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Afghanistan : au moins 20 morts dans un attentat visant des étudiantes

Une femme voilée tient dans ses bras deux jeunes filles en pleurs.

Dans la matinée les familles ont afflué dans les différents hôpitaux en pleurs, à la recherche de leurs proches. Des listes des personnes décédées ou blessées ont été accrochées à l'entrée des établissements.

Photo : Associated Press / Ebrahim Noroozi

Agence France-Presse

Au moins 20 personnes, en majorité des filles, ont été tuées vendredi à Kaboul dans un attentat suicide contre un centre de formation d'étudiants situé dans un quartier abritant la communauté minoritaire hazara.

Les étudiants se préparaient à un examen lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser dans ce centre éducatif, a déclaré Khalid Zadran, porte-parole de la police afghane. Vingt personnes sont décédées et 27 autres ont été blessées, a ajouté cette source dans la soirée.

La Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan a elle indiqué à l'AFP que, selon les informations dont elle disposait, au moins 24 personnes avaient été tuées et 36 blessées. Ce nombre pourraient augmenter, a-t-elle prévenue.

Surtout des filles

Selon un étudiant sur place au moment de l'explosion, la plupart des victimes sont des filles. Environ 600 étudiants se trouvaient dans une classe de ce centre de formation préparant aux examens universitaires.

Peu de garçons ont été touchés car ils se trouvaient à l'arrière de la classe et le kamikaze est entré par la porte avant où les filles étaient assises, a déclaré un autre étudiant Ali Irfani.

Une femme, qui porte un voile fleuri, en est pleurs.

En mai 2021, une série d'explosions s'était également produite devant un établissement scolaire pour filles de ce même quartier, faisant 85 morts.

Photo : Associated Press / Ebrahim Noroozi

Ce rescapé a dit avoir d'abord entendu des coups de feu. Le kamikaze a abattu deux gardiens avant de pénétrer dans la classe, a-t-il précisé.

Il y a eu une forte explosion puis le chaos, de nombreux étudiants, garçons et filles, ont essayé de s'échapper du bâtiment, a raconté à l'AFP un commerçant requérant l'anonymat. C'était une scène horrible. Tout le monde était si effrayé.

De nombreux élèves ont reçu des éclats à la tête, au cou et dans les yeux, a également raconté un habitant Asadullah Jahangir, qui a aidé à transporter les victimes vers les hôpitaux.

Le toit de la salle de la classe s'est effondré; les portes et les fenêtres ont été brisées par le souffle de l'explosion.

Cet attentat qui vise une nouvelle fois le monde de l'éducation s'est produit dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l'ouest de Kaboul, une zone à prédominance musulmane chiite où vit la communauté minoritaire hazara, théâtre de certaines des attaques les plus meurtrières commises en Afghanistan.

De moins en moins de femmes dans les universités

L'éducation est une question extrêmement sensible dans ce pays à majorité sunnite, les talibans empêchant de nombreuses filles de reprendre l'enseignement secondaire. Les étudiantes sont en revanche admises à l'université, mais leur nombre devrait se réduire avec les années, faute d'avoir été au secondaire.

Une femme âgée montre la photo d'une jeune femme sur un cellulaire.

Cet attentat qui vise une nouvelle fois le secteur de l'éducation s'est produit dans le quartier de Dasht-e-Barchi, à Kaboul, une zone à prédominance musulmane chiite où vit la communauté minoritaire hazara.

Photo : Associated Press / Ebrahim Noroozi

Le groupe armé État islamique (EI), un autre groupe sunnite avec lequel les talibans entretiennent néanmoins une profonde inimitié et des divergences idéologiques, s'oppose également à l'éducation des femmes et des filles. L'EI, principale menace du régime taliban, a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois. Celui de vendredi n'a pas été revendiqué.

« Attaquer des cibles civiles prouve la cruauté inhumaine de l'ennemi et son absence de normes morales. »

— Une citation de  Abdul Nafy Takor, porte-parole du ministère de l'Intérieur

Dans la matinée les familles ont afflué dans les différents hôpitaux en pleurs, à la recherche de leurs proches. Des listes des personnes décédées ou blessées ont été accrochées à l'entrée des établissements.

Nous ne l'avons pas trouvée ici, s'est inquiétée une jeune femme cherchant sa sœur de 19 ans dans l'un d'eux. Nous l'appelons, mais elle ne répond pas, se désespérait-elle.

Des attaques à répétition

Le 20 avril dernier, au moins six personnes avaient été tuées et 24 blessées dans deux explosions ayant frappé une école pour garçons dans ce même quartier de l'ouest de la capitale.

Dasht-e-Barchi a été lourdement frappé ces dernières années et depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021. Plusieurs attaques ont été revendiquées par l'EI-K, la branche régionale du groupe jihadiste État islamique, qui considère les hazaras comme hérétiques.

En mai 2021, une série d'explosions s'était également produite devant un établissement scolaire pour filles de ce même quartier, faisant 85 morts, en majorité des lycéennes, et plus de 300 blessés.

L'EI, qui avait déjà revendiqué un attentat en octobre 2020 contre un centre de formation (24 morts) dans la même zone, est fortement soupçonné d'avoir mené cette attaque.

Trois femmes courent sur une place publique.

Des Afghanes accourent vers un hôpital de Kaboul à la recherche de leurs proches qui fréquentaient l'école Abdul Rahim Shahid à la suite d'une attaque. C'était en avril 2022.

Photo : Getty Images / AFP/WAKIL KOHSAR

Les talibans sont également accusés de s'en prendre aux hazaras comme lors de leur première gouvernance (1996 à 2001). Leur retour au pouvoir a mis fin à 20 ans de guerre et a entraîné une réduction significative de la violence, mais la sécurité a commencé à se détériorer au cours des derniers mois.

L'attaque contre l'éducation des Hazaras et des chiites doit cesser. Arrêtez les attaques contre l'avenir de l'Afghanistan, arrêtez les crimes internationaux, a tweeté le rapporteur spécial de l'ONU sur l'Afghanistan, Richard Bennett.

L'attentat est un rappel honteux de l'inaptitude et de l'échec total des talibans à protéger la population afghane, s'est indignée l'ONG Amnesty international.

Une fois de plus, les terroristes prennent pour cible des civils innocents a tweeté l'Union européenne, condamnant un nouveau crime odieux.

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