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Des immigrants estriens dénoncent les propos de Jean Boulet

Elle sourit devant une oeuvre d'art.

Marie-Madeleine Nzambi critique les propos de Jean Boulet.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Radio-Canada

De nombreux immigrants estriens dénoncent des propos tenus la semaine dernière par le ministre de l'Immigration du Québec, Jean Boulet. La propriétaire du salon Tresses africaines, qui a pignon sur rue à Sherbrooke depuis trente ans, ainsi que des clientes et des employées rencontrées sur place se disent ébranlées.

« J’ai failli fermer la télévision juste en entendant ça, ça m’a vraiment blessée. »

— Une citation de  Catherine Mabumbi Mavinga, propriétaire du salon Tresses africaines

Dire qu’on ne s’intègre pas, c’est ça qui m’a blessée, parce qu’on s’intègre. On veut être parmi les Québécois et les Québécoises. Quand on a quitté chez nous, on arrive ici, on veut travailler, on veut connaître la culture québécoise aussi, souligne-t-elle.

C’est blessant, car ça vient nous toucher directement, la population immigrante. [...] On est là, on travaille, on paie nos impôts, et on vient nous le balancer par quelqu’un qui est si haut placé. C’est limite comme s’il n’a pas étudié son dossier, ajoute Marie-Madeleine Nzambi, qui est originaire de la République démocratique du Congo.

Moi, je trouve que ce n’est pas juste, parce que, justement, moi je travaille; et vraiment, il y en a beaucoup que je connais qui travaillent, juste pour subvenir à leurs besoins, pour s’adapter à la société, renchérit Hannah-Margherite Augustin.

C’était ça, notre but, de venir travailler ici; car chez nous, là-bas, il y a beaucoup de main-d'œuvre, il y a un manque d’emplois véritables. On disait : "Enfin, on va avoir quelque chose qui va nous nourrir", constate quant à elle Ketura Delbi.

Frieda Christelle Ngotjeck Nhinack, originaire du Cameroun, a effectué un baccalauréat en politique à l'Université de Sherbrooke. Le discours du ministre de l'Immigration suscite chez elle de nombreuses réflexions.

Je ne trouve pas ses propos corrects. C’est une personnalité publique. Normalement, en politique, on doit utiliser la diplomatie lorsqu’on parle. Même quand on est fâché, il faut tenter de tempérer les propos, souligne-t-elle.

« Un préjugé »

Philippe Morin, le propriétaire de l’atelier d'usinage Set47, à Valcourt, compte sur cinq travailleurs philippins depuis six ans pour compléter son équipe d’une vingtaine de personnes. Les déclarations de Jean Boulet l’ont surpris.

Philippe Morin devant la caméra.

Philippe Morin est propriétaire de l'atelier d'usinage Set47.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

« C’est un préjugé de dire que les immigrants sont tous à Montréal et qu’ils ne veulent pas travailler et s’intégrer. Quand tu es sur le terrain en région, ce n’est pas ça que tu vois, du tout. »

— Une citation de  Philippe Morin, propriétaire de l'atelier d'usinage Set47

Joseph Cuartero et Glenn Generoso continuent d'apprendre le français tout en travaillant à Set47. Ils veulent faire leur vie au Québec.

Québec, c’est très bon pour moi et ma famille aussi, souligne M. Cuartero. 

Un homme sourit devant son équipement de travail.

Joseph Cuartero continue d'apprendre le français tout en travaillant à l'atelier Set47.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Tout est bon. Tous les gens ici à mon travail, mes collègues, sont bons, ajoute M. Generoso.

Glenn Generoso au travail.

Glenn Generoso dit apprécier ses collègues de travail.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Pendant le passage de Radio-Canada, les deux travailleurs ont joint leurs collègues autour d’un comptoir de poutine organisé dans le cadre d’une activité d’esprit d’équipe.

Avec les informations de Guylaine Charette

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