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Le climat de travail dénoncé par le syndicat à la Maison d’accueil pour sans-abri

La façade de la bâtisse.

La maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Johanie Bilodeau

Radio-Canada

D’après des employés et des usagers, le climat de travail se détériorerait de jour en jour à la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi, alors que les gestes d'agressivité envers les intervenants augmentent ainsi que le vandalisme autour du bâtiment.

Selon le syndicat, il y a un manque de personnel formé et il y a une difficulté à retenir les piliers de l'organisation.

On a de la misère à les garder avec nous. C'est désorganisé, la Maison est dans un état assez lamentable. Les intervenants qui sont là depuis longtemps, ils sont fatigués aussi. On espère réussir à... En fait, il faudrait que ça aille mieux bientôt, a déploré Andréanne Girard, présidente du syndicat de la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

Le syndicat affilié à la Centrale des syndicats nationaux (CSN) est en place depuis février dernier.

On fait avec! On n'a pas le choix, les gars ont faim. Ils ont besoin d'intervention, les intervenants, ils font ce qu'ils ont à faire, du mieux qu'ils peuvent. Du monde, il n’y en a pas là, comme partout ailleurs, a ajouté Johanne Bénard, une employée qui tient les rênes de la cuisine de la Maison d'accueil depuis 13 ans.

Si elle ne se plaint pas de ses propres conditions de travail, elle constate cette intensification de la violence et aussi l'apparition de nouvelles problématiques.

La COVID a amené ça. Avant, c'était un fonctionnement qui était différent et maintenant c'est dur d'amener les choses comme elles étaient avant. Ça crée des frictions, il y a beaucoup plus d'itinérants, avec la gent féminine, qu'on n'avait pas avant. Donc, ça amène des situations qui ne sont pas toujours très chics, a enchaîné Mme Bénard.

Plus d'itinérance

Alors que l'itinérance est en hausse depuis deux ans dans le centre-ville de Chicoutimi, les services, eux, seraient en constante baisse. Plusieurs personnes en situation d'itinérance remarquent également la difficulté à obtenir de l'aide.

On s'entend que deux personnes sur place pour gérer une trentaine de personnes, tu ne peux pas faire un suivi personnalisé avec chaque individu. Ça ne laisse pas de place à des interventions sociales. Il y a beaucoup de personnes malheureusement qui passent entre les mailles du filet et qui n'ont pas accès aux services. Je pense aux femmes. Les femmes n'ont pas de ressources pour elles, a relaté l’usager Érick Tremblay Dionne.

Une nouvelle direction

Le syndicat des travailleurs de la Maison d'accueil interpelle depuis des semaines les membres de la nouvelle direction pour redresser la situation, mais en vain. L’ancien directeur général, Michel St-Gelais, a quitté son poste à la fin du mois de juin pour se joindre à la Fédération régionale des organismes sans but lucratif d'habitation (FROH). Il a été remplacé par André Houle, qui est là par intérim.

On a une personne qui vient d'arriver dans un nouvel environnement, on veut lui laisser le temps de s'adapter aussi. On est là nous, on est disponibles pour communiquer avec lui et avec le CA aussi. On veut les aider à nous aider, mais en ce moment, on est tout seul de notre côté, a indiqué Andréanne Girard, qui en plus de sa fonction syndicale occupe un poste d’intervenante.

Au moins un poste est censé être affiché selon le syndicat, mais pour le moment la direction fait appel à du personnel indépendant. Toujours d’après le regroupement de travailleurs, ces employés non syndiqués ne seraient pas toujours qualifiés.

Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires de la part d’André Houle et du président du conseil d’administration, Marc Brassard.

Rappelons que la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi doit déménager dans l'ancien couvent des Servantes du Très-Saint-Sacrement à Chicoutimi. Les travaux doivent d’ailleurs débuter en octobre.

D'après un reportage de Flavie Villeneuve

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