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Le dg d’un organisme d’aide aux immigrants choqué et surpris des propos de Jean Boulet

Le dépliant devant des participants qui écoutent une conférence au centre de congrès de Trois-Rivières.

Le 2e forum sur la régionalisation de l'immigration au Québec se tient à Trois-Rivières jeudi et vendredi. Plus de 300 personnes y participent, selon les organisateurs

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Les propos de Jean Boulet, qui a affirmé que « 80 % des immigrants s'en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise », ont choqué et déçu le directeur général de Promis, un organisme d'aide pour les immigrants et les réfugiés basé à Montréal. Alors que son député sortant nage en pleine controverse, Trois-Rivières accueille aujourd'hui et demain le deuxième forum sur la régionalisation de l'immigration au Québec.

J'ai trouvé ça surprenant. Je suis profondément déçu. Pour l'avoir entendu dans d'autres circonstances, je croyais que le ministre avait bien saisi les enjeux de l'immigration et le cadre dans lequel on travaille pour bien accueillir les personnes immigrantes et contribuer à leur développement. J'ai trouvé les propos complètement à côté de ce qui était discuté. C'est inacceptable que ce soit prononcé par un ministre. C'était assez catégorique ce qui a été avancé et ce n'est pas du tout la réalité que vivent les immigrants qui arrivent au Québec. La très grande majorité vient pour travailler et travaille. Ils s'intègrent à Montréal ou ailleurs au Québec et de plus en plus, on parle français, déplore Delfino Campanile, qui est de passage à Trois-Rivières pour le forum.

Selon lui, les propos de M. Boulet viennent porter préjudice aux immigrants et renforcent la mauvaise perception qu'ont certains face à l'arrivée d'immigrants au Québec.

Ça ajoute des éléments négatifs au discours qui peuvent être préjudiciables à la perception des personnes immigrantes quand elles viennent au Québec. Le discours d'un ministre ou toute personne politique, on aurait aimé qu'il soit beaucoup plus clair et qu'il soit en soutient aux démarches qui sont déjà dans les politiques de la province. Monsieur Boulet a lui-même mené le ministère qui en est responsable. On trouve ça surprenant qu'il épouse certains propos de ce genre, a-t-il ajouté, spécifiant au passage que, dans ce contexte, le premier ministre Legault a pris la bonne décision en confirmant que Jean Boulet, advenant une réélection, ne sera plus ministre de l'Immigration.

Jean Boulet, un ministre de l'Immigration intéressant

Jean Boulet n'est pas présent à ce congrès où prendront la parole des intervenants des secteurs communautaire, privé, institutionnel et municipal. L'organisation, qui souhaitait tenir un évènement apolitique, a choisi de ne pas l'inviter. C'était avant qu'éclate cette controverse.

Cela n'a rien de personnel. Delfino Campanile estime que le député de Trois-Rivières a fait de l'excellent travail au sein du ministère.

« M. Boulet a été un ministre intéressant et c'est pour ça que ses propos dans le contexte du débat ont été très surprenants. Mis à part cela, dans le contexte des travaux et la façon dont il travaillait avec les partenaires, on avait l'impression d'avancer dans la bonne direction sur la façon de mieux accueillir les immigrants et leur offrir du soutien. »

— Une citation de  Delfino Campanile, directeur général de Promis

Ce deuxième forum national permettra d'échanger sur les façons de faire permettant d'attirer la main-d'œuvre en région. Selon lui, de nombreux immigrants qui habitent Montréal sont ouverts à déménager en région si une bonne occasion se présente à eux.

Jean Boulet a décliné notre demande d'entrevue télévisée.

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