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Arsenic : « Il faut arrêter de tordre les données et les faits », dit Legault, irrité

François Legault marche au centre-ville de Rouyn-Noranda.

François Legault à sa sortie des bureaux de Radio-Canada à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Radio-Canada

Une entrevue à Radio-Canada en Abitibi-Témiscamingue a laissé place à des tensions dans le studio de Rouyn-Noranda sur le terme des émissions d’arsenic « acceptables ».

M. Chabot, vous dites des choses qui sont fausses, a lancé François Legault à l’endroit de David Chabot.

L’animateur de l’émission Des matins en or soulignait : Vous parlez de l’arsenic, on a parlé du 15 nanogrammes en parlant de seuil où c’est peut-être davantage sécuritaire, je vais peser mes mots, mais il y a aussi de l’acide sulfurique, de l’argent, de l’arsenic, du cadmium, du chrome, du cobalt, vous la connaissez la liste.

Là encore ce n’est pas exact ce que vous venez de dire, "davantage acceptable", ce n’est pas ce que la santé publique dit, la santé publique dit "acceptable", a rétorqué François Legault.

Il y a des médecins qui ne sont pas d'accord avec vous, ils sont nombreux d’ailleurs, a souligné l’animateur.

Mais il y a beaucoup de citoyens qui ne sont pas d'accord avec les médecins et ce que dit la santé publique, c'est un niveau acceptable, 15 nanogrammes, alors il faut dire la vérité M. Chabot, a ensuite répondu le premier ministre sortant.

François Legault a souligné à nouveau le pouvoir des citoyens dans le dossier.

C'est la population qui va décider. Est-ce qu'ils acceptent la proposition de l'entreprise ou elle préfère fermer l'entreprise? C'est la population de Rouyn-Noranda qui va décider, ce ne sont pas des gens de Montréal, de Québec solidaire.

« Je pense qu'il ne faut pas mêler la santé publique et la politique. »

— Une citation de  François Legault

Je pense que ça doit se jouer entre l'entreprise, la santé publique et les citoyens de Rouyn-Noranda. Je n’aime pas voir des politiciens, que ce soit de la CAQ, ou Gabriel-Nadeau-Dubois qui dit qu'il veut fermer des entreprises au Québec, je pense que ça devrait être la science, donc la santé publique et techniquement, qu'est-ce qu'on est capable de faire, a-t-il ajouté.

François Legault parle dans le studio de Rouyn-Noranda alors que David Chabot le regarde.

David Chabot a questionné le premier ministre sortant sur le dossier de la qualité de l'air à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

En juillet dernier, François Legault avait dit : De deux choses l’une, ou ils réduisent les émissions à un niveau qui respecte la santé des citoyens, ou malheureusement on devra fermer l’entreprise, mais ce sera un des deux. Il n’y aura pas de compromis pour la santé des citoyens.

En entrevue jeudi à Rouyn-Noranda, M. Legault a souhaité remettre cette affirmation en contexte.

Ce que je dis, c’est qu’il y a deux choix. Ou on ferme l’entreprise ou on réduit. Là, l'entreprise parle de 15 nanogrammes, la santé publique dit que les risques sont minimes pour la population à 15 nanogrammes. Maintenant ça ne veut pas dire zéro, a-t-il expliqué en réitérant le choix à faire par les citoyens. Fermer l’usine ou accepter la proposition de l’entreprise.

Deux personnes tiennent une banderole mentionnant « Nos vies valent plus que leurs profits ».

Deux personnes se sont rendues devant les studios de Radio-Canada à Rouyn-Noranda pendant l'entrevue pour porter le message : « Nos vies valent plus que leurs profits ».

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

M. Legault, à Rouyn-Noranda, il y a davantage de retards de croissance intra-utérine, des bébés de faibles poids, de plus grand nombre de risques d’enfants avec des impacts sur le neurodéveloppement. Plus de risque de développer le cancer. Ce n’est pas si dramatique que ça? a demandé l’animateur David Chabot, faisant référence à la déclaration de François Legault la veille.

Je vous corrige, a répondu François Legault.

Ce que vous venez de dire, ça concerne ce qui est arrivé dans le passé. C’est-à-dire ce que les libéraux avaient accepté à 200 nanogrammes, maintenant 87 nanogrammes. C’est vrai qu’il y a un risque à ce niveau-là. La santé publique dit qu’à 15 nanogrammes on ne parle plus de ces risques-là. Je pense qu’il faut dire la vérité à la population. Il faut arrêter d’essayer de tordre les données et les faits. À 15 nanogrammes, la santé publique dit que les risques sont minimes, c’est un niveau acceptable, a ajouté le premier ministre sortant.

La question de la qualité de l’air revêt une grande importance à Rouyn-Noranda. Il y a une semaine, près de 900 personnes manifestaient pour réclamer que la Fonderie Horne se conforme à la norme d'émissions provinciale de trois nanogrammes par mètre cube d'ici cinq ans.

La consultation citoyenne dans le cadre du renouvellement de l’autorisation ministérielle de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, se termine le 20 octobre.

François Legault rencontre les membres du conseil municipal de Rouyn-Noranda ce jeudi. Il doit aussi se rendre à Val-d’Or avant de quitter la région.

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