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Campagne électorale : s’impliquer pour faire avancer les choses

Des pancartes électorales ont été installées côte à côte à Chicoutimi.

Les bénévoles travaillent dans l'ombre, mais leur travail est d'une grande utilité.

Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon

Derrière les candidats engagés dans la course aux élections du 3 octobre fourmille une armée de bénévoles qui offrent leur temps pour la cause. Ces travailleurs évoluent dans l'ombre, mais ils sont essentiels au bon fonctionnement d'une campagne. Portrait de cinq de ces bénévoles engagés.

Karina Palmorino – Parti libéral du Québec (PLQ)

Une femme sourit.

Karina Palmorino, bénévole pour le PLQ

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Laisser tomber un voyage de rêve au Yukon pour s’impliquer dans la campagne électorale peut sembler être un choix discutable, voire insensé, mais pas pour Karina Palmorino, codirectrice de la campagne du candidat libéral dans Sherbrooke.

Cette mordue de politique, ancienne adjointe de circonscription de l’ex-députée Lyne Bessette, devait passer un mois dans le nord-ouest du pays et revenir pour les deux dernières semaines de campagne. Arrivée à destination, elle a toutefois décidé de rebrousser chemin. Après avoir assisté à une réunion virtuelle, elle a estimé qu’elle serait plus utile à Sherbrooke. Je voyais qu’on avait besoin de mon aide. Je suis arrivée en fin d'après-midi au Yukon. J'ai soupé et dormi là, et le lendemain, je suis revenue.

« J'ai fait 13 000 kilomètres en 12 jours. J'ai vraiment fait l’aller-retour. »

— Une citation de  Karina Palmorino, bénévole libérale

Au lieu de descendre des rivières majestueuses à bord de son kayak, elle s'astreint à organiser l’agenda du candidat et à préparer ses communications. Elle le suit dans ses nombreuses activités et travaille avec les bénévoles sur le terrain et les diverses instances du parti. Ses journées de travail commencent à 6 h et se terminent autour de 22 h. Tout ça bénévolement, mais dans le plaisir, précise-t-elle.

Ricaneuse et énergique, cette libérale depuis toujours a pris du galon au fil de la campagne. Si au début elle ne faisait que du porte-à-porte, on lui a confié de plus en plus de responsabilités, jusqu’à ce que l’équipe lui offre la codirection de la campagne. À la fête du Travail, j'ai demandé mon congé à mon employeur, qui m'a soutenue, pour pouvoir vraiment me concentrer à 100 % sur la campagne.

Karina ne regrette en rien l’aller-retour qu’elle a fait pour vivre cette expérience politique. Elle a par ailleurs l'intention de retourner dans l'ouest l’été prochain pour vivre le voyage qu’elle a interrompu. Le Yukon sera toujours là. Une campagne électorale, c’est une fois tous les quatre ans.

François Choinière – Parti conservateur du Québec (PCQ)

Un homme sourit.

François Choinière, bénévole pour le PCQ

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Sept cent quatre-vingts. C’est le nombre de pancartes que François Choinière et sa petite équipe de bénévoles ont installées aux quatre coins de la ville de Sherbrooke depuis le début de la campagne. Une tâche titanesque, qu’il a accomplie fièrement pour le PCQ. Je n’avais jamais posé de pancartes. On a appris sur le tas, raconte-t-il. Au début, il passe une trentaine d’heures par semaine à fixer les affiches arborant le visage de la candidate Zoée St-Amand ou du chef Éric Duhaime. Il faut aussi remplacer celles qui ont été vandalisées. On a appris à bien les poser. On a pu voir qui étaient les meilleurs poseurs de pancartes. On jugeait nos adversaires, lance-t-il avec humour.

François Choinière est un propriétaire immobilier de 62 ans. Il a décidé de donner de son temps et de s’impliquer pour la première fois de sa vie au sein d’un parti politique. Il dit s'être senti écorché pendant toute la période de la pandémie de COVID-19. Toutes les fois qu'on voulait donner notre opinion par rapport à la COVID et à la vaccination, on nous traitait de complotistes. C’est comme si la liberté d’expression était dangereuse pour la démocratie aujourd’hui.

« J’ai rencontré des gens fort intéressants. Ça m’a permis de participer à la vie politique active. J’ai adoré mon expérience. »

— Une citation de  François Choinière, bénévole conservateur

Au lieu de jouer au gérant d’estrade, il a décidé que le temps était venu pour lui de sauter dans l’arène pour débattre et faire valoir ses idées. Il fait du porte-à-porte, s’implique au sein de comités politiques et représente à l’occasion la candidate Zoée St-Amand lors de rencontres. Il échange avec des gens de tous les âges et d’horizons différents. Les gens de notre parti sont très militants. Ils représentent un large éventail de la société.

François Choinière compte bien s’impliquer jusqu’à la fin. Le jour du vote, le 3 octobre, il offrira du transport pour les électeurs conservateurs qui veulent aller voter. Il passera la soirée dans un bar du centre-ville de Sherbrooke pour suivre la soirée électorale avec les militants du parti. Le lendemain, il reprendra son rôle dans le comité des pancartes, mais cette fois-ci, pour les retirer.

Alain Généreux – Coalition avenir Québec (CAQ)

Un homme sourit.

Alain Généreux, bénévole pour la CAQ

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Alain Généreux, bénévole pour la CAQ, fait une pause pour parler à Radio-Canada en visioconférence alors qu’il est en train de faire du porte-à-porte dans un quartier résidentiel de Sherbrooke. Le dynamique père de famille granbyen de 49 ans semble totalement investi dans la mission pour laquelle il s’est engagé, c'est-à-dire mobiliser toutes les ressources nécessaires afin de faire élire la candidate vedette Caroline St-Hilaire. À l’emploi de François Bonnardel depuis quatre ans, il a voulu mettre son expérience à profit pour aider l’ancienne mairesse de Longueuil à se faire élire.

« J'ai décidé de venir à Sherbrooke parce que je voulais vivre quelque chose de différent. Je savais qu’on avait un gros défi à relever. »

— Une citation de  Alain Généreux, bénévole caquiste

Entrepreneur de carrière dans le commerce de détail, Alain Généreux s’est impliqué pour la première fois dans une campagne électorale en 2007. François Bonnardel, alors candidat pour la défunte Action démocratique du Québec (ADQ), l’a invité à l’accompagner sur le terrain. J'aime la politique depuis toujours. De fil en aiguille, j'ai commencé à m’impliquer. À un point tel qu’il a été conseiller politique auprès de ce même François Bonnardel, devenu ministre des Transports. C'était la première fois de ma vie que j'avais un emploi au sein de la fonction publique. Je me considère encore aujourd'hui comme un entrepreneur.

À l’écouter parler, on constate en effet qu’il n’a rien perdu du langage propre à l’homme d’affaires qui a un produit à vendre. Mon travail, c'est d'améliorer le service à la clientèle et de rapprocher le citoyen de la politique.

Alain Généreux ne compte pas ses heures, même s’il s’implique gracieusement dans la course. Ses journées sont ponctuées de rencontres avec les électeurs, les bénévoles et la candidate. Il s’assure aussi de préparer le jour du scrutin et de bien assigner les dizaines de militants disponibles pour mobiliser l'électorat. Il y a vraiment une stratégie derrière ça pour s'assurer qu'on soit le plus efficace possible. On ne peut pas improviser le matin du 3 octobre.

Gilles Millette – Parti québécois (PQ)

Un homme sourit.

Gilles Millette, bénévole pour le PQ

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Gilles Millette est toujours solidement accroché au navire du Parti québécois, qui a connu son lot de tempêtes et de secousses au cours des 50 dernières années. Militant de la première heure, il demeure fidèle au parti que de nombreux militants ont déserté au fil des ans.

« J'ai toujours cru à la souveraineté du Québec et je continue d'y croire. Je pense que c'est la seule façon pour l'entité francophone d'Amérique de pouvoir survivre sur les plans linguistique, culturel et économique. »

— Une citation de  Gilles Millette, bénévole péquiste

Il est assis à son bureau devant une immense bibliothèque, et on peut voir derrière lui des ouvrages de Jacques Parizeau et de Bernard Landry, d'anciens chefs du parti.

Gilles Millette, qui a enseigné la sociologie au Cégep de Sherbrooke durant toute sa carrière, est à la retraite depuis sept ans. Il dispose donc de tout le temps voulu pour partager son expérience et son savoir avec la candidate dans Saint-François, Sylvie Tanguay. Il consacre cinq ou six heures par jour à la campagne. Il rencontre les électeurs, fait du pointage et pose même des pancartes.

Le bénévole sait très bien que le Parti québécois ne formera pas le prochain gouvernement, mais se réjouit de voir que la formation dirigée par Paul St-Pierre Plamondon fait des progrès. Il est d’ailleurs heureux de constater que le parti a su se renouveler et que de nombreux jeunes croient au bien-fondé de l’option souverainiste proposée par le PQ.

Le parti n’a plus les moyens financiers qu’il avait. Les candidats dans Sherbrooke et dans Saint-François n’ont pas loué de local pour y installer leurs équipes. Les rencontres ont lieu à domicile. Qu’à cela ne tienne, la cohésion des troupes n’est pas altérée, constate Gilles Millette.

Comme les bénévoles des autres partis, il se prépare au jour du scrutin. Encore là, l’expérience du militant de 71 ans sera mise à profit. Je ne sais pas si je dois divulguer la chose, mais je serai présent dans un bureau de vote comme représentant pour voir s’il n’y a pas d’irrégularités. Il y a certains bureaux de vote où ça peut être un peu plus chaud, se contente-t-il de dire, toujours avec ce petit sourire dans la voix.

Sophie Doyon – Québec solidaire (QS)

Une femme sourit.

Sophie Doyon, bénévole pour QS

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Sophie Doyon s’implique pour la première fois dans une campagne électorale. Dans son cas, c’est la personnalité de la candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke qui lui a donné le goût de s’investir.

« Son énergie, son éloquence, sa vivacité. Je trouve qu'elle est vraiment passionnante, alors j'ai voulu m'engager à fond. »

— Une citation de  Sophie Doyon, bénévole solidaire

Elle consacre trois ou quatre heures par semaine au parti. Son rôle : appeler les électeurs pour tenter de déterminer qui votera Québec solidaire. Même s’il arrive que des gens lui raccrochent au nez, ils sont généralement courtois, explique-t-elle. Nombreux, toutefois, sont ceux qui refusent de dévoiler leur allégeance. En général, les gens veulent garder ça secret.

La militante de 56 ans affirme ressentir une certaine effervescence quant au projet politique de QS, comme à la belle époque du PQ, dit-elle. Elle se réjouit de voir que ses deux filles prennent goût à l’engagement politique et qu’elles manifestent à leur tour le désir de s’engager. En s’impliquant, en s’informant davantage sur les partis et ce qu’ils nous offrent, je pense qu’en tant que citoyennes, on a un poids qu’on ne s’imagine pas.

Sophie Doyon affirme que plus le jour du vote approche, plus elle vit un petit stress. Elle reprendra sa tâche de téléphoniste pour s’assurer que les sympathisants de QS aillent voter. Elle souhaite d’ailleurs être présente toute la journée au local du parti pour suivre le déroulement des élections et vivre le moment entouré des militants.

J’envisage cette journée avec beaucoup d'espoir pour la jeunesse et pour le Québec. J’ai hâte de voir ce qui va advenir.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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