photo : Radio-Canada / Dan Taekema

La plaignante a raconté à la cour en avoir parlé en personne à une personne travaillant pour le personnel de l’école dans l’espoir de changer de classe.

L’élève a mentionné s’être fait répondre de demander à sa mère d’appeler et qu’à ce moment, on aurait dit à sa mère que de faire un rapport créerait des tensions entre elle et l’enseignant, mais que l’école garderait un œil sur la situation, a dit la jeune femme.

De ce qu’elle a su, un rapport n’a jamais été produit. J’étais tellement en colère. L’école voulait des preuves. Ils me traitaient de menteuse. Ça m’a marqué.

Ce n’est pas la première fois qu’une plaignante témoigne au tribunal que l'École secondaire St. Matthew ne semble pas avoir pris la situation en main après qu’un membre du personnel ou de la direction ait été mis au parfum d’un présumé comportement inapproprié de Rick Despatie.

Utilisée et dégoutée

Lorsqu’elle était assise contre son gré sur les genoux de son professeur de mathématiques, l’élève a déclaré qu’elle pouvait sentir son excitation, et même son pénis palpiter.

« Je me sentais comme si je venais d’être utilisée. Je me sentais dégoûtée. Je me lavais le corps sans arrêt parce que je ne voulais pas me souvenir de cela. »

— Une citation de  Témoignage d’une ex-élève de Rick Despatie

La plaignante est la quatrième et dernière élève de M. Despatie à témoigner lors de son procès. À un certain moment, il faisait face à 54 accusations criminelles sur 16 présumées victimes.

Le procès, qui a commencé lundi, fait état de 14 accusations impliquant quatre plaignantes qui avaient toutes moins de 16 ans lorsque les présumés incidents se sont produits.

Une interdiction de publication empêche Radio-Canada de communiquer des informations qui pourraient permettre d’identifier l’une des présumées victimes.

Ce n’était pas des chatouilles

L'étudiante a allégué que Rick Despatie enroulait également son bras droit autour de son cou, le serrant de façon à ce qu'il soit difficile de parler, utilisant parfois son autre main pour la toucher.

Il appelait ça des chatouilles. Ce n'était pas des chatouilles. Il essayait d'attraper ma poitrine, le bas de mon dos, ma taille, mes cuisses, tout ce qui était à portée de main, a-t-elle déclaré au tribunal.

La plaignante a allégué que cela se produisait après qu'elle se soit présentée tôt et qu'elle ait attendu que la journée scolaire commence dans la classe d'un autre enseignant.

Une autre enseignante était présente, mais elle n'a rien fait, a-t-elle ajouté.

La première fois que cela s'est produit, l'élève se souvient avoir dit à M. Despatie d'arrêter, mais il prenait cela pour une blague, dit-elle.

On vous dit de donner des coups de pied, de crier, de frapper, mais sur le moment vous ne pensez pas à le faire. Vous restez figé, a-t-elle témoigné.

« Vers la fin, j'ai appris que si je me battais, ça durerait plus longtemps, alors restez immobile et ne faites rien parce que ça va passer. »

— Une citation de  Témoignage d’une ex-élève de Rick Despatie

Au cours du contre-interrogatoire, l'avocat de la défense, Dean Embry, a demandé pourquoi l'élève n'a pas parlé à l'autre enseignante de ce qui se passait, considérant qu'elle aurait vu un élève se faire étrangler et toucher.

L'élève a répondu qu'elle pensait que l'autre enseignante avait une relation avec M. Despatie et que, compte tenu de ce dont elle avait été témoin et qui n'avait pas été abordé, elle ne faisait pas confiance au membre du personnel pour le signaler.

Le palais de justice d'Ottawa.

Le procès se déroule au palais de justice d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / David Richard

Le contre-interrogatoire se poursuivra

La plaignante a également témoigné que si un bouton de sa chemise était défait, l'enseignant le regardait et disait qu'il voyait ses seins. Aussi, si la bretelle de son soutien-gorge était visible, il la tirait en arrière pour la détacher.

Elle est la deuxième élève à mentionner que les bretelles de soutien-gorge étaient cassées. Une autre plaignante qui a témoigné mardi a déclaré que M. Despatie lui massait les épaules et le cou sous sa chemise et qu'il tirait également la bretelle de son soutien-gorge vers l'arrière, la relâchant d'un coup sec.

Le contre-interrogatoire de la quatrième élève se poursuivra lors de la prochaine comparution devant le tribunal, qui est prévue le 21 novembre.

Avec les informations de Dan Taekema, de CBC News

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