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L’ingénieur Simon Houle s’est acharné sur sa victime, plaide le DPCP

Portrait de Simon Houle.

Alors que la Couronne réclamait 18 mois de prison, Simon Houle a pu bénéficier d'une absolution conditionnelle.

Photo : Facebook

Une agression sexuelle s'étirant pendant au « minimum » 24 minutes. Dans « au moins » trois pièces différentes d'un appartement. Neuf photos des parties intimes de la victime gardées dans son cellulaire pendant des semaines. Les arguments soulevés en appel par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) révèlent d'autres détails troublants au sujet des crimes commis par l'ingénieur Simon Houle qui a obtenu une absolution, en juin dernier.

En avril 2019, le Trifluvien a agressé sexuellement et photographié une de ses amies, endormie, après une fête dans un appartement. Après avoir plaidé coupable, Simon Houle a bénéficié d'une absolution conditionnelle, notamment afin de lui permettre de voyager pour son travail.

La décision du juge de la Cour du Québec Matthieu Poliquin a créé une controverse et le DPCP l'a portée en appel. Il réclame une peine de 15 à 18 mois de prison.

La victime a tenté de s'échapper

Alors que le juge a estimé que l'agression s'est déroulée somme toute rapidement, le DPCP souligne l'acharnement de Simon Houle à agresser la femme bien que la victime ait tenté de s'en échapper en le fuyant dans l'appartement.

Les photos ont été prises de 5 h 30 à 5 h 54, sur le plancher de la cuisine, sur le lit et sur un sofa dans le salon, détaille le DPCP, dans son mémoire d'appel dont Radio-Canada a obtenu copie.

Les 9 photos sont demeurées accessibles dans le cellulaire de Simon Houle pendant 44 jours, jusqu'à la perquisition des policiers. Il s'agit d'une longue période pendant laquelle ces images ont pu être vues ou partagées. Jamais la victime ne pourra avoir la certitude que son intégrité sexuelle et sa vie privée ne sont plus en péril, écrivent les procureurs Eve-Lyne Goulet et Maxime Lacoursière.

Le DPCP critique le juge Poliquin qui aurait démontré une vision réductrice de la gravité réelle de l'agression et prononcé une peine manifestement déraisonnable.

Des circonstances aggravantes

La Cour du Québec aurait été avare de détails quant aux circonstances aggravantes du crime de Simon Houle, car elle aurait adopté une vision tunnel pour se concentrer sur la réhabilitation de l'agresseur.

Alors que le juge a souligné la franchise de Simon Houle après qu'il eut admis avoir déjà agressé sexuellement une autre femme dans le passé sans être accusé, le DPCP estime plutôt que cet aveu est aggravant et indique qu'il a commis une récidive.

Les circonstances sont d'ailleurs troublantes de similitudes. Dans un rapport signé par sa psychologue, on peut lire qu'en 2015, Simon Houle a touché les parties génitales d'une femme qui dormait, par-dessus ses vêtements, lors d'une soirée. Cette dernière se serait réveillée.

Le juge a aussi noté que l'état d'ébriété de Simon Houle n'est pas une défense, mais il peut permettre d'expliquer un comportement.

Au contraire, c'est aggravant, selon le DPCP, qui souligne que l'ingénieur savait que son intoxication le rendait plus susceptible de commettre le même type d'infraction.

Le juge aurait simplifié indûment les conséquences du crime sur la victime, selon le ministère public, qui précise que, trois ans plus tard, la victime craint tellement de croiser son agresseur lorsqu'elle va au restaurant, qu'elle regarde au moins cinquante fois dans la salle pour être sûre qu'il n'est pas présent.

Avec les vagues de dénonciations dans les dernières années, la société a une perception différente des agressions sexuelles, dit le DPCP. La peine imposée ne correspond pas à la nouvelle conception que se fait la société des infractions commises par [Simon Houle].

L'avocat de l'agresseur, Me Pierre Spain, n'a pas répondu à la demande d'entrevue de Radio-Canada. Il devrait déposer son mémoire d'appel en octobre. L'affaire sera plaidée dans les prochains mois.

Allégation d'inconduite sexuelle à Cuba

La Régie de Police du Lac des Deux-Montagnes affirme avoir remis un complément d'enquête au DPCP la semaine dernière concernant l'allégation, visant Simon Houle, d'inconduite sexuelle au début du mois de juillet lors d'un voyage à Cuba. Une enseignante des Laurentides affirme que l'ingénieur lui a empoigné les fesses sans son consentement dans un bar de Cayo Coco. Le DPCP doit étudier le dossier et déterminer s'il sera de nouveau accusé.

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