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Rouyn-Noranda ne se compare pas aux villes mono-industrielles, selon l’INSPQ

Les impacts de la fermeture d'une industrie lourde ne sont pas les mêmes dans une ville mono-industrielle que dans une ville à l'économie diversifiée, mentionne l'étude.

Un large complexe industriel comprenant est situé tout près de maisons résidentielles.

La Fonderie Horne de Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Scénario hypothétique maintes fois abordé ces derniers mois, l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) a effectué une recension des analyses et écrits scientifiques reliés à une possible fermeture de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda.

Cette analyse a été conclue en juillet dernier et a été rendue disponible le 19 septembre dernier par le ministère de l’Environnement, dans le cadre de la consultation sur le projet de renouvellement de l’autorisation ministérielle de Glencore pour la Fonderie Horne.

Ce document intitulé Dimensions sociales et psychologiques associées à l’arrêt des opérations d’une entreprise majeure, a été rédigé dans un court laps de temps afin de répondre à un enjeu d'actualité, peut-on lire en avant-propos, à la demande du directeur national de santé publique et de la direction régionale de l’Abitibi-Témiscamingue.

Par courriel, l’INSPQ précise qu'il « a été produit pour répondre à une question des autorités de santé publique sur les impacts potentiels (autres qu’économiques) associés à un arrêt subit et prolongé des opérations de la Fonderie Horne ». L’objectif consistait également à déterminer quels pourraient être les effets de ce scénario sur « la santé psychologique et sociale de la population ».

Ce rapport se limite toutefois à une présentation de facteurs qui modulent ce type d’impacts et vise à situer Rouyn-Noranda par rapport à ces facteurs.

Des passifs industriels comme stigmates

Des vestiges physiques peuvent également demeurer sur les sites industriels lors de la fermeture, tels que des bâtiments, des haldes à stériles et des fosses ennoyées, ce qui peut nourrir un sentiment de tristesse et d’amertume chez certains individus, est-il mentionné dans l’étude de l’INSPQ.

La fermeture de la centrale nucléaire Gentilly, où la cessation des activités s’est répercutée sur de nombreux fournisseurs régionaux, est notamment abordée. On y précise que lorsque ce type de fermeture survient, il importe de mettre en place une nouvelle base économique dans la communauté concernée.

Ces impacts sont d’autant plus importants lorsque les entreprises qui cessent leurs activités se trouvent dans des milieux isolés, ce qui se traduit alors par des effets ressentis dans les municipalités avoisinantes.

La ville de Rouyn-Noranda avec les cheminées de la Fonderie Horne en arrière-plan

L'économie de la ville de Rouyn-Noranda est plus diversifiée que ne l'était celle de Murdochville, note l'INSPQ. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La ville de Murdochville, où 1171 habitants avaient perdu leurs emplois en avril 2002 est aussi mentionnée. Cette municipalité de la région de la Gaspésie comptait moins de diversification économique que Rouyn-Noranda. Incidemment, toute fermeture qui survient dans un contexte mono-industriel a davantage d’impacts.

De par sa taille et sa diversité économique, la ville de Rouyn-Noranda ne s’inscrit pas dans la logique de ce phénomène, écrit l’INSPQ, suggérant que Rouyn-Noranda pourrait-être plus résiliente que d’autres municipalités issues du boomtown.

Cela dit, le poids économique de l’entreprise pourrait aussi être un facteur non négligeable, d’où l’impératif de planifier la fermeture des industries dans une perspective globale, en se munissant des ressources financières, humaines et législatives nécessaires.

Des coûts importants non chiffrés

La restauration environnementale du site apparaît également comme étant un enjeu important, insiste le rapport, qui précise également qu’un éventuel démantèlement et une décontamination des lieux seraient nécessaires pour éviter certains impacts sociaux et psychologiques négatifs.

La note rédigée par l’INSPQ ne fait que pointer ces impacts probables et ne permet pas de déterminer les coûts réels anticipés, qu’ils s’agissent des frais éventuels de décontamination ou de transformation des installations.

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