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Des catastrophes de plus en plus violentes et de plus en plus chères

Ian Scott marche devant son chalet en ruine.

Les catastrophes environnementales ne sont peut-être pas plus nombreuses, mais elles sont plus violentes et entraînent plus de dégâts.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Avec la multiplication des événements climatiques extrêmes, les coûts des dégâts sont appelés à augmenter fortement, y compris pour les assureurs. Ceux-ci seraient même en train de « perdre la course » contre une nature déchaînée.

Les chiffres ne mentent pas : comme l'a mentionné Pierre Babinksy, directeur des communications et des affaires publiques au Bureau d'assurance du Canada (BAC), de passage à l'émission Le 15-18, sur les ondes d'ICI Première, voilà au moins cinq ans que les entreprises membres du regroupement versent en moyenne, chaque année, la somme de deux milliards de dollars à l'échelle nationale pour compenser des pertes liées à des catastrophes environnementales.

Les cinq années précédentes, ce montant dépassait déjà le milliard, toujours sur une base annuelle.

En 2021, les dommages aux biens assurés attribuables à ces phénomènes météo violents ont d'ailleurs atteint la somme de 2,1 milliards.

La tendance est à la hausse, observe M. Babinsky.

Les assureurs observent ces phénomènes-là depuis peut-être plus longtemps que d'autres, étant donné qu'ils paient des dommages liés aux événements météo de plus en plus extrêmes.

De fait, les réclamations liées aux catastrophes, tout comme l'ampleur des dégâts provoqués, sont en hausse depuis plusieurs années au pays.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il n'y a pas nécessairement plus d'événements météo, mais que ces événements sont plus extrêmes, poursuit M. Babinsky.

Les systèmes se déplacent beaucoup plus lentement au-dessus de certaines régions et déverseront donc beaucoup plus de pluie dans un même espace de temps, ce qui occasionne des dégâts. La même pluie à une vitesse plus rapide, dans le passé, n'aurait pas saturé les infrastructures publiques.

Et c'est sans compter les autres catastrophes qui peuvent entraîner des dégâts assurables : feux de forêt, tremblements de terre, tornades, etc.

Ainsi, le derecho qui a ravagé une bonne partie du sud de l'Ontario et de l'ouest du Québec en mai a provoqué des dégâts dépassant le milliard de dollars.

Plus de chaleur et plus de pluie

Qu'est-ce qui explique cette amplification de la fureur des éléments?

À l'émission Tout un matin, toujours sur ICI Première, Alain Bourque, le directeur général d'Ouranos, une organisation environnementale et climatique, a proposé une piste d'explication.

Selon lui, pour chaque augmentation de la température d'un degré Celsius, l'atmosphère peut entreposer environ 7 % de précipitations en plus. Cela augmente donc le risque de pluies plus fortes et qui dureront plus longtemps, avec des inondations plus importantes en fin de compte.

M. Bourque estime par ailleurs qu'il est possible d'affirmer que la multiplication et la hausse de la dangerosité des événements météo extrêmes, notamment les ouragans, sont imputables aux changements climatiques.

Le consensus scientifique actuel n'évoque toutefois qu'une augmentation de la force de ces événements climatiques catastrophiques.

Des assureurs à l'œuvre

Devant ce constat peu encourageant, Pierre Babinsky a souligné que, depuis déjà plusieurs années, le BAC collabore avec plusieurs ordres de gouvernement, notamment le fédéral, pour créer un programme national d'assurance contre les inondations.

Nos actions sont aussi accompagnées de demandes, auprès du gouvernement, pour augmenter les investissements dans les infrastructures qui vont permettre d'atténuer les risques, mais aussi, dans le cas où ce n'est pas possible, de sortir les gens se trouvant dans des zones à fort risque d'inondation pour les aider à se relocaliser, a-t-il ajouté.

Notre industrie est là pour s'adapter, a encore mentionné M. Babinsky.

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