•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Procès de l’ex-enseignant Rick Despatie : une élève et une mère témoignent

Un accusé de délits sexuels se cache avec son manteau à sa sortie du palais de justice.

Le procès, qui a commencé lundi, fait état de 14 accusations impliquant quatre plaignantes qui avaient toutes moins de 16 ans lorsque les présumés incidents se sont produits.

Photo : Radio-Canada / Dan Taekema

Radio-Canada

Au troisième jour du procès de Rick Watkins, aussi connu sous son ancien nom Rick Despatie, une élève a décrit devant le tribunal une « détention privée » où l’ex-enseignant d’Ottawa lui aurait glissé ses doigts le long de sa jambe et sous sa jupe d’école.

Alors qu’il m’aidait, il a placé sa main sur ma cuisse et a glissé sa main vers le haut, juste assez loin pour toucher les extrémités de mon sous-vêtement, a-t-elle témoigné.

Sa main est restée là environ deux minutes, a raconté l’étudiante. Cet incident m’a mise très mal à l’aise.

Comme j’étais une enfant, je ne comprenais pas pourquoi ses gestes me faisaient ressentir comme ça. Il était en position d’autorité. Je n’ai pas senti le besoin de dire quoi que ce soit, a-t-elle déclaré.

La plaignante est la troisième élève de Despatie à témoigner lors de son procès. À un certain moment, il faisait face à 54 accusations criminelles sur 16 présumées victimes.

Le procès, qui a commencé lundi, fait état de 14 accusations impliquant quatre plaignantes qui avaient toutes moins de 16 ans lorsque les présumés incidents se sont produits.

Une interdiction de publication empêche Radio-Canada de communiquer des informations qui pourraient permettre d’identifier l’une des présumées victimes.

L'élève dit avoir cessé de demander de l'aide

L'élève qui s'est exprimée mercredi a mentionné qu'elle avait des difficultés en mathématiques et qu'il lui arrivait souvent de ne pas faire ses travaux, de sorte que M. Despatie lui demandait de venir dans sa classe sur l’heure du dîner ou avant le début des cours, ce qu'elle considérait comme des retenues privées.

L'enseignant posait ses gestes allégués pendant ces séances supplémentaires ainsi qu’en classe lorsqu'elle levait la main pour demander de l'aide, selon la plaignante.

Elle a déclaré que M. Despatie se glissait près de son bureau au fond de la classe et travaillait sur des problèmes de mathématiques en plaçant un bras autour de son épaule et en lui caressant le bras ou en posant une main sur sa cuisse. Parfois, il faisait les deux, a-t-elle détaillé.

Cela se produisait à chaque fois que l'élève avait besoin d'aide, a-t-elle déclaré au tribunal, ajoutant qu'à la fin de l'année, elle avait cessé de lever la main.

Bien qu'elle ne lui ait jamais dit directement qu'elle avait peur de lui, l'enseignant le savait, selon la plaignante.

Il faisait souvent des commentaires sur le fait que j'étais si distante... Tu as peur de moi? Je ne vais pas te mordre’’, a-t-elle poursuivi.

Un homme marche devant un grillage.

Rick Watkins sortant du Centre de détention d'Ottawa-Carleton (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L'avocat de la défense, Dean Embry, a contesté ce que l'élève entendait par détentions privées, notant que dans son entretien avec la police, elle semblait indiquer que d'autres élèves étaient parfois présents.

L’avocat de l’accusé a suggéré que l'enseignant n'a jamais touché la jambe de la plaignante de la manière décrite et n'a jamais mis une main sous sa jupe.

Me Embry a demandé comment elle ne savait pas que les incidents allégués étaient répréhensibles.

La plaignante a déclaré qu'on lui avait enseigné le danger de l'étranger, mais qu'elle avait compris qu'un contact inapproprié était quelque chose d'extrême, comme une personne qui se déshabille.

Cela ne me semblait pas suffisant pour m'alarmer. Je le respectais. Il était en position d'autorité par rapport à moi.

Une mère dit en avoir parlé à l’école

La mère d'une autre élève de Rick Despatie a également été appelée à témoigner mercredi, après que sa fille ait déclaré, mardi, que l'enseignant lui aurait massé le cou sous sa chemise et aurait détaché la bretelle de son soutien-gorge.

La femme a raconté qu'elle s'était rendue deux fois dans sa classe avant l'école pour parler des difficultés de son enfant en mathématiques.

La première fois, selon la mère, elle a trouvé la porte fermée et l'enseignant planant au-dessus d'une élève, les mains posées de chaque côté du bureau au-dessus d'elle.

L'élève avait l'air terrifié et a déguerpi de la pièce lorsque M. Despatie s'est levé et s'est tourné vers la porte, a détaillé la mère lors du contre-interrogatoire.

Lors de sa deuxième visite, la femme a dit avoir trouvé la porte de l’enseignant à nouveau fermée au moment où il était à l’intérieur avec trois étudiantes.

La mère a dit qu'elle sentait que quelque chose n'allait pas dans cette situation et qu'elle a dit à M. Despatie que c'était inapproprié.

Après cette rencontre, la femme dit qu'elle s'est rendue au bureau et a parlé à un directeur adjoint, qui lui a dit qu'elle semblait être un parent vengeur cherchant à détruire la carrière d'un bon enseignant.

La mère a ajouté que sa fille était vague quant à ses propres interactions avec M. Despatie et qu’elle refusait d'en parler davantage.

Elle a également parlé de ses visites répétées avec le directeur de l'école et d'une réunion avec l'autre directeur adjoint, au cours desquelles elle a fait part de ses préoccupations concernant son style d'enseignement. Elle a mentionné le fait que sa fille avait dit qu'il avait posé ses mains sur elle. La femme a rapporté que le directeur lui a dit que l'école allait examiner la question.

L’avocat de la défense, Me Embry, a demandé s'il était possible que ces discussions avec les administrateurs n'aient jamais eu lieu.

La mère a répondu qu'elle n’a rien imaginé ou inventé, car elle se souvient avoir pensé : c'est reparti, personne ne fait rien après une interaction avec le directeur adjoint.

Le procès se poursuit jeudi.

Avec les informations de Dan Taekema, de CBC News

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.