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Cinq choses à surveiller le soir des élections provinciales

De gauche à droite : François Legault (Coalition avenir Québec), Dominique Anglade (Parti libéral du Québec), Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire), Paul St-Pierre Plamondon (Parti québécois), Éric Duhaime (Parti conservateur du Québec).

Les chefs de parti seront-ils en mesure d'atteindre leurs objectifs, le soir du scrutin?

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une course à cinq partis, de nouveaux chefs qui tentent de se frayer un chemin au Salon bleu, un premier ministre sortant qui vise un nouveau mandat majoritaire : la soirée du 3 octobre prochain s'annonce chargée. Pour mieux comprendre les luttes que se livreront les principales formations politiques, voici cinq choses à surveiller lors de la soirée électorale.

1. Paul St-Pierre Plamondon freinera-t-il la chute du Parti québécois?

Paul St-Pierre Plamondon en point de presse.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le Parti québécois (PQ) a connu sa pire défaite en 50 ans d'histoire aux dernières élections. Le soir du 1er octobre 2018, la formation a disparu de la carte électorale sur l'île de Montréal, ses circonscriptions étant ravies par Québec solidaire et la Coalition avenir Québec. Le parti n'ayant récolté que 17,06 % des voix, son chef Jean-François Lisée a annoncé son départ le soir même.

Au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale le 28 août dernier, le PQ n'avait même pas le statut de parti officiellement reconnu, avec seulement 7 sièges sur 125.

Arrivé à la tête des troupes péquistes en octobre 2020, Paul St-Pierre Plamondon s'est donné le défi de raviver la flamme souverainiste. Le PQ a pu bénéficier d'une remontée, selon les projections du site web Qc125, notamment grâce au style de M. St-Pierre Plamondon lors de ses passages au Face-à-face de TVA et au débat des chefs de Radio-Canada.

Le nouveau leader, qui tente de faire son entrée à l'Assemblée nationale, s'est retrouvé en fin de campagne avec un adversaire en moins dans la circonscription qu'il brigue. La candidate solidaire à laquelle il se mesurait dans Camille-Laurin (anciennement Bourget), dans l'est de Montréal, s'est retirée de la course après avoir été surprise en train de voler du matériel promotionnel du Parti québécois dans la boîte aux lettres d'un électeur.

En dehors de Montréal, la lutte s'annonce serrée dans Bonaventure et Marie-Victorin, anciennes circonscriptions péquistes où le parti est au coude-à-coude avec la Coalition avenir Québec (CAQ), selon les projections. Aux Îles-de-la-Madeleine, le péquiste Joël Arseneau brigue un second mandat après avoir remporté de justesse la circonscription en 2018, au terme d'un recomptage judiciaire qui a confirmé son avance par 15 voix.

Le parti de René Lévesque pourra-t-il décrocher plus de sept sièges lundi soir, ou Paul St-Pierre Plamondon sera-t-il entraîné à son tour dans la chute?

2. Québec solidaire préservera-t-il ses acquis en région?

Gabriel Nadeau-Dubois en gros plan devant un micro.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Québec solidaire (QS) a pu réaliser des percées historiques à l'extérieur de Montréal lors du dernier scrutin, particulièrement dans la région de Québec (Jean-Lesage, Taschereau). Le soir du 1er octobre 2018, le parti a récolté 16,10 % des suffrages, le meilleur résultat de sa jeune histoire.

Au moment de la dissolution du Salon bleu, QS formait la deuxième opposition officielle, avec 10 députés.

Pour cette campagne-ci, la formation n'a pas lésiné sur les efforts afin de conserver les acquis réalisés en 2018. La partie n'est pas gagnée d'avance, notamment dans Sherbrooke, où la solidaire Christine Labrie affronte la recrue caquiste Caroline St-Hilaire, ancienne mairesse de Longueuil et analyste politique.

Dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien tente aussi de conserver sa place. Le dossier de la Fonderie Horne, qui a rattrapé le premier ministre sortant, François Legault en fin de campagne, ne semble pas avoir miné les chances de la CAQ, selon les plus récentes projections de Qc125.

Récemment, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a modifié son itinéraire pour aller prêter main-forte au candidat Mathieu Perron-Dufour, encouragé par un élan favorable dans Hull. Les projections laissent présager une lutte à trois entre QS, la CAQ et le Parti libéral du Québec (PLQ).

Toujours selon les projections de vote de Qc125, Québec solidaire serait notamment en bonne posture dans les circonscriptions montréalaises de Verdun et de Maurice-Richard. Dans cette dernière, l'ancienne libérale Marie Montpetit, devenue indépendante après des allégations de harcèlement et d'intimidation, ne brigue pas de nouveau mandat.

3. Les libéraux seront-ils confinés à l'île de Montréal?

Dominique Anglade sourit.

Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Comme pour les péquistes, le soir du 1er octobre 2018 a été une rude épreuve pour les libéraux. Alors dirigé par Philippe Couillard, qui était le premier ministre sortant, le PLQ n'avait obtenu que 24,82 % des votes. Il s'agit de sa pire défaite en 150 ans d'histoire, ce qui a d'ailleurs provoqué le départ de Philippe Couillard dans les jours qui ont suivi.

Malgré tout, les libéraux sont parvenus à former l'opposition officielle. À la dissolution de l'Assemblée nationale, le PLQ comptait 27 sièges.

Dominique Anglade est arrivée à la tête des troupes en mai 2020, en pleine pandémie. C'est dans ce contexte hors du commun qu'elle s'est attelée à la reconstruction du parti. Entre la charte des régions et un virage vert, son leadership a recentré le PLQ en tirant un peu sur la gauche.

Mais cette nouvelle identité libérale n'a pas semblé convaincre les électeurs pendant la campagne. Et, un peu comme pendant la pandémie, où la CAQ était omniprésente dans l'espace public, la cheffe a semblé avoir de la difficulté à se faire voir et entendre, surtout auprès de l'électorat francophone. Bourde dans le cadre financier ou bonne performance au débat? Peu importe, l'aiguille des projections a paru demeurer immobile.

Le soir du 3 octobre, il faudra voir si le PLQ conservera ses circonscriptions à l'extérieur de l'île de Montréal, notamment en Outaouais et à Laval, ou s'il se retrouvera confiné presque exclusivement à l'ouest de la métropole. Même dans sa propre circonscription, Saint-Henri–Sainte-Anne, rien n'est sûr pour Mme Anglade : QS et la CAQ la talonnent, selon les projections.

4. Éric Duhaime fera-t-il entrer les conservateurs au Salon bleu?

Éric Duhaime répond aux questions des journalistes.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour sa première campagne électorale à titre de chef conservateur, Éric Duhaime a pour objectif de faire son entrée à l'Assemblée nationale. La première et unique députée du Parti conservateur du Québec (PCQ) qui siégeait au Salon bleu lors du déclenchement des élections, l'ancienne caquiste Claire Samson, a choisi de ne pas se représenter.

Les plus récentes projections de Qc125 indiquent que la lutte est serrée entre le PCQ et la CAQ dans Chauveau, circonscription où se présente M. Duhaime. Des batailles similaires sont à prévoir dans les circonscriptions de Beauce-Nord et de Beauce-Sud, qui se trouvent également dans la région de Québec.

De manière générale, la formation conservatrice a eu le vent en poupe tout au long de la campagne, selon les projections. Une première pour le PCQ lors d'élections générales.

Éric Duhaime, qui a rappelé à maintes reprises le chemin parcouru par sa formation depuis 2018, espère donc que cette nouvelle popularité se traduira par des sièges à l'Assemblée nationale pour faire entrer « la grogne » au Parlement.

5. François Legault obtiendra-t-il le « mandat fort » qu'il souhaitait?

François Legault en point de presse.

Français Legault, chef de la Coalition avenir Québec.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Au moment de dresser son bilan de fin de session parlementaire, le premier ministre sortant, François Legault, a dit viser un « mandat fort » – sans toutefois avancer un objectif de sièges précis.

Pour être de nouveau majoritaire à l'Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec devra faire élire au moins 63 députés le 3 octobre prochain. Au déclenchement des élections, le parti de François Legault occupait 76 des 125 sièges du Salon bleu.

Avec le Parti conservateur du Québec en lice, la CAQ doit composer cette fois-ci avec un adversaire supplémentaire, qui menace de lui ravir des sièges dans la région de Québec. Si les appuis au gouvernement sortant se sont effrités depuis le début de la campagne, les projections placent tout de même la formation en tête de peloton.

En 2018, la CAQ avait réussi à augmenter ses appuis d'un bout à l'autre de la province, en faisant notamment des gains dans les régions de l'Outaouais, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Dans la couronne nord de Montréal et à Québec, la CAQ avait pu arracher plusieurs sièges au PLQ et au PQ.

La formation ne détient toutefois que deux circonscriptions sur l'île de Montréal, et le chef avait admis, avant le déclenchement des élections, souhaiter y faire des gains. La circonscription d'Anjou–Louis-Riel semble notamment à sa portée, de même que Maurice-Richard et Verdun. Les luttes y sont toutefois très serrées.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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