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Mini Tipi : une entreprise autochtone qui transmet sa culture et sa vision au Canada

Deux fondatrices, une Québécoise et une Autochtone, et des tissus exclusifs en provenance de l’Italie.

Montage photo de Trisha Pitura, de Mélanie Bernard et d'une étiquette portant le logo de leur entreprise Mini Tipi.

Fruit de la rencontre entre une femme québécoise et une femme autochtone, Mini Tipi ne cesse d’élargir le cercle des cultures.

Photo : Radio-Canada / Simon Blais / Photos : Patrick Louiseize

Maria-Louise Nanipou

C’est en territoire algonquin non cédé que Trisha Pitura, femme autochtone originaire de la Première Nation de Nippissing, ainsi que Mélanie Bernard, originaire de Gatineau, font rayonner la culture autochtone à travers le Canada. Comment? Grâce au partenariat établi avec un peu plus de 50 boutiques spécialisées, Mini Tipi met de l'avant des vêtements ornés de motifs autochtones et créés avec des tissus choisis en Italie.

Fondée en 2016, Mini Tipi est le fruit de la rencontre entre une femme québécoise et une femme autochtone. Cette entreprise ne cesse d’élargir le cercle des cultures. Les deux entrepreneures d’origines différentes marient moult styles et elles ont réussi à conquérir le Canada, ainsi qu'à réaliser un premier pas aux États-Unis.

Avant de devenir entrepreneure, la future designer autochtone, Trisha Pitura, explique qu’elle habitait à Sudbury avec toute sa famille jusqu’au jour où elle a emménagé à Gatineau. J’étais avec mon enfant, explique-t-elle. Lorsqu’il fut âgé de six mois, j’étais en quête d’amis, je ne parlais pas français et je me suis inscrite à un cours d’apprivoisement à la baignade pour bébé et Mélanie était là, précise-t-elle.

Une amitié inattendue remplie de complémentarité et de sensibilité

Habitée par l’amour des tissus depuis toujours, Trisha Pitura s’est également inscrite à un cours de couture qui l’a initié au travail de confection de vêtements pour enfants, dans le sous-sol de sa maison.

Les deux créatrices sont vite devenues amies. Elles se sont apprivoisées. Chacune avec nos talents, explique Trisha Pitura qui parle de Mélanie avec affection et respect. C’est une belle histoire, d’ajouter l'entrepreneure autochtone.

Chacune parle de Mini Tipi avec professionnalisme. Elles ont des standards de qualité élevés, de la création à la livraison en boutique.

Derrière chaque motif, il y a un enseignement, explique avec enthousiasme Mélanie Bernard. Les œuvres de Mini Tipi sont conçues pour générer du sens comme celui que provoque un paysage du territoire canadien. Afin de s’y retrouver, poursuit l’entrepreneure québécoise, l’interprétation des motifs est importante pour nous.

L'intérieur d'un entrepôt avec plusieurs rouleaux de tissu sur de grandes étagères.

Une des couturières de l'équipe de Mini Tipi travaille le tissu.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Des artistes autochtones en émergence

Il y a actuellement six artistes qui créent ces motifs, d’autres suivront, affirme Mélanie Bernard. Trisha, avec son œil de lynx, choisit des artistes en émergences, poursuit l’entrepreneure québécoise.

Les femmes d’affaires sont attirées par différents styles d’arts autochtones et par leurs processus de créations. Elles travaillent avec des artistes autochtones, dont Tehatsistahawa Kennedy, artiste de style woodland et originaire des nations Anishnaabe et Onyota’aka de London, en Ontario, ainsi que Nikki Shawwana, une artiste multidisciplinaire, originaire du territoire de Wiikwemkoong sur l’île Manitoulin, un territoire non cédé, et l’artiste Anna Heffernan originaire de Curve Lake, là aussi en Ontario.

Trisha Pitura choisit des artistes contemporains qui réussissent à accrocher l’œil, sans nécessairement suivre les tendances. Puisque les motifs autochtones sont souvent géométriques, explique Mélanie Bernard, nous instaurons les modèles avec des fleurs autochtones tout en sortant des sentiers battus folkloriques pour faire connaître toute la profondeur de la culture autochtone, précise-t-elle.

L'intérieur d'un entrepôt avec plusieurs rouleaux de tissu sur de grandes étagères.

Les tissus exclusifs utilisés par Mini Tipi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Une vision et des orientations novatrices

Décrivant la photo de son équipe diffusée via Facebook, Trisha Pitura explique : Je suis très émue de vous expliquer l’histoire de notre bébé, Mini Tipi, qui a vu le jour dans un sous-sol. Il en a requis tous les efforts, tous les sacrifices du grand rêve que cette photo exprime avec tant de fierté et de gratitude envers mon équipe.

Lorsqu’elles pensaient à leur compagnie, persistaient à chaque occasion, l’authenticité des motifs, le retour à la communauté et l’écoresponsabilité. Notre mission s’articule autour de ces trois grandes orientations, enchaîne Mélanie Bernard.

La collection écocouvertures tout-aller est faite à partir de tissus recyclés, tout comme la collection couvertures en laine. On les aime, parce que le tissu est aussi doux pour nous que pour l'environnement. Attends d’y toucher… On dirait un nuage, peut-on lire sur le site internet de la compagnie.

Les motifs utilisés et les valeurs ancestrales

Le peuple Anishinaabeg croit que l'oiseau-tonnerre, un des motifs que l’on retrouve sur les œuvres de Mini Tipi, est l'un des êtres spirituels les plus élevés.

Il protège des serpents qui vivent dans les profondeurs du sol et assure la vie de tous les êtres vivants. L'oiseau-tonnerre fait partie de notre loi naturelle, qui nous enseigne que tous les êtres vivants doivent être traités avec respect et intégrité afin que nous puissions tous survivre, illustre Trisha Pitura via le site Internet de son entreprise.

Cet oiseau sacré arrive ici de l'ouest au printemps, apportant des orages et de la pluie. Puis, il retourne vers l'ouest avant l'hiver. Ce symbole spirituel représente le pouvoir, la protection, la force et la survie. À l’image des trois grandes orientations de Mini Tipi.

Cercle sacré, croissance et équilibre

Les deux entrepreneures comptent désormais leurs quantités de tissus en kilomètres et sont à la recherche d’un nouveau lieu d’opérations pour les trois équipes que compte la compagnie, l’une spécialisée en couture, une deuxième à la production et une troisième à la livraison. Chaque étape d’opérations se conforme au même standard de qualité. 2022, est une année pilier pour Mini Tipi.

Trisha Pitura et Mélanie Bernard assise à leur bureau devant des ordinateurs portables.

Les deux entrepreneures et fondatrices de Mini Tipi, Trisha Pitura (gauche) et Mélanie Bernard (droite)

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Les choix de motifs et de tissus sont guidés par leur style de vie et leur héritage québécois et autochtone. Nos produits sont beaux tout en étant pratiques et d'une qualité exceptionnelle, peut-on lire sur leur site Internet.

Les peuples indigènes, l'inspiration de Mini Tipi, sont guidés par le cercle sacré et la roue de médecine. Les deux entrepreneures sont inspirées par la direction circulaire qui montre comment tous les éléments sont interreliés.

Elles sont spirituelles et cela transparaît autant dans les oeuvres produites par Mini Tipi que leur propre vie à chacune. Elles sont connectées avec les quatre directions guidant les cérémonies. Les quatre saisons et les quatre êtres de la vie : le bien-être spirituel, émotionnel, physique et mental, chacun est invoqué et pratiqué pour la santé et la guérison.

Nous sommes tous responsables de notre destin propre. Restez connectés à votre véritable soi et à tout ce qui l’entoure. Suivez votre direction, concluent Trisha Pitura et Mélanie Bernard qui auront su suivre le courant de leur amitié et ainsi créer une entreprise à la fois unique et canadienne.

Avec la participation d’Aïda Semlali

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