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Nouvelles mesures de sécurité pour les députés fédéraux dans leur circonscription

Le Service de protection parlementaire (SSP) prend des mesures sans précédent afin de mieux protéger les élus dans leur circonscription.

Des agents armés debout près d'un véhicule du Service de protection parlementaire.

Le Service de protection parlementaire sera plus présent pour assurer la sécurité des élus, à Ottawa comme ailleurs.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Devant des menaces de plus en plus nombreuses envers les élus, le SPP est forcé de prendre des nouvelles mesures.

Un bureau de circonscription endommagé par un cocktail Molotov. Un député qui cesse de se promener à vélo parce qu’on l’a menacé de le suivre en voiture et qu’un accident est si vite arrivé. Des menaces de mort envers un politicien et envers les policiers qui répondent à l’appel.

Les élus se sentent de plus en plus ciblés dans leur circonscription, et le SPP a été appelé en renfort.

Des documents obtenus par Radio-Canada démontrent que le Service compte s’impliquer davantage dans la protection des élus, même quand ils ne sont pas aux abords du parlement.

C’est exceptionnel, remarque le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, que la Chambre des communes en soit rendue à se préoccuper de la sécurité des députés sur la place publique.

Le SPP est normalement responsable de la sécurité dans la Cité parlementaire, qui englobe le quartier d’Ottawa autour du parlement et qui abrite bon nombre d’édifices gouvernementaux.

La juridiction du SPP exclut expressément les bureaux de circonscription des députés, selon la loi de 2015 qui a mené à la création de ce service.

Une mesure sans précédent

À la suite de l'occupation du centre-ville d'Ottawa cet hiver par les manifestants du « convoi de la liberté », de nombreux députés ont émis des craintes à tenir des activités publiques dans leur circonscription, comme des soupers-spaghetti, des fêtes de quartier, des tables rondes ou des célébrations de fête nationale.

Selon nos informations, le Bureau de la régie interne a donc approuvé en juin un projet pilote offrant aux députés un programme de sécurité hors de la Cité parlementaire pour les événements non partisans tenus dans leur circonscription, selon les documents consultés par Radio-Canada..

Dans cette optique, le Bureau de la sécurité parlementaire a donc demandé aux députés de lui fournir une évaluation des événements non partisans auxquels les élus participent au cours d’une année donnée.

L’objectif est d’évaluer les besoins et les ressources qui seraient nécessaires pour améliorer la protection des députés dans leurs circonscriptions, afin de contribuer à la mise en place d’une stratégie sécuritaire d’ensemble, peut-on lire dans les documents que nous avons obtenus.

Quels sont les effectifs qui pourraient être requis, quel est le budget de ce projet pilote?

Impossible de le savoir. Pour des raisons de sécurité, nous ne diffusons pas d'information détaillée sur les programmes de sécurité, écrit la gestionnaire des communications du Bureau de la présidence des Communes, Amélie Crosson.

Ce projet pilote fait partie d’une stratégie plus vaste de protection des élus, qui inclut les députés, les ministres et les chefs de parti, et qui doit être présentée au Conseil des ministres dans les prochaines semaines.

On continue de s’assurer que les services sont disponibles quand il y a une vraie menace et que notre démocratie est protégée, indique Mark Holland, le leader du gouvernement en Chambre. C’est essentiel que chaque personne qui travaille ici, pas juste les députés, mais notre personnel aussi, est en sécurité.

Frustration et soulagement

Pour le député du NPD de Timmins, Charlie Angus, il était temps que le SPP s’implique davantage dans la sécurité des élus dans leur circonscription.

J’ai déjà été frustré par le manque d’action du Parlement, dit-il, et de reconnaître les risques des élus, face aux messages d’intimidations reçus dans sa circonscription.

Le SPP me disait de contacter la police locale, raconte le député. Mais les menaces peuvent venir de n’importe où, et la police locale n’a pas toujours les moyens de vraiment faire enquête.

Le projet pilote du SPP est une étape essentielle, selon Charlie Angus, c'est un signe que le Parlement reconnaît maintenant la menace des politiciens partout au Canada.

C’est une bonne initiative, mais c’est un gros contrat, estime pour sa part le député bloquiste de Mirabel, Jean-Denis Garon.

« Il y a certains coins de ma circonscription où je ne serais même pas à l’aise de faire du porte-à-porte, dans des endroits où certaines idées radicales ont circulé. »

— Une citation de  Jean-Denis Garon, député du Bloc dans Mirabel

Le soir de la Saint-Jean à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, poursuit le député, il y a un gars qui est venu m’agresser. Je m'en suis débarrassé moi-même. Mais la députée de la CAQ, elle, s’est sauvée avec de la sécurité.

Une situation qui souligne notamment la différence qui existe dans les mesures de sécurité offertes entre les députés fédéraux et provinciaux.

Des députés libéraux aussi sont soulagés que le Service de sécurité parlementaire s’implique davantage dans leur circonscription. Comme John Mackay, qui déplore que ses barbecues communautaires non partisans soient la cible de manifestants. Ou Judy Sgro, qui ne sort jamais de la maison sans s’assurer que son bouton-panique est bien rechargé.

De son côté, la ministre Karina Gould a dû prendre elle-même des mesures de précautions après avoir reçu des menaces.

J’ai embauché des policiers pour venir à des événements publics, pour éviter que quelque chose se passe. Quand on est en train d’inviter la communauté, on veut s’assurer de sa sécurité aussi.

La députée bloquiste Julie Vignola se réjouit également de l’existence du projet pilote. Moi, je peux gérer une agression verbale. Mais je fais 5 pieds et 4, une agression physique, ça serait autre chose.

Mais elle remarque en même temps qu’il ne faut pas trop limiter l’accès du public aux élus. On ne peut pas vérifier les poches et les sacs de chaque personne qui se présente à nos événements. Si vous mettez deux agents de police à côté de moi, les gens ne viendront peut-être pas me voir.

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