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48 jours en Antarctique pour photographier la salpe, un plancton voyageur

Alexis Bahl est debout dans un laboratoire tenant un pot rempli de salpes.

La chercheuse Alexis Bahl prépare ce voyage depuis deux ans. Elle est ici dans son laboratoire, tenant un pot rempli de salpes.

Photo : Fournie par Alexis Bahl

Les salpes sont des planctons presque complètement transparents, de consistance gélatineuse, et qui voyagent environ 150 mètres tous les jours pour se nourrir à la surface de l’eau. Ces drôles de bestioles fascinent une chercheuse de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), Alexis Bahl, qui part en mission samedi pour 48 jours en Antarctique afin de faire la lumière sur leur migration et leur rôle potentiel pour freiner les changements climatiques.

L’espoir de cette candidate au doctorat âgée de 31 ans? Croquer le portrait de ces salpes dans les eaux de l’Antarctique. Nous n’avons jamais eu de preuves photographiques de la migration quotidienne des salpes dans cette région du monde, déclare-t-elle depuis la ville du Cap, en Afrique du Sud, où elle est en quarantaine en attendant son départ.

Le 1er octobre, la boursière de la National Geographic Society partira à l’aventure à bord du fameux navire océanographique FS Polarstern en compagnie de près d’une cinquantaine d’autres chercheurs des quatre coins du monde.

Pour se rendre à la destination, Punta Arenas au Chili, ils devront aller contre le courant circumpolaire qui ceinture l'Antarctique, un courant marin puissant qui a la particularité de faire le tour de la planète.

Une carte qui montre l'itinéraire du Cap jusqu'à Punta Arenas.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le navire de recherche partira de la ville du Cap pour se diriger vers le sud et tournera vers l'ouest au niveau de la Géorgie du Sud. Le FS Polarstern contournera par la suite l'Amérique du Sud par le bas pour finalement arriver à Punta Arenas, au Chili.

Photo : Marie Mounier

Dans la communauté scientifique de l’océan Austral, il y a énormément de lacunes dans les connaissances simplement parce que c'est un endroit difficile pour faire de la recherche, c'est difficile de s'y rendre et c'est coûteux, précise la chercheuse. Elle ajoute que les recherches dans cette région du monde sont faites entre le printemps et l’automne, l’endroit étant inatteignable durant l'hiver.

Une fois le navire de 118 mètres amarré, Alexis Bahl et ses trois coéquipiers, qui travaillent aussi à l’Université de la Colombie-Britannique, pourront commencer leur recherche. Ils vont tenter de capturer quelques spécimens pour mener des tests et prendre des photos en haute résolution des salpes.

Les autres scientifiques à bord auront pour leur part d’autres collectes de données et expériences à mener.

Alexis Bahl debout.

Alexis Bahl, 31 ans, a reçu une bourse de la National Geographic Society.

Photo : Junyi Sun

Les salpes, des travailleuses nocturnes

Alexis Bahl aimerait idéalement déterminer le rôle exact des salpes dans l’équilibre de l’écosystème marin du sud. L’océan Austral est reconnu comme étant le plus grand puits de carbone de la planète, absorbant environ 40 % du monoxyde de carbone global et les salpes pourraient être responsables d'une part importante de cette absorption.

La chercheuse explique que, tous les jours, au lever du soleil, les salpes quittent les profondeurs marines pour se retrouver à la surface afin de se nourrir de phytoplanctons, riches en carbone. La nuit venue, les salpes retournent vers les fonds marins, où elles meurent ou excrètent ce qu'elles ont recueilli durant la journée.

« La migration quotidienne des salpes est une forme de transport actif du carbone. [...] Ceci est important, car ça emmagasine le carbone de l'atmosphère. Ça ralentit le changement climatique. »

— Une citation de  Alexis Bahl, doctorante, UBC
Un pot de salpes.

L'équipe de chercheurs espère déterminer le rôle de la salpe dans l’absorption de carbone.

Photo : Alexis Bahl

Les salpes transportent ainsi du carbone vers les fonds marins, où il est emmagasiné pour des siècles. Elles participent à la plus grande migration de masse au monde, s’exclame la doctorante.

Le but serait notamment de pouvoir examiner les salpes afin de déterminer la quantité de carbone recueillie par ces créatures. Nous pouvons utiliser cette information pour comprendre combien les salpes contribuent à l'absorption du carbone. Si nous pouvons utiliser ces résultats, ce serait révolutionnaire!, souligne Alexis Bahl.

L’équipe voudrait voir les effets du changement climatique sur l’organisme des salpes et comprendre les raisons pour lesquelles elles se multiplient avec le réchauffement de l'eau.

Un rapport sur les résultats de la recherche de l’équipe devrait être publié d’ici l’été 2023.

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