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À Vancouver, des experts réitèrent l’importance de lutter contre le gaspillage alimentaire

Une femme met au compost des restants des aliments.

D'après le Conseil National Zéro Déchet, les aliments les plus jetés en termes de poids sont les fruits et les légumes, qui représentent environ 45 % des aliments gaspillés.

Photo : Getty Images / svetikd

Radio-Canada

Vancouver a réuni cette semaine des dizaines d’experts venus de partout au pays dans le cadre de la conférence annuelle présentée par le Conseil National Zéro Déchet. Certains ont rappelé l’importance de mieux lutter contre le gaspillage alimentaire, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture du 29 septembre.

Selon le Conseil National Zéro Déchet, fondé par la région du Grand Vancouver en 2013 avec la collaboration de la Fédération canadienne des municipalités, chaque ménage canadien jette environ 140 kilos de nourriture par an, dont la majeure partie aurait pu être consommée.

Cela représente plus de 1300 $ par année estime l'organisme, si on suit les prix des aliments en 2022.

Moins jeter permet de faire des économies, mais aussi, et surtout, c’est un geste pour la planète, rappelle Sophie Langlois-Blouin, intervenante à la conférence annuelle Zéro Déchet et vice-présidente performance des opérations chez Recyc-Québec.

« Si les pertes et le gaspillage alimentaire étaient un pays, ça serait le 3e plus grand pays émetteur d’émissions de gaz à effet de serre sur la planète, après la Chine et les États-Unis, c’est considérable. »

— Une citation de  Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente performance des opérations, Recyc-Québec
Des restes d'aliments.

Selon le gouvernement du Canada, les émissions provenant des lieux d’enfouissement représentaient 24 % des émissions de méthane au pays en 2020.

Photo : iStock

Les déchets alimentaires, d’importants producteurs de GES

Selon Recyc-Québec, chaque année au Canada, les ménages produisent près de 10 millions de tonnes de gaz à effet de serre simplement en gaspillant des aliments parfaitement comestibles.

Lorsque des déchets organiques — tels que la nourriture et les déchets de jardin ou en papier — sont éliminés dans des lieux d’enfouissement, ils produisent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

L’agriculture, la gestion des matières résiduelles et le gaspillage alimentaire mis ensemble sont responsables d’environ 15 % des émissions de gaz à effet de serre au Canada, indique Louise Hénault-Ethier, directrice à la recherche, au développement et à l’innovation à TriCycle et professeure associée à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Des travailleurs au champ.

Sophie Langlois-Blouin rappelle que derrière chaque aliment jeté, c’est toute la chaîne de production qui est mobilisée pour rien.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Bégin

On a une nette amélioration dans la gestion de nos matières résiduelles organiques, parce que l’on s’est détourné de l’enfouissement pour aller vers des technologies de compostage ou de biométhanisation, indique la chercheuse.

« Mais là on est rendus à une autre étape : c’est de couper en amont le gaspillage à la source et aussi, d’ajouter de la valeur aux aliments pendant le processus de récupération. »

— Une citation de  Louise Hénault-Ethier, professeure associée, INRS

Des gestes simples

La solution privilégiée mise en avant, c’est de réduire tout simplement la quantité de ce que nous jetons, avant même de penser à composter.

Organisez [votre] frigo de sorte que les aliments soient mieux conservés, explique Sophie Langlois-Blouin. La pinte de lait, par exemple, mettez-la dans une autre section que dans la porte du frigo, où les variations de température sont plus importantes. Et quand vous préparez du brocoli, pensez à cuisiner aussi la tige, pas seulement les bouquets du légume.

Un dessin présente l'organisation des aliments dans un frigo.

Lancée en 2018, la campagne J’aime manger, pas gaspiller est présentée par le Conseil National Zéro Déchet.

Photo : Campagne J’aime manger, pas gaspiller Canada

Il faut dans notre conception du monde également revenir à un moment où on apprécie la saisonnalité de la disponibilité des nutriments, qu’on apprécie le service rendu par nos agriculteurs locaux. En venant circulariser nos systèmes alimentaires, on va faire des circuits plus courts, indique pour sa part Louise Hénault-Ethier.

C'est une façon aussi de créer des communautés plus résilientes, selon Sophie Langlois-Blouin. Les conséquences des changements climatiques, avec plus d'inondations et de sécheresses, nous amènent à repenser les façons de faire et de faire [cela] le plus localement possible.

À l’échelle mondiale, l’ONU estime qu'environ 17 % de la production alimentaire totale est gaspillée, dont 11 % par les ménages.

Parallèlement, le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde a augmenté, pour atteindre jusqu’à 828 millions en 2021 d’après les Nations unies.

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