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La Russie va officialiser vendredi l’annexion de territoires ukrainiens

Vladimir Poutine en premier plan.

Vladimir Poutine va officialiser vendredi l'annexion par la Russie de territoires ukrainiens lors d'une cérémonie à Moscou.

Photo : Getty Images / AFP / OLGA MALTSEVA

Radio-Canada

Vladimir Poutine va entériner vendredi l'annexion par la Russie de territoires ukrainiens lors d'une cérémonie à Moscou. Ces scrutins sont largement dénoncés par la communauté internationale, mais cela n'a pas empêché la Russie de menacer de défendre ces territoires avec l'arme nucléaire.

Kiev, soutenu par l'Occident et ses livraisons d'armements, a juré de poursuivre sa contre-offensive qui fait reculer depuis bientôt un mois l'armée russe, contraignant M. Poutine à mobiliser à la hâte des centaines de milliers de civils réservistes.

Une cérémonie de signature d'accords sur l'entrée des nouveaux territoires dans la Fédération de Russie se tiendra demain à 15 h (heure locale) au Kremlin, a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

« Le président Vladimir Poutine prononcera un discours volumineux à cet événement. »

— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

La Russie ne contrôle pas l'ensemble du territoire qu'elle entend annexer.

La majorité de la région de Louhansk est sous contrôle du Kremlin, mais seulement 60 % est sous son contrôle dans la région de Donetsk. La capitale de la région de Zaporijia est contrôlée par Kiev, qui mène une contre-offensive à Kherson.

Moscou prépare des festivités

Des soldats russes en file indienne devant le Kremlin.

Des soldats russes se tiennent sur la Place Rouge, dans le centre de Moscou, le 29 septembre 2022, alors que la place est scellée avant la cérémonie d'incorporation des nouveaux territoires à la Russie.

Photo : afp via getty images / ALEXANDER NEMENOV

La capitale russe se préparait à des festivités pour marquer l'annexion des quatre régions ukrainiennes.

La circulation automobile sera ainsi interdite dans une grande partie du centre-ville vendredi pour un concert, selon les médias russes, à l'ombre des murs du Kremlin. M. Poutine pourrait y faire une apparition.

Les responsables installés par Moscou dans les régions de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijia et de Kherson sont eux déjà arrivés par avion à Moscou mercredi soir, selon les agences de presse russes.

Vladimir Poutine s'adressera dans un deuxième temps, le 4 octobre, à la Chambre haute du Parlement, trois jours avant son 70e anniversaire.

La Russie suit le scénario de l'annexion en 2014 de la Crimée, une péninsule du sud de l'Ukraine : M. Poutine avait alors aussi prononcé un discours en grande pompe sous les ors du Kremlin.

Une scène est montée sur la Place Rouge.

Des ouvriers fixent une bannière sur laquelle on peut lire « Donetsk, Lougansk, Zaporijia, Kherson - Russie ! » au sommet d'une construction installée devant le Musée historique d'État, à l'extérieur de la Place Rouge, dans le centre de Moscou, le 29 septembre 2022.

Photo : afp via getty images / NATALIA KOLESNIKOVA

Des « simulacres », selon Kiev et l'Occident

Confrontée à une vaste contre-offensive ukrainienne, la Russie a accéléré le processus d'annexion avec l'organisation à la hâte de prétendus référendums sous contrôle de soldats armés.

Des responsables prorusses ont affirmé que les résultats des référendums montraient une écrasante majorité de leurs concitoyens étaient en faveur de l'intégration de leur territoire, qui représente environ 15 % de l'Ukraine, à la Russie.

Ces votes ont été qualifiés de mascarades et de simulacres par Kiev et par ses soutiens occidentaux.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un avertissement à la Russie en promettant une réponse très dure si Moscou allait de l'avant avec l'annexion de ces territoires.

La déclaration écrite publiée par le bureau de M. Zelensky après un appel téléphonique avec le premier ministre italien ne faisait pas mention de la cérémonie prévue au Kremlin vendredi.

« Ils [les votes] sont sans valeur et ne changent pas la réalité. L'intégrité territoriale de l'Ukraine sera restaurée. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Un homme agite un drapeau russe à la fenêtre d'un immeuble.

Des travailleurs agitent des drapeaux russes aux fenêtres d'un immeuble de Louhansk, dans une région contrôlée par des séparatistes prorusses, dans l'est de l'Ukraine.

Photo : Associated Press

La ministre de la Défense nationale du Canada, Anita Anand, a condamné fermement les soi-disant référendums de la Russie dans la région occupée d'Ukraine.

« Ils sont complètement illégitimes et le Canada ne les reconnaîtra jamais. Pas maintenant. Jamais »

— Une citation de  Anita Anand, ministre de la Défense nationale du Canada

Mme Anand a appelé les autres pays à imiter le Canada et à rejeter les tentatives de la Russie de voler le territoire ukrainien par la violence et la terreur, puisque c'est injustifiable, contre l’ordre international fondé sur les règles, illégal et inacceptable.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a soutenu jeudi que les résidents des régions occupées ont été escortés par des soldats armés sous la menace d'une arme. Les médias d'État russes ont fait valoir que l'utilisation de gardes armés était destinée à des fins de sécurité.

« C'est le contraire d'élections libres et équitables. Et c'est le contraire de la paix, c'est une paix dictée »

— Une citation de  Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères
Un soldat de la république populaire autoproclamée de Louhansk glisse son bulletin de vote dans l'urne.

Un soldat de la république populaire autoproclamée de Louhansk glisse son bulletin de vote dans l'urne.

Photo : Reuters / Alexander Ermochenko

Une femme a confié à la BBC qu'elle devait répondre oralement et qu'un soldat marquait sa réponse sur une feuille.

Même l'un des plus proches alliés du président russe Vladimir Poutine, son homologue chinois Xi Jinping, avait critiqué la violation de l'intégrité territoriale d'un État souverain.

La contre-offensive se poursuit

L'annexion annoncée des territoires ukrainiens marque une escalade dans l'offensive de la Russie en Ukraine.

Plusieurs responsables et commentateurs russes ont en effet affirmé qu'une fois ces territoires annexés et considérés par Moscou comme faisant partie de son territoire, la Russie pourrait utiliser l'arme nucléaire pour les défendre. Ce n'est pas du bluff, a-t-il affirmé.

L'Ukraine a, elle, dénoncé ces annexions et balayé les menaces de recours à l'arme nucléaire de M. Poutine, poursuivant une contre-offensive dans l'est et le sud.

Des militaires ukrainiens tirent un obus d'un obusier M777 sur une ligne de front, alors que l'attaque de la Russie contre l'Ukraine se poursuit, dans la région de Kharkiv, en Ukraine, le 21 juillet 2022.

Des militaires ukrainiens tirent un obus d'un obusier M777 sur une ligne de front, alors que l'attaque de la Russie contre l'Ukraine se poursuit, dans la région de Kharkiv, en Ukraine, le 21 juillet 2022.

Photo : Reuters / Gleb Garanich

Après avoir reconquis l'essentiel du Nord-Est, l'Ukraine semble lancée dans la reprise de Lyman, une ville de la région de Donetsk et important nœud ferroviaire que l'armée russe contrôle depuis mai.

Les forces ukrainiennes restent silencieuses sur les opérations en cours, mais les autorités fidèles à Moscou dans la région ont reconnu des combats difficiles.

« L'adversaire entreprend des tentatives régulières d'attaque pour créer les conditions d'un encerclement. »

— Une citation de  Alexeï Nikonorov, un haut responsable de Donetsk à la télévision russe

L'Institut de l'étude de la guerre (ISW), un centre de recherche américain, a relevé que des combats significatifs étaient en cours dans la zone, et que si l'Ukraine reprenait Lyman cela lui permettrait d'avancer à la fois dans les régions de Donetsk et celle voisine de Louhansk.

Sur le terrain, les bombardements russes continuaient de frapper les villes ukrainiennes, tuant notamment un enfant dans la nuit à Dnipro. Au moins cinq civils ont été tués aussi dans la partie sous contrôle ukrainien de la région de Donetsk.

La mobilisation toujours en cours en Russie

Des gens pleurent ou s'essuient les yeux dans la ville de Volzhsky, dans la région de Volgograd, en Russie.

Des parents et des connaissances des réservistes russes pleurent le départ des leurs dans la ville de Volzhsky, dans la région de Volgograd, en Russie, à la suite de la mobilisation partielle ordonnée par Vladimir Poutine.

Photo : Reuters / STRINGER

En Russie, la mobilisation de centaines de milliers de civils réservistes pour venir renforcer les lignes russes se poursuivait, tout comme l'exode de dizaines de milliers de Russes craignant d'être mobilisés.

Un jeune homme d'une vingtaine d'années, arrivé en Mongolie par la frontière terrestre, préfère garder l'anonymat pour expliquer les raisons qui l'ont poussé à fuir la Russie.

C'était très difficile de tout laisser derrière moi. Ma maison, ma patrie, mes proches. Mais c'est toujours mieux que de tuer des gens, dit-il à l'AFP à Oulan-Bator, la capitale.

L'exode des Russes s'est accéléré depuis l'annonce, le 21 septembre, de la mobilisation militaire partielle, si bien que plusieurs autres pays, comme la Géorgie ou le Kazakhstan, ont vu se multiplier leurs arrivées.

Depuis que Vladimir Poutine a annoncé une mobilisation partielle et malgré le durcissement des peines pour les déserteurs, des milliers d'hommes russes continuent de fuir leur pays pour échapper à la conscription. Des points de passage avec la Finlande, le Kazakhstan, la Mongolie et la Géorgie sont littéralement pris d'assaut. Ces hommes en âge de combattre ne veulent tout simplement pas s'impliquer dans une guerre qui les dépasse. Reportage de Tamara Alteresco.

Fermeture de la frontière finlandaise

La Finlande fermera sa frontière aux porteurs d'un visa de tourisme en provenance de Russie à minuit (heure locale). Cela devrait se traduire par une forte baisse du trafic transfrontalier, a annoncé jeudi le gouvernement.

L'afflux de Russes sur le sol finlandais met en péril les relations internationales de la Finlande, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, lors d'une conférence de presse.

Les référendums illégaux d'annexion dans l'est de l'Ukraine et le sabotage présumé des gazoducs Nord Stream en mer Baltique ont augmenté les inquiétudes, a dit le ministre.

Helsinki, redoutant que la Finlande devienne un pays de transit vers d'autres pays d'Europe occidentale appartenant à l'espace Schengen, avait annoncé vendredi son intention d'interrompre l'afflux de touristes en provenance de Russie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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