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La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation célébrée à Mashteuiatsh

Des gens marchent derrière une bannière de la Journée de la vérité et de la réconciliation.

Environ 200 personnes ont participé à la marche à Mashteuiatsh.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Radio-Canada

Le rassemblement provincial tenu à Mashteuiatsh à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation a attiré 200 membres de six Premières Nations venus marcher sur les rives du lac Saint-Jean.

Les Autochtones présents dans la communauté innue ont communié avec la nature, une occasion pour plusieurs survivants des pensionnats de poursuivre leur chemin vers la guérison.

Là, on est dans la réconciliation et moi j’ai énormément confiance en la prochaine génération. Il y a beaucoup, beaucoup de jeunes aujourd’hui et pour moi, ça, c’est majestueux en quelque part, parce que là on est dans un grand changement. L’histoire ne pourra pas s’oublier, mais on est en train de construire une nouvelle histoire, a mentionné une Autochtone au cours de la marche.

Un homme sourit devant un lac.

Le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), Constant Awashish, était à Mashteuiatsh.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Au son des prières et des tambours, les chefs présents se sont recueillis pour les survivants et les enfants disparus.

Il y a beaucoup d'Atikamekw qui sont venus au pensionnat de Pointe-Bleue, moi en tous les cas je suis ici pour les honorer, a indiqué Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw.

Le pensionnat de Pointe-Bleue, l’ancien nom de Mashteuiatsh, a été depuis transformé en école secondaire. Il est le dernier à avoir fermé ses portes au Québec.

Ça permet à tout le monde de prendre conscience de cette réalité, de cette page d'histoire qui nous rassemble, malheureusement, et de pouvoir regarder vers l'avenir, a poursuivi Gilbert Dominique, chef du conseil de bande de Mashteuiatsh.

Le candidat caquiste Ian Lafrenière, qui était ministre responsable des Affaires autochtones au moment du déclenchement de la campagne électorale, participe à une marche.

Le candidat caquiste Ian Lafrenière, qui était ministre responsable des Affaires autochtones au moment du déclenchement de la campagne électorale, était présent à la marche.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Cette journée est également une occasion pour Doris Bossum de poursuivre son chemin vers la guérison, elle qui a été forcée de quitter Mashteuiatsh en bas âge pour être amenée dans un pensionnat.

Rappelons que ces pensionnats avaient été mis en place par le gouvernement fédéral dans un désir d’assimilation des Autochtones.

J'ai été déracinée de l'amour de mes parents. Ce qui me marque, ce que je me souviens, de ce déracinement-là, c'est quand ils venaient nous rendre visite au pensionnat à La Tuque. Quand ils partaient, je me vois accrochée après la jambe de ma mère, pour ne pas qu'ils me laissent là. C'est beaucoup de solitude, même si on était nombreux dans ces pensionnats-là, s’est rappelée la survivante du pensionnat de La Tuque.

Des souvenirs douloureux

De nombreux jeunes Autochtones ne sont tout simplement jamais revenus de ces pensionnats. Des sépultures anonymes ont d’ailleurs été découvertes à plusieurs endroits au Canada dans les dernières années.

Certains autres survivants se sont alors ouverts pour la première fois sur leur histoire avec candeur et vulnérabilité.

Ça a tout monté jusque dans ma tête. Pouf, pareil comme un volcan. Je n'étais plus capable, mais ça a fait du bien, a raconté un homme âgé.

Dix mois sans voir mes parents. Aucun contact, à avoir peur. J'ai vécu quand même beaucoup de choses. La nourriture, c'était tellement cuit gras que, moi, je la vomissais. Je n'étais pas capable de la manger, a confié une autre dame.

Des pierres peintes au sol.

Les participants ont formé un demi-cercle avec des pierres pour symboliser la réconciliation.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, avait fait une pause dans sa campagne pour prendre part à la marche.

Je pense qu’on a un déficit de connaissances et ce qui amène par la suite, et là on peut continuer, s’il y a un déficit de connaissances, il y a de l’intolérance, il y a du racisme. Alors, il faut connaître ces réalités-là, car il y en a plusieurs, a dit le député sortant de Vachon.

L’organisation de cet événement commémoratif n’incombe pas toujours à la même collectivité. En fait, les diverses communautés autochtones qui ont déjà eu des pensionnats sur leurs territoires sont appelées à tenir successivement le rassemblement.

Des Autochtones sont rassemblés devant des chapiteaux.

Claude Boivin a lancé les festivités en créant un feu sacré, le cœur de l’événement.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

La programmation de l’événement a été préparée avec soin pour inclure des activités axées sur le ressourcement, une marche, un repas, des prestations musicales ainsi qu’une conférence offerte par le rappeur Samian.

Chaque participant avait été invité à apporter une pierre pour contribuer à l’érection d’un mur symbolisant la réconciliation.

À Charles-Gravel aussi

La journée a également été soulignée dans certains milieux scolaires vendredi. C'est le cas notamment à l'École secondaire Charles-Gravel à Chicoutimi-Nord. Les élèves étaient invités à signer des chandails orange qui seront exposés dans l'établissement.

Un kiosque dans un corridor d'école.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation étais aussi soulignée à l'École secondaire Charles-Gravel à Chicoutimi-Nord.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Ils ont aussi pu déguster de la bannique, un pain plat qui est un mets typique autochtone. Les activités étaient organisées en collaboration avec les centres Mamik du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

D’après des reportages de Flavie Villeneuve, Laurie Gobeil et Andréanne Larouche

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