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Le milieu de la construction mécontent d’une décision de la Ville de Gatineau

Le pont, quelques édifices du centre-ville et des arbres au couleurs d'automne en arrière plan.

Le pont Alexandra et le centre-ville de Gatineau vu de la rive ontarienne (archives)

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

La Chambre de commerce de Gatineau (CCG) et deux associations de la construction demandent à Gatineau d'accélérer la révision du programme particulier d'urbanisme du centre-ville.

Cette requête découle du rejet d’un projet de construction multilogements à Gatineau, une décision qui passe mal dans le milieu de la construction.

Après la mairesse de Gatineau, c'est maintenant au tour de la CCG, l’Association de la construction du Québec de la région Outaouais-Abitibi-Nord-Ouest (ACQ) et l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec de la région Outaouais-Abitibi-Témiscamingue (APCHQ) de s’unir pour dénoncer le rejet par le conseil municipal d’un projet de construction résidentielle destiné aux personnes âgées.

Par un vote serré, le conseil municipal de Gatineau s’est prononcé contre la construction d’un immeuble de 34 logements sur la rue Champlain, dans le secteur de Hull. Une partie des logements auraient été destinés aux gens à faible revenu.

Une majorité d’élus s’y étaient opposés, en alléguant que ce projet était contraire au PPU adopté pour ce quartier.

Le parti Action Gatineau critiqué sévèrement

Le milieu de la construction attaque les élus qui ont rejeté le projet résidentiel.

Stéphane Bisson, le président de la CCG, estime faire face à une opposition systématique de la part d'Action Gatineau et un manque de vision de la part de notre président de la commission de développement économique.

Nicolas Brisson, le directeur général de l'APCHQ-OAT, en ajoute : Sous prétexte qu’un projet ne peut pas déroger à un PPU, il y a 10 conseillers municipaux qui ont bloqué un excellent projet de construction de logements abordables au centre-ville.

Un homme souriant devant la caméro

Nicolas Brisson, directeur des affaires publiques de l’APCHQ de la région de l’Outaouais et Nord-Ouest.(Archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Le promoteur avait fait ses devoirs, selon lui. Il rappelle que ce projet avait pourtant obtenu l’appui de 135 citoyens du quartier, et que personne n'avait officiellement manifesté son opposition. Les grands perdants dans cette histoire, ce sont les personnes âgées autonomes, qui auraient pu habiter l’un des (...) logements abordables, insiste-t-il.

« En pleine crise du logement, quand un bon projet ne passe pas parce qu’il y a un PPU périmé, on ne bloque pas le projet, on déroge au PPU. »

— Une citation de  Nicolas Brisson, directeur général de l’APCHQ-OAT

On n'est pas là pour signer un chèque en blanc

Steve Moran rejette vigoureusement les accusations du milieu de la construction. Le conseiller de Hull-Wright et membre d'Action Gatineau constate que leurs détracteurs sont peut-être inquiets. On regarde les projets selon le mérite. C’est ce qu’on a fait et c'est ce qu'on va continuer à faire, réplique-t-il.

L'élu se demande pourquoi monsieur Brisson, qui semble m'accuser de tous les maux, ne vient pas me voir pour dialoguer, tout simplement. M. Moran affirme que sa porte est toujours ouverte. On n'est pas là pour signer un chèque en blanc.

Il est d'accord qu'il est nécessaire de revoir le programme particulier d'urbanisme pour le centre-ville. Il est toutefois essentiel, selon lui, d'écouter tout le monde : citoyens, promoteurs, et milieu des affaires.

« Ça prend un travail de fond, une consultation profonde, et ce ne sera pas juste l’industrie de la construction qui va décider de la vision qu’on va se donner à Gatineau. »

— Une citation de  Steve Moran, conseiller de Hull-Wright à Gatineau

Je tends la main aux promoteurs

Le conseiller indépendant de Buckingham, Edmond Leclerc, est l’un de ceux qui a rejeté le projet de construction multilogements. Il explique que lorsqu'on est un élu, puis qu'on fait un constat, puis qu'on réalise que le projet, dans la forme qu'il est présenté, ne cadre pas dans la vision à long terme que l'on veut donner à la ville, on ne peut pas s'empêcher d'émettre des craintes, et de voter en conséquence.

Un homme qui regarde la caméra

Edmond Leclerc, conseiller municipal du district de Buckingham (archives)

Photo : Radio-Canada

« Lorsqu'on a le souci du développement d’une ville, il faut prendre des décisions difficiles comme celle-là. »

— Une citation de  Edmond Leclerc, conseiller indépendant de Buckingham

L'élu lance un appel au dialogue avec les promoteurs et les élus, et leur tend la main. Il se dit tout aussi ouvert à accélérer la réflexion pour préparer un nouveau PPU pour le centre-ville.

Un plan d’urbanisme dépassé

La CCG et les deux associations de construction déclarent aussi que le PPU de la Ville de Gatineau, adopté en 2009, n’est plus du tout à jour. Stéphane Bisson insiste sur sa désuétude et affirme que le marché immobilier de 2009 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui.

Le taux d’inoccupation était de 2,9 % il y a 15 ans, alors qu’il est moins de 1 % aujourd’hui, ajoute-t-il. En 2009, on ne parlait pas de télétravail ni d’un nouvel hôpital au centre-ville.

Stéphane Bisson en pleine entrevue à Radio-Canada sur le bord de la rue.

Stéphane Bisson est l’un de ceux qui sont fort déçus de la décision du conseil municipal de Gatineau de bloquer un projet de construction résidentielle dans le centre-ville (archives).

Photo : Radio-Canada

« On doit augmenter le nombre de logements disponibles pour rééquilibrer le marché immobilier et l’une des solutions passe par la densification du centre-ville. »

— Une citation de  Stéphane Bisson président de la Chambre de commerce de Gatineau

La CCG et le milieu de la construction évoquent l’urgence climatique pour démontrer la nécessité de bouger rapidement dans ce dossier.

Il faut, disent-ils, offrir plus de logements abordables et familiaux au centre-ville, ce qui va ralentir l’étalement urbain et contribuer à réduire les émissions de gaz à effets de serre. Ils ajoutent que pour attirer des services dans le centre-ville, comme une épicerie, il faut absolument densifier le quartier.

Le conseil municipal doit lancer un processus pour un nouveau PPU, poursuivent-ils.

Pour les associations de construction et la Chambre de commerce, les consultations doivent débuter rapidement afin qu'un nouveau programme particulier d'urbanisme, réellement adapté au centre-ville, entre en vigueur en 2025.

La mairesse de Gatineau croit aussi que le processus de révision du PPU 2009-2025 pourrait être entrepris plus rapidement. France Bélisle s’engage à en discuter avec le conseil municipal et l’administration de la Ville.

Avec les information de Rémi Authier et Ismael Sy

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