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Les propos de Jean Boulet sur l’immigration dénoncés à Ottawa

Yves-François Blanchet parle au micro.

Yves-François Blanchet a jugé « gratuits » les propos de Jean Boulet sur l'immigration.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

« Gratuits », « stupéfiants », « regrettables »... les propos du ministre sortant de l'Immigration du Québec, Jean Boulet, se sont frayés un chemin par-delà la rivière des Outaouais, jusqu'aux abords de la Chambre des communes, à Ottawa.

Les partis fédéraux ont été appelés à réagir aux propos de M. Boulet, selon lesquels 80 % des immigrants s'en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise. Des affirmations qui, faut-il le rappeler, ne passent pas l'épreuve des faits, pour lesquels s'est excusé le candidat caquiste.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dont le parti milite pour une gestion plus serrée de l'immigration et une meilleure francisation des nouveaux arrivants, s'est dit stupéfait par les affirmations du candidat caquiste. Il a lui aussi estimé, à l'image de François Legault, que Jean Boulet ne pouvait prétendre à reprendre les rênes de son ministère.

Il a sorti un chiffre qui paraissait tout à fait gratuit, ce qui est complètement contraire à une certaine noblesse qui vient avec la fonction qu'il occupait. Je comprends que le premier ministre [sortant] ait dit qu'il se disqualifiait pour la tâche, a affirmé Yves-François Blanchet au sortir de la période de questions aux Communes.

Or, M. Blanchet a dit comprendre certaines inquiétudes par rapport à la concentration de la population immigrante dans la région de Montréal, par rapport aux enjeux de trouver un emploi et de s'intégrer économiquement, aux enjeux de s'intégrer au niveau linguistique.

On est bien conscient que la concentration de l'immigration dans la région de Montréal ne favorise pas la francisation et ne favorise pas l'exposition à un tronc commun de valeurs québécoises. On n'a pas inventé l'interculturalisme aujourd'hui, a-t-il ajouté, tenant tout de même à prendre ses distances avec les propos de M. Boulet. La stigmatisation par un chiffre maladroit et inexact, c'est une grave erreur du ministre, a-t-il conclu.

L'immigration est une richesse

La députée libérale de la circonscription montréalaise d'Outremont, Rachel Bendayan, s'est montrée moins tranchante que le chef bloquiste. Elle a néanmoins jugé regrettables les déclarations du ministre sortant de l'Immigration.

Rachel Bendayan regarde vers la gauche.

La libérale Rachel Bendayan espère que ces propos ne serviront pas à « diviser » les Québécois.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Ce n'est certainement pas mon expérience, en tout cas certainement pas dans ma communauté, a ajoutée la députée, elle-même d'origine marocaine. Ce que je n'aime pas, a-t-elle dit, c'est le fait de diviser les Québécois. J'espère que ce n'était pas l'intention.

« On sait tous qu'au Canada et au Québec, l'immigration est une richesse. Les immigrants nous apportent énormément, et surtout alors qu'on vit une pénurie de main-d'œuvre. »

— Une citation de  Rachel Bendayan, députée libérale d'Outremont

Si ce n'est certainement pas quelque chose qu'[elle] aurait dit, elle s'est gardée de se prononcer sur le sort à réserver au député sortant s'il est réélu dans le caucus de la CAQ, ne souhaitant pas s'insérer dans la juridiction provinciale.

Son collègue David Lametti, lui aussi élu à Montréal, a tenu à se porter à la défense de la population immigrante du pays.

Je suis québécois. Je suis le fils des immigrants, a-t-il dit. Les immigrants arrivent au Canada pour améliorer leurs vies, et la vie de leurs enfants. Ils travaillent fort, et ils font des sacrifices pour que leurs enfants puissent avoir des opportunités qu'ils n'ont pas eues.

C'était le cas de mes parents, et c'est le cas d'une bonne partie des immigrants, a-t-il ajouté.

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