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Éric Duhaime sollicite « le sens civique » des électeurs pour être élu

Le chef conservateur redoute que son parti ne soit pas représenté à l'Assemblée nationale à la hauteur de sa nouvelle aura politique.

Un homme, casque d'écoute sur la tête, parle dans le micro d'un studio de radio.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier

Le chef conservateur Éric Duhaime en appelle désormais au « sens civique » des électeurs dans l'espoir que le Parti conservateur du Québec (PCQ) se fraie une bonne place à l'Assemblée nationale malgré le mode de scrutin qui ne l'avantage pas. Dans sa rhétorique, il n'hésite pas non plus à agiter le spectre de débordements civils si son parti se voyait refuser l'entrée au Parlement.

S'il advenait que le PCQ ne parvienne pas à percer lors des élections provinciales, un fort pourcentage de la population perdra confiance dans les institutions, a mis en garde Éric Duhaime, jeudi.

En ligne de mire : la distorsion démocratique entre le terrain et les urnes due à un mode de scrutin que la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de réformer, avant de se rétracter.

Le parti renie ses engagements, il ne faudrait pas que ce soit eux qui profitent du crime, a reproché le chef conservateur, tout en se félicitant d'avoir fait œuvre utile pour la démocratie québécoise en incarnant une opposition politique en pleine pandémie.

« Il faut lancer un message clair, on a besoin d’être représentés à Québec, [...] et ça commence par l’élection du chef. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef conservateur

Dans ses dernières tentatives de mobiliser ses partisans à aller voter le 3 octobre, tous les arguments sont bons pour galvaniser les troupes et légitimer la place des conservateurs parmi les députés élus.

On n'a pas intérêt à avoir un gouvernement contre les jeunes, a aussi lancé M. Duhaime sur les ondes de Radio X, où il s'est félicité de son aura auprès d'une population hostile aux mesures sanitaires liberticides, sans cacher ses difficultés à rallier un électorat aîné plus frileux aux prises de position conservatrices.

Un allié inattendu

En point de presse à Québec, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a lui aussi indiqué qu'il souhaitait qu'au moins un candidat du PCQ puisse accéder au Parlement, pour mieux refléter le vote.

J’ai très peu en commun avec les conservateurs sur le plan des idées, mais je pense que si un parti obtient 15 % dans les sondages, il mérite d’être entendu à l’Assemblée nationale, il mérite un espace. Parce que, sinon, ce n’est pas légitime, a-t-il déclaré.

L’absence de représentation à l’issue des élections, le 3 octobre, pourrait davantage attiser le sentiment d’injustice chez certains conservateurs, a laissé entendre à son tour M. St-Pierre Plamondon.

« Il y a un vieux dicton qui dit que si des voix ne se font pas entendre dans le Parlement, là où les choses se décident, elles se font souvent entendre dans la rue. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Je ne pense pas qu’il va y avoir de soulèvement, mais à l’approche de ce vote-là, même pour des adversaires avec qui je n’ai pas de point en commun, ou presque pas, je réitère qu’on a besoin d’oppositions fortes et qu’on gagne à laisser chaque voix s’exprimer dans la société, a précisé le chef péquiste.

Le risque en est moins un de soulèvement que de démobilisation, a-t-il ajouté, en rappelant le taux de participation anémique de 43 % aux dernières élections générales en Ontario. Ce n’est plus une démocratie, rendu là, a-t-il soutenu.

Selon M. St-Pierre Plamondon, M. Duhaime devrait également s'adresser à ses militants pour leur expliquer que le processus électoral au Québec n'est pas truqué, contrairement à la désinformation qui peut circuler sur les réseaux sociaux, a-t-il dit, plus tôt, en entrevue au 98,5 Montréal.

Des manifestants civilisés

Autre échéance attendue avant le scrutin, la manifestation Dehors la CAQ a prévu de se réunir le 1er octobre à L'Assomption, dans la circonscription du premier ministre sortant François Legault, pour dénoncer sa gestion de la pandémie de COVID-19.

Tiraillé entre la responsabilité de lancer un appel au calme pour éviter les dérapages de militants et celle de leur laisser la liberté de s’exprimer quand même, Éric Duhaime les a invités à ne pas brasser la soupe quand ils se réuniront.

Je ne peux pas les empêcher de manifester [...] mais je ne veux pas censurer, a lancé le chef conservateur quand l’animateur Dominic Maurais, de Radio X, lui a demandé s’il comptait dissuader les électeurs conservateurs de participer à cet événement.

La première réaction du candidat conservateur, plus franche, – j'invite les gens à ne pas participer à des manifestations – a rapidement été révisée par un avis moins tranché, mais accompagné d’une série de mises en garde : Vous allez nuire à la cause que vous pensez défendre, ou encore manifester de façon écervelée alimenterait les critiques des opposants qui n'attendent que ça, a-t-il ajouté.

Éric Duhaime et Dominic Maurais en studio.

Invité régulier sur les ondes de Radio X, Éric Duhaime était au micro de Dominic Maurais à quatre jours du scrutin.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Ce n’est pas la première fois que le chef conservateur se prête à l’exercice de pacification de ses troupes remontées à bloc contre le gouvernement sortant.

M. Duhaime a répété les mêmes arguments envers ses militants qu’il tente de responsabiliser et qualifie, au passage, de civilisés. Jeudi matin, le chef politique les a plutôt appelés à le rejoindre ce week-end pour un blitz de porte-à-porte dans Chauveau, où il tente de se faire élire.

En début de campagne électorale, notamment, il avait dû leur rappeler que la violence et les menaces n’avaient pas leur place en politique après que la candidate libérale Marwah Rizqy, menacée de mort, l’eut accusé de canaliser la haine et la colère dans le but de faire son entrée à l’Assemblée nationale.

Avec les informations de Jérôme Labbé et Sébastien Desrosiers

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