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Annexions en Ukraine : veto russe et abstention chinoise au Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies.

Au Conseil de sécurité, les lignes de fracture ont été très fortement définies lors du vote à propos de la résolution préparée par les États-Unis et l'Albanie.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

Charles-Émile L'Italien-Marcotte

La Russie a utilisé son veto, vendredi, pour empêcher l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité condamnant les annexions de quatre régions ukrainiennes, tandis que la Chine et trois autres États membres se sont abstenus.

Le texte préparé par les États-Unis et l'Albanie n'a recueilli que 10 voix favorables. En plus de la Chine, l'Inde, le Brésil et le Gabon se sont eux aussi abstenus.

Plus tôt, vendredi, le président russe Vladimir Poutine a signé cette annexion de quatre régions d’Ukraine par la Russie au cours d’une cérémonie au Kremlin, en présence des quatre dirigeants prorusses de ces territoires contrôlés par Moscou.

Ces quatre régions de l’est de l’Ukraine avaient été consultées par référendum au nom du droit à l’autodétermination des peuples. C’est la volonté de millions de personnes, a indiqué Vladimir Poutine devant des centaines de dignitaires présents au Kremlin.

Ces référendums, largement dénoncés par Kiev et ses alliés occidentaux, se sont conclus par un oui à l’annexion à quelque 99 %.

Les habitants de Lougansk et Donetsk, Kherson et Zaporijia deviennent nos citoyens pour toujours, a souligné Vladimir Poutine dans son discours. Il a ajouté que ces populations avaient voté sans équivoque pour un avenir commun.

Vladimir Poutine au centre avec les quatre autres dirigeants célébrant les bras dans les airs.

Les quatre dirigeants nommés par Moscou des régions annexés, Denis Pushilin, Leonid Pasechnik, Vladimir Saldo, Yevgeny Balitsky, étaient aussi présents. Le compte rendu de Tamara Alteresco.

Photo : Reuters

L'Union soviétique n'existe plus, nous ne pouvons plus revenir dans le passé, mais la Russie n'en a plus besoin, a insisté Vladimir Poutine. Il a appelé à un cessez-le-feu avec l’Ukraine, et a enjoint à Kiev de revenir à la table des négociations, mais il a exclu les discussions sur le statut des quatre régions annexées.

Mais la réaction du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la proposition russe de tenir des négociations n’a pas tardé. Il a affirmé que l’Ukraine ne négociera pas avec la Russie tant que Poutine est le président de la Fédération de Russie. Nous négocierons avec le nouveau président, a martelé M. Zelensky dans une vidéo en ligne.

Vladimir Poutine a aussi affirmé que toute attaque contre les territoires annexés vendredi serait considérée comme une agression contre la Russie elle-même. Il est prêt, dit-il, à défendre le territoire russe par tous les moyens, y compris avec l’arme nucléaire.

Mais les détails exacts du projet d'annexion ne sont pas clairs. Il semble cependant que la Russie revendique environ 18 % du territoire ukrainien, soit près de 109 000 kilomètres carrés, en plus de la Crimée qui avait déjà été annexée en 2014.

Or, l'armée russe ne contrôle pas la totalité de ce territoire ukrainien. Les forces de Kiev ont encerclé le bastion russe de Lyman, dans le nord de la région de Donetsk. Et si la Russie contrôle la quasi-totalité de Lougansk, ses forces n'occupent qu'environ 60 % de la région de Donetsk et 70 % de celle de Zaporijia.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a affirmé que l’ensemble de la région de Donetsk ferait partie de la Russie, mais n’a pas été clair au sujet des régions de Kherson et de Zaporijia, alors que Vladimir Poutine les a reconnues jeudi comme États indépendants.

Nous allons tout clarifier aujourd'hui, a insisté M. Peskov.

Ces annexions représentent une escalade sérieuse de l'invasion lancée le 24 février en Ukraine, alors même qu’une mobilisation chaotique se déroule en Russie, poussant des dizaines de milliers de Russes à l’exil.

Un concert organisé près de l'emblématique cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux pour célébrer l'annexion des territoires ukrainiens le vendredi 30 septembre.

Un concert organisé près de l'emblématique cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux pour célébrer l'annexion des territoires ukrainiens le vendredi 30 septembre.

Photo : Reuters / REUTERS

L'Occident condamne l’annexion

Les récentes actions de la Russie constituent la plus grave escalade du conflit depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Moscou le 24 février, selon le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Il a déclaré que l'OTAN réaffirmait son soutien indéfectible à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et que l’alliance ne sera pas dissuadée par le président russe Vladimir Poutine d'aider l’Ukraine à se défendre contre la Russie.

Le président américain Joe Biden a pour sa part condamné la tentative frauduleuse par la Russie d’annexer un territoire ukrainien souverain. Il a également annoncé que les États-Unis vont imposer des sanctions sévères contre la Russie.

En accord avec les autres membres du G7, Washington va aussi sanctionner tout pays, individu ou entité qui fournirait un soutien politique ou économique aux tentatives russes de s’emparer illégalement de territoires ukrainiens.

Dans un communiqué de ses ministres des Affaires étrangères, le G7 a lui aussi noté qu’il ne reconnaîtra jamais les prétendues annexions par la Russie de territoires ukrainiens.

Le Canada a réagi également aux annexions russes. Par voie de communiqué, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a annoncé que le Canada allait imposer de nouvelles sanctions à la Russie en lien avec l’annexion de territoires ukrainiens.

Le Canada et ses partenaires internationaux voient ces actes pour ce qu’ils sont : une attaque contre l’ordre international fondé sur des règles et les principes de la démocratie, a déclaré la ministre Joly dans le communiqué.

« Nous réitérons notre engagement indéfectible envers l’Ukraine et son peuple. Le Canada s’est toujours tenu aux côtés de l’Ukraine, et nous continuerons de le faire aussi longtemps qu’il le faudra. »

— Une citation de  Mélanie Joly, ministre canadienne des Affaires étrangères

Les nouvelles sanctions canadiennes annoncées par la ministre Joly visent 43 oligarques russes et des membres de l’élite financière – de même que les membres de leur famille. Elles vont aussi toucher 35 hauts fonctionnaires soutenus par la Russie dans les quatre régions occupées d’Ukraine.

Les 27 pays membres de l’Union européenne (UE) ont quant à eux déclaré qu’ils rejetaient et condamnaient sans équivoque l’annexion de ces quatre régions annoncée par Vladimir Poutine.

Nous ne reconnaissons pas et ne reconnaîtrons jamais les "référendums" illégaux que la Russie a organisés comme prétexte pour cette nouvelle violation de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ni leurs résultats falsifiés et illégaux. Nous ne reconnaîtrons jamais cette annexion illégale, affirment les pays membres de l’UE dans une déclaration publiée peu avant la signature des actes d'annexion par le président russe Vladimir Poutine.

« Nous appelons tous les États et organisations internationales à rejeter sans équivoque cette annexion illégale. »

— Une citation de  Déclaration des pays membres de l'Union européenne

En sapant délibérément l'ordre international fondé sur des règles et en violant de manière flagrante les droits fondamentaux de l'Ukraine à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale [...] la Russie met la sécurité mondiale en danger, préviennent les membres de l’UE, tout en réaffirmant le droit de l’Ukraine de se défendre contre l’agression russe pour reprendre le contrôle total de son territoire et de libérer les territoires occupés à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.

L’Union européenne s’engage à continuer d’apporter à l’Ukraine un soutien économique, militaire, social et financier solide aussi longtemps qu’il le faudra, soulignent les 27.

Vendredi, au moins 25 civils ont été tués dans une frappe qui a visé un convoi humanitaire dans la région de Zaporijia. Une cinquantaine de personnes ont aussi été blessées dans cette attaque, dont la Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement.

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et Reuters

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