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Les navigateurs de services, pour la santé des patients autochtones

Les 4 couleurs de la roue de la médecine sont autour du puits de lumière.

12 navigateurs de services travaillaient au Québec en date du 16 août dernier, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Dans la foulée du dépôt du rapport de la commission Viens et de la mort tragique de Joyce Echaquan, le gouvernement du Québec a créé des postes de navigateurs de services pour améliorer les services de santé offerts aux autochtones. Des interprètes et agents de liaison existent toutefois depuis plusieurs années, bien avant la création de ces nouveaux postes.

Charles Robertson est un interprète retraité de l’Hôpital de Sept-Îles.

Pendant plus d’une vingtaine d’années, il a offert une présence rassurante auprès de certains usagers autochtones, en leur permettant notamment de s’exprimer dans leur langue.

J’accompagnais et j’interprétais les symptômes que les patients avaient pour informer le médecin. [...] Le Montagnais a toujours été mis de côté. Avant qu’on arrive comme interprète, il n’a jamais vraiment eu de service adéquat. C’est pour ça qu'on a lancé ce service d’interprète, se remémore M. Robertson.

Charles Robertson est assis dans sa cuisine.

Charles Robertson a travaillé 26 ans à l’Hôpital de Sept-Îles, dont plusieurs en tant qu'interprète.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Le CISSS de la Côte-Nord et le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec ont des agents de liaison autochtone depuis quelques années.

Les usagers et le personnel de l’Hôpital de Sept-Îles peuvent compter sur la présence d’une interprète depuis plus de 10 ans. C’est une interprète pour la clientèle anglophone, mais elle parle aussi innu et naskapi, déclare par écrit Pascal Paradis, porte-parole du CISSS de la Côte-Nord.

À ces interprètes et agents de liaison sont aussi ajoutés des navigateurs de services, aussi connus sous l’appellation d’accompagnateurs pour patients autochtones.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), 12 navigateurs de services travaillaient au Québec le 16 août dernier. Ils sont répartis au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans la Capitale-Nationale, en Mauricie-Centre-du Québec, à Montréal, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord, en Gaspésie, et dans Lanaudière.

Le Dr Stanley Vollant, un chirurgien d’origine innue, voit la création de postes de navigateurs de services d’un bon œil.

« D’avoir quelqu’un qui peut devenir un avocat, un protecteur de l’usager autochtone, je pense que c’est un plus [...] C’est un bon pas pour la sécurisation culturelle des lieux de santé. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant, premier chirurgien issu des communautés des Premières Nations du Québec
Le chirurgien Stanley Vollant.

Le chirurgien Stanley Vollant (archives).

Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, la sécurisation culturelle est le stade final d'un cheminement collectif (Nouvelle fenêtre), qui est caractérisé par l’implication active et égalitaire des Autochtones dans leur relation avec les acteurs du système de santé et de services sociaux.

Le Centre d’amitié autochtone de Sept-Îles constate aussi l’utilité des navigateurs de services pour les patients.

Il me revient un exemple en tête. Une [femme autochtone] refusait de prendre ses médicaments parce qu’elle ne comprenait pas les bénéfices qu'elle pouvait en tirer. Il y a eu un navigateur qui a tout traduit et tout expliqué. Aujourd’hui, cette personne prend ses médicaments et va mieux. Ça sert justement à ça, des navigateurs, dit Donald Pilot, directeur général du Centre d'amitié autochtone de Sept-Îles.

Donald Pilot porte un chandail orange et est à proximité d'une affiche du Centre d’amitié autochtone de Sept-Îles.

Donald Pilot est le directeur général du Centre d’amitié autochtone de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Pour améliorer les services de santé, le docteur Vollant croit qu’il faut aller encore plus loin.

Je pense que le processus de plainte dans les hôpitaux du Québec devrait avoir un agent de facilitateur autochtone pour aider les Premières Nations. Main dans la main, il pourrait aider à écrire la plainte, de le faire pour que ça soit constructif, affirme le Dr Vollant.

Ces artisans de la santé et des services offerts aux autochtones sont confiants quant aux processus de réconciliation en cours.

[La sécurisation culturelle en santé], ça s’améliore tranquillement, mais il faut continuer de la surveiller, lance Charles Robertson.

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