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Tarif des garderies : quel serait l’impact de la proposition du Parti conservateur?

Un enfant dessine.

Le mode de financement privilégié par le parti d'Éric Duhaime est axé sur l'aide directe aux parents.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

La Presse canadienne

Tout indique qu'il en coûterait plus cher aux parents de faire garder leur enfant sous un gouvernement conservateur. Et il paraît difficile de savoir qui, au juste, aurait droit aux bons de garde de 200 $ par semaine et par enfant, une promesse du parti d'Éric Duhaime.

La proposition des conservateurs en matière de services de garde, c'est un recul pour les femmes, c'est clair, a dénoncé la directrice générale de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Geneviève Bélisle, en entrevue téléphonique cette semaine.

Elle calcule que le mode de financement privilégié par le parti d'Éric Duhaime, axé sur l'aide directe aux parents, aura pour conséquence d'accroître sans aucun doute le coût des frais de garde déboursés par les parents, sans régler pour autant le problème de la pénurie de places.

Ce qui va arriver, c'est que les propriétaires [de garderies privées] vont augmenter leurs tarifs et vont refiler la facture aux parents, selon elle.

Dans sa plateforme, le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose une petite révolution du financement du réseau des services de garde s'il est porté au pouvoir. À terme, les conservateurs veulent réduire progressivement, voire supprimer le financement public du réseau, pour privilégier l'aide directe aux parents.

Éric Duhaime parle sur une scène.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Un gouvernement Duhaime s'engagerait donc à offrir aux parents un bon de garde imposable de 200 $ par semaine, par enfant, soit 10 400 $ par année.

Or, ce montant ne couvre pas le coût annuel d'une place, évalué plutôt à 17 000 $. Qui donc devra débourser la différence?

Sur Twitter, le ministre sortant de la Famille, Mathieu Lacombe, a calculé que ce que propose le PCQ, c'est de faire payer les parents jusqu'à quatre fois plus cher pour une place en CPE et en garderie.

Les conservateurs s'engagent aussi à déréglementer le tarif fixe quotidien, qui est actuellement à 8,70 $. En ouvrant la porte à la concurrence, chacun – garderie privée ou CPE – pourrait donc fixer le tarif de son choix.

La liste d'attente pour une place en service de garde dépasse les 50 000 noms. Pour répondre à la demande, les conservateurs misent sur les quelque 30 000 places disponibles dans les garderies privées non subventionnées, lesquelles fixent leur tarif quotidien à 43 $, en moyenne.

Le problème, c'est que ces places sont situées dans la région de Montréal, là où il n'y a pas de besoin, et non en région, où les besoins sont immenses, déplore Mme Bélisle.

Questionné à ce propos cette semaine, M. Duhaime a affirmé en point de presse que l'engagement de son parti visait ceux qui n'ont pas accès actuellement aux CPE, qui n'ont pas gagné à la loterie des CPE.

Il a dit aussi vouloir stimuler l'offre en provenance du secteur privé.

Les femmes à la maison

La plateforme conservatrice prévoit aussi que le bon de 200 $ par enfant par semaine ne sera versé qu'aux parents ayant un emploi à temps plein. Mais que fait-on des autres, par exemple les étudiantes, jeunes mères monoparentales?

M. Duhaime n'y voit pas de problème sémantique, ne faisant pas de différence entre le marché du travail et le monde de l'éducation. C'est évident que cette personne va se qualifier pour le bon de 200 $, dit-il, car c'est un emploi aller à l'université, selon lui.

Le Parti conservateur n'a fixé aucune cible de création de places pour les prochaines années, se fiant à la loi du marché pour répondre aux besoins.

Voilà une façon comme une autre de garder les femmes à la maison, croit Mme Bélisle, car en ne créant pas de places en garderie, on prive les femmes d'un service et on se prive d'une main-d'œuvre importante.

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