•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une hausse du nombre de surdoses dans la capitale fédérale

Une seringue, des tampons d'alcool et un garrot sont posés sur une table.

Santé publique Ottawa offre du matériel stérile à son centre provisoire d'injection supervisée (archives).

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Radio-Canada

Le nombre de surdose est en hausse à Ottawa, dans l'est ontarien et en Outaouais. Les autorités régionales ne sont pas surprises, mais appellent la population à la prudence. On rappelle d'ailleurs aux citoyens les conseils pour consommer de façon sécuritaire et éviter le pire.

Au cours des derniers jours, la patrouille du Service de police d’Ottawa et les paramédicaux du Service paramédic d’Ottawa (SPO) ont répondu à une augmentation des appels de service concernant des surdoses présumées, peut-on lire dans le communiqué de la Ville d'Ottawa.

Selon les premières constatations, la cocaïne et le crack mélangés (coupés) avec du fentanyl sont possiblement des facteurs qui contribuent.

« Le fentanyl illicite est extrêmement toxique et augmente le risque de surdose et de décès lié à une surdose. »

— Une citation de  Extrait du communiqué

Cette semaine seulement, le Service paramédic d’Ottawa (SPO) a administré de la naloxone à 12 personnes en surdose. Les sept jours précédents, on parlait de quatre patients qui ont reçu de la naloxone par les paramédics, explique Marc-Antoine Deschamps, le surintendant aux relations publiques pour le SPO.

Le Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO) ainsi que le Service de police de Cornwall (SPC) font le même constat que leurs homologues.

Des opioïdes plus forts sont plus susceptibles de causer une surdose, et il se produit dans notre région une hausse alarmante de surdoses, explique le médecin hygiéniste au BSEO, le Dr Paul Roumeliotis.

L'inspecteur des opérations sur le terrain pour le SPC, Chad Maxwell, ajoute que les personnes vulnérables ainsi que leurs proches en payent le prix.

Nos agents sont constamment appelés à administrer les mesures pour sauver des vies dans ces situations, fait-il valoir.

C’est pourquoi nous incitons le public à prendre les mesures de prévention nécessaires pour éviter une surdose.

Même problème en Outaouais

De l’autre côté de la rivière, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais signale trois surdoses sévères suite à la consommation soupçonnée de cocaïne sur le territoire de la ville de Gatineau.

Ces personnes présentaient des signes et symptômes d’atteinte cardiaque sévère (cardiomyopathie) et ont toutes dû être hospitalisées, dont certaines aux soins intensifs, peut-on lire dans un communiqué publié, cette semaine.

Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie (CIPTO), Yves Séguin, n'est pas surpris de cette augmentation des surdoses.

Ce sont des produits qui sont mélangés, contaminés, insiste-t-il. Les gens ne savent pas ce qu’ils achètent. M. Séguin soutient qu'il est possible de faire tester un échantillon de sa drogue au CIPTO par l'entremise du projet NÉON et que c’est tout à fait légal.

Yves Séguin, dans les bureaux du CIPTO.

Yves Séguin est le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie (CIPTO).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Il s'agit d'une mesure préventive qui a un impact, mais le directeur général de l'organisme souhaiterait que le Canada abandonne sa guerre à la drogue. M. Séguin prône la consommation sécuritaire et aimerait que les médecins puissent prescrire plus de produits légalement.

Alexandre Albert, le coordonnateur en consommation sécuritaire au Bureau régional d'action sida (BRAS) est également d'avis qu'il faut déstigmatiser la consommation de substances.

« Oui, il y a des gens qui consomment qui sont en situation d’itinérance, mais on a aussi des fonctionnaires, des avocats, des médecins, donc des personnes qui ont un statut social différent et qui ne veulent pas être vues. »

— Une citation de  Alexandre Albert, coordonnateur en consommation sécuritaire au BRAS

M. Albert rapporte d'ailleurs qu'une plus grande diversité de gens vient faire l’analyse de leurs substances.

Des consignes de sécurité

Les principaux signes d'une surdose d'opioïdes comprennent la respiration lente, l'absence de mouvement et la contraction des pupilles. Une personne en surdose pourrait aussi avoir les lèvres et les ongles bleutés ainsi que la peau froide et moite.

La Ville d'Ottawa rappelle à ses citoyens d'éviter de consommer seuls, de ne pas mélanger les drogues et d'y aller avec de petites doses.

La possession d'une trousse de naloxone, offerte gratuitement en Ontario (Nouvelle fenêtre), est aussi fortement encouragée.

À Ottawa, il existe quatre points de service de consommation supervisée et de traitement (Nouvelle fenêtre) pour les consommateurs.

Si vous utilisez des drogues de rue ou connaissez quelqu’un qui en consomme, je vous implore de vous procurer une trousse de naloxone et la formation pour savoir l’utiliser, toutes deux gratuites dans notre région, souligne le Dr Roumeliotis.

« Cela pourrait très bien sauver une vie. »

— Une citation de  Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste au BSEO

Il insiste cependant sur l'importance de contacter les services d'urgence en cas de surdose soupçonnée puisque ce produit n’est pas efficace contre les benzodiazépines.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !