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Glen Murray visé par des allégations de harcèlement et de mauvaise gestion

Le candidat à la mairie de Winnipeg aurait été forcé de quitter son « emploi de rêve » à l'Institut Pembina.

Le candidat à la mairie de Winnipeg Glen Murray, dans une photo de l'été 2022.

Le candidat à la mairie de Winnipeg Glen Murray.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Le candidat à la mairie de Winnipeg Glen Murray aurait été contraint de quitter son « emploi de rêve » un an après être entré en poste à la direction de l’Institut Pembina, à la suite de plaintes concernant sa gestion, selon d'anciens employés et des documents obtenus par CBC.

L'avocate de Glen Murray dément ces allégations et affirme qu'il a démissionné pour des raisons personnelles et familiales.

Pendant 370 jours en 2017-2018, Glen Murray a occupé le poste de directeur général de l'Institut Pembina, un groupe de réflexion sur l'énergie propre établi à Calgary.

Une enquête de CBC sur son mandat auprès de l’organisme environnemental fait état d’allégations selon lesquelles il aurait fait des allusions sexuelles sur le lieu de travail, il aurait harcelé physiquement un ancien employé lors d'un rassemblement de l'entreprise et il aurait eu une consommation excessive d’alcool lors de réceptions.

Selon la description qu’en font d'anciens employés de l'Institut Pembina, Glen Murray est une personne désordonnée qui violait la confidentialité, refusait les notes de breffage, manquait certaines réunions internes, arrivait en retard à des rencontres avec des dirigeants du gouvernement et d'entreprises, ne répondait souvent pas aux communications et avait des pratiques de gestion douteuses.

L'équipe de campagne de M. Murray à la mairie a décliné les demandes répétées d'entrevues au sujet de son passage à l'Institut Pembina. Mardi, le candidat a lui-même déclaré qu'il serait heureux de répondre à des questions sur le sujet et a demandé à CBC de prendre rendez-vous, mais son équipe a ensuite rejeté la demande.

L'avocate de M. Murray, Bailey Harris, a écrit dans une lettre, mardi, que toutes les allégations de harcèlement contre M. Murray liées à son passage à l’Institut Pembina sont catégoriquement fausses et qu'elles n'ont jamais été portées à l'attention de son client.

M. Murray souhaite être très clair : aucune allégation et aucun rapport de harcèlement sexuel n'ont jamais été portés à l'attention de M. Murray pendant qu'il était employé de l'Institut Pembina ou par la suite, a déclaré Bailey Harris.

Une nomination à risque et à rendement élevés

Selon un sondage Probe Research, publié le 26 septembre, M. Murray serait le meneur dans la course à la mairie de Winnipeg. Il récolterait l'appui de 40 % des électeurs décidés de Winnipeg.

M. Murray a été maire de Winnipeg de 1998 à 2004. Il a démissionné à mi-chemin de son deuxième mandat pour tenter, sans succès, de devenir député libéral fédéral.

Il est ensuite parti à Toronto où, en 2010, il a été élu député libéral à l'Assemblée législative de l'Ontario. Il a été nommé au Cabinet peu de temps après son élection.

En 2017, un an avant une élection ontarienne que les libéraux allaient perdre, Glen Murray a démissionné de son siège de Toronto-Centre pour devenir directeur général de l'Institut Pembina.

Il n'y a pas de bon moment pour entrer en politique et pas de bon moment pour en sortir, avait-il alors affirmé au Globe and Mail.

Kathleen Wynne regarde Glen Murray.

Glen Murray a occupé divers postes ministériels dans le gouvernement libéral de Kathleen Wynne, en Ontario. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Peu après avoir quitté son poste de maire de Winnipeg, Glen Murray avait été nommé par les libéraux président de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie. Il avait qualifié d'emploi de rêve son rôle à la tête de l'Institut Pembina.

Fondé dans les années 1980, l'Institut Pembina effectue des recherches et des analyses sur la consommation d'énergie et formule des recommandations sur la politique énergétique.

Le président du conseil d'administration l'a décrite comme une nomination à risque et à rendement élevés, affirme l’ancien collecteur de fonds de l’institut Pembina, Iain McMullan, en parlant de la nomination de Glen Murray.

Iain McMullan est la première personne que Glen Murray a embauchée après avoir pris les rênes de l'organisme sans but lucratif. Ce vétéran de la collecte de fonds auprès d’entreprises a été directeur des partenariats stratégiques de l'Institut Pembina sous la direction de M. Murray.

Selon lui, si M. Murray a une présence formidable en public, il s’est aussi avéré intrinsèquement peu fiable sur à peu près tout , une fois sorti de scène.

D'après mon expérience, déclare M. McMullan, il peut être une source d'inspiration, mais il peut aussi nuire aux autres.

Je l'ai vu prononcer des discours – des discours de 20 à 30 minutes sans notes ou avec un PowerPoint emprunté – et tenir l'auditoire dans la paume de sa main. Et tout le monde a pensé qu'il était fantastique… Je l'ai vu faire ça. Mais, le reste du temps, il est décousu. C'est une personne désordonnée.

Allégation d'allusions sexuelles et de harcèlement

Glen Murray a commencé dans son emploi à l'Institut Pembina le 5 septembre 2017. Selon d'anciens employés, il continuait d’habiter à Toronto pendant qu'il travaillait pour l'organisation, mais se rendait dans les bureaux de Calgary et de Vancouver.

Plusieurs anciens employés soutiennent que le comportement de Glen Murray a rapidement déclenché des signaux d'alarme, en particulier ses déclarations à connotation sexuelle sur le lieu de travail et lors de rencontres individuelles avec des membres du personnel.

Duncan Kenyon a été directeur de l'Institut Pembina pour le secteur pétrolier et gazier et directeur pour l'Alberta. Il raconte que, durant une promenade, Glen Murray a commencé par faire l'éloge de son travail puis s’est mis à parler de sa vie sexuelle.

Glen Murray lui aurait dit qu'il aimait avoir des relations sexuelles en dehors de son couple.

Il vous jette de la poudre aux yeux, puis continue avec des conversations sexuelles. Ce n’est pas le genre de discussion qu’on a avec un collègue, et encore moins avec son patron, dit M. Kenyon.

Un ancien membre du conseil d'administration de l'Institut Pembina à qui CBC a accepté d’accorder l'anonymat affirme que le conseil d'administration était au courant des allégations de M. Kenyon et de deux autres membres du personnel qui disaient avoir été exposés aux allusions sexuelles de M. Murray.

Cela n'inclut pas l'ancien directeur général de l'Institut Pembina, Ed Whittingham, qui mentionne avoir été témoin d'allusions sexuelles lors d'une conversation en tête-à-tête avec Glen Murray, au premier jour de travail de son successeur.

Il a dit certaines choses sur sa vie personnelle, et en particulier sur la nature ouverte de sa relation avec son mari et sur la possibilité d'avoir des relations sexuelles à l’extérieur de son couple, qui m'ont mis très mal à l'aise et m'ont fait penser immédiatement : ''Mon Dieu, avons-nous fait le mauvais choix?''

C'est une conversation inappropriée à avoir avec qui que ce soit le jour de son arrivée, même avec moi, le directeur général sortant.

M. Whittingham dit qu'il a été si troublé après cette réunion qu'il a pensé à appeler David Runnalls, alors président du conseil d'administration de l’Institut Pembina.

Je me suis dit que j'exagérais probablement, que j'étais sur mon départ. Il s'agissait de mon successeur. Si je faisais cet appel, en fait, j’allais littéralement mettre mon successeur dans le pétrin dès le premier jour. Je n'ai pas pris cette décision. Je regrette maintenant de ne pas avoir fait cet appel, ajoute-t-il.

Selon Duncan Kenyon, Glen Murray est également allé au-delà des connotations sexuelles et a eu des contacts physiques avec lui. Il allègue que M. Murray s'est frotté contre lui, le pelvis contre ses fesses, lors d'une réception organisée par l’organisme à Banff, en mars 2018.

L'environnementaliste Duncan Kenyon, de l'Institut Pembina.

Duncan Kenyon a été directeur de l'Institut Pembina pour le secteur pétrolier et gazier et directeur pour l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Il s'approche de moi et commence à faire une danse sexuelle très suggestive, dit-il. Vous savez, le frotti-frotta. Il y avait beaucoup de monde sur la piste de danse. Donc, c'était assez difficile pour les gens de voir ce qui se passait exactement. Mon patron qui se frottait contre moi sur la piste de danse : c'était assez incroyable!

L’ancien directeur général, Ed Whittingham, raconte que M. Kenyon lui a parlé de l'incident deux jours plus tard.

Duncan en a ri, comme les hommes et les femmes le font parfois dans ces situations, surtout les hommes qui reçoivent des avances sexuelles de la part d'autres hommes, se souvient M. Whittingham.

M. Kenyon dit qu'il a informé le directeur adjoint de l'Institut Pembina, son supérieur immédiat, et qu’il a cru avoir été pris au sérieux. Ce gestionnaire n'a pas répondu aux demandes de commentaires de CBC. M. Kenyon dit n'avoir fait aucune autre démarche.

Il reconnaît que le privilège associé à son rôle au sein de l'organisation a influencé sa décision, contrairement à un homme ou à une femme plus jeune dans la même situation.

Nous sommes des hommes plus âgés, ce n'est pas la fin du monde pour nous. C'est seulement désagréable, fait-il valoir.

Bailey Harris affirme que toutes les allégations de harcèlement contre son client sont fausses et que Glen Murray n'a jamais été mis au courant de telles allégations.

Selon ce qu’il en sait, personne n'a jamais déposé de plainte contre lui, écrit-elle dans sa lettre à CBC.

Bailey Harris écrit aussi que l'ancien président du conseil d'administration de l'Institut Pembina, David Runnalls, a déclaré catégoriquement qu'aucun gestionnaire de l’Institut n'avait saisi le conseil de plaintes de cette nature contre M. Murray.

M. Runnalls confirme à CBC qu'il n'a pas eu connaissance d'une plainte de ce genre contre l'Institut Pembina et que rien n'a été présenté au conseil d'administration.

Allégation de consommation excessive d'alcool

D'anciens employés ont affirmé que Glen Murray a bu de façon excessive lors de certaines activités sociales de l'organisme et de certains événements publics.

Il se saoulait régulièrement lors d'événements organisés par l’Institut Pembina et devenait complètement ivre, affirme Duncan Kenyon.

Il soutient que M. Murray pouvait à peine marcher lors d'un événement à Vancouver auquel assistait la ministre de l'Environnement de l'époque, Catherine McKenna.

M. Kenyon mentionne aussi que son patron était en état d'ébriété la nuit où il l'aurait harcelé physiquement à Banff.

L'ancien conseiller principal et directeur de la décarbonisation industrielle à l'Institut Pembina, Jason Switzer, corrobore l'allégation selon laquelle Glen Murray a bu de manière immodérée ce soir-là.

Alors que nous rentrions à pied [...] à notre hôtel depuis l'un des bars où nous étions, il était à peine capable de marcher. Il était vraiment, vraiment ivre.

Je pense que c'est peut-être le reflet de son désir de se détendre entre collègues, mais on ne veut pas voir quelqu'un qui occupe un poste de direction casser la glace avec son personnel de cette façon.

L'équipe de campagne de M. Murray n'a pas répondu aux demandes de commentaires sur les allégations concernant sa consommation excessive d’alcool pendant des événements de l’Institut Pembina.

Allégations de mauvaise gestion

Toujours selon d'anciens employés de l'Institut Pembina et des documents obtenus par CBC, les pratiques de gestion de Glen Murray ont suscité la méfiance chez des employés de longue date, ce qui aurait poussé quatre d'entre eux à quitter l’organisme en raison de préoccupations liées au professionnalisme.

En 2017, un membre du personnel a écrit au conseil d'administration de l'Institut Pembina : Glen discute d'informations confidentielles avec tout le personnel qui veut bien l'écouter.

On lui a dit des choses en toute confidentialité et il commente à haute voix lors de différentes réunions du personnel. Il s'agit d'informations confidentielles, qui lui ont été dites en toute confidentialité, sur le harcèlement sexuel, la santé mentale, etc., écrit l'ancien employé dans un courriel daté du 17 novembre 2017, soit deux mois après que M. Murray s'est joint à l'organisme.

Ça devrait rester confidentiel et ne pas être divulgué à chaque appel ou conversation de couloir, note l'ancien membre du personnel qui est inquiet quant à des poursuites en diffamation ou pour harcèlement.

D'anciens employés de l'Institut Pembina exposent également une longue liste de plaintes à l'égard de leur ancien patron.

Trois d'entre eux ont révélé à CBC qu'ils n'arrivaient pas à obtenir de M. Murray qu’il s’en tienne au message prévu lorsqu'il rencontrait des donateurs potentiels, des dirigeants gouvernementaux ou des représentants d'organismes environnementaux.

Il est devenu assez clair, et ce n'est peut-être pas surprenant, qu'il allait suivre sa propre voie et que personne n'allait être en mesure de lui donner des consignes, affirme Jason Switzer.

Il avait vraiment son propre point de vue sur les choses, et s'il aimait un ensemble particulier de points de discussion, il les suivait. Mais, essentiellement, il improvisait sur n'importe quel type de question.

L’ancien collecteur de fonds de l’Institut Pembina, Iain McMullan, dit avoir trouvé l'approche de Glen Murray très difficile.

Je n'ai jamais vraiment été en mesure d'établir une relation de travail constructive avec lui au cours des six mois que nous avons passés ensemble, dit-il. J'ai essayé très fort. J'ai l'impression qu'il ne voulait tout simplement pas se faire breffer sur les dossiers.

Jason Switzer et Duncan Kenyon notent aussi que Glen Murray rencontrait souvent des gens externes à l'organisme sans prendre de notes pour informer le personnel des sujets discutés lors de ces réunions. Ils ignoraient souvent ses allées et venues, précisent-ils.

Nous ne savions jamais qui Glen rencontrait, nous ne savions pas de quoi il avait discuté. Il ne venait pas nous voir pour nous dire qu'il allait rencontrer untel ou untel, raconte Duncan Kenyon.

Il organisait régulièrement des réunions sans que personne ne soit là pour prendre des notes, et nous n'avions donc aucune idée des suites à donner, ajoute M. Switzer.

Il n'y avait aucune sorte de certitude que nous allions obtenir des résultats de l'une ou l'autre des réunions qu'il organisait, que ce soit avec des partenaires gouvernementaux ou des partenaires commerciaux, poursuit-il.

Ed Whittingham dans une entrevue.

Le prédécesseur de Glen Murray à la direction générale de l’Institut Pembina, Ed Whittingham, dit avoir aidé d’anciens employés à obtenir le départ de Glen Murray parce que ce dernier représentait une « menace » pour l’organisme.

Photo : Radio-Canada

Les anciens employés se sont également plaints que Glen Murray était souvent en retard aux rendez-vous. Son prédécesseur, Ed Whittingham, a raconté que, à une occasion, il s’est rendu à Calgary par avion et a dû attendre si longtemps qu'il a envisagé de repartir.

M. Whittingham soutient avoir attendu de la même façon quand il a organisé une rencontre entre M. Murray et le dirigeant d'une entreprise pétrolière et gazière de Calgary.

Il est arrivé avec 40 minutes de retard, et le PDG, tout comme moi, était sur le point de se lever et de partir.

Duncan Kenyon raconte que Glen Murray mettait l'Institut Pembina dans l'embarras en interrompant des représentants d'entreprises et gouvernementaux pendant des rencontres.

Ils n'arrivaient pas à placer un mot. Ce n'était pas une discussion. C'était juste le sermon de Glen Murray.

Duncan Kenyon mentionne que M. Murray a promu des employés moins expérimentés à des postes de direction afin de s'isoler du personnel de longue date.

Il est très agréable, il peut être très sympathique et charismatique, mais, à bien des égards, en réalité, il fait en sorte que les gens soient ses alliés et n'est pas authentique dans plusieurs de ses interactions, explique Duncan Kenyon en décrivant ces échanges comme une stratégie de division et de conquête.

Au début, les gens étaient un peu sceptiques. Et puis, plus tard, il est devenu clair qu'il ne faisait vraiment pas son travail.

L'équipe de campagne de Glen Murray n'a pas répondu aux demandes de commentaires sur les plaintes concernant sa gestion.

Une menace existentielle pour l’Institut Pembina

En mars 2018, le conseil d'administration et les membres du personnel de l'Institut Pembina de tout le Canada se sont rassemblés à Banff pour un séminaire annuel servant à élaborer des stratégies et à avoir des discussions en personne.

D'anciens employés affirment que, non seulement Glen Murray a beaucoup bu, mais il ne s'est pas suffisamment préparé pour ce rassemblement de plusieurs jours, qu'ils ont qualifié de plus important de l’année.

La rencontre elle-même était si mal organisée – après des années d'organisation méticuleuse pour obtenir des résultats – qu'à ce moment-là, je pense qu'il y a eu une sorte de sentiment général de lassitude parmi le personnel, affirme M. Switzer.

C'était la pagaille. Cela rendait tout le monde fou, tout le monde disait : ''Vous savez, c'est vraiment important. Nous ne faisons cela qu'une fois par an. Travaillons ensemble sur l'ordre du jour.''

Et il a décidé de sortir un tas de lapins de son chapeau, dénonce Iain McMullan.

Selon lui, ces éléments surprises comprenaient de nouvelles orientations et un exercice de rajeunissement de l'image de marque de l'Institut.

Plusieurs anciens employés ont déclaré que l'événement a fini par créer une solidarité entre les membres du personnel qui voulaient que Glen Murray parte.

Un camion au travail dans les sables bitumineux de Syncrude près de Fort McMurray, le 1er juin 2014.

L'Institut Pembina est un groupe de réflexion sur l'énergie propre établi à Calgary.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Pour être honnête, c'est à ce moment-là que les gens ont commencé à planifier ce qu'il fallait faire pour obtenir son départ, parce qu'il faisait tellement de dégâts, souligne M. Kenyon.

Après la retraite du personnel à Banff, les directeurs de l'Institut Pembina ont commencé à se réunir dans l'intention de porter plainte contre la gestion de Glen Murray devant le conseil d'administration, affirme Duncan Kenyon.

Ed Whittingham dit s'être joint aux efforts visant à évincer M. Murray après être devenu le directeur officieux et non nommé à l'écoute empathique de ses anciens collègues.

La dernière chose que je voulais était de participer à l'éviction de mon successeur, mais à ce moment-là, je pensais que l’existence de l’Institut était en jeu et que je devais vraiment agir, explique-t-il.

Il doit partir, a-t-on dit au président du conseil d'administration

Ed Whittingham raconte avoir d'abord rencontré un membre du conseil d'administration en juin 2018 pour lui dire que l'organisme n'avait pas fait preuve de diligence raisonnable dans le cas de Glen Murray.

Il dit que plus tard, il a déclaré au président du conseil d'administration, David Runnalls, que la situation avec Glen Murray était irréparable et qu'il devait partir.

M. Whittingham explique que l'Institut Pembina a fait appel à George Greene, le fondateur de la société de conseil en environnement Stratos, pour qu’il mène une série d'entretiens avec les cadres supérieurs ainsi qu'un sondage auprès du personnel.

Duncun Kenyon dit avoir fait partie des personnes interrogées par M. Greene. Il raconte avoir discuté des pratiques de gestion de Glen Murray et ne pas avoir mentionné les allégations d'allusions sexuelles et l'incident de frotti-frotta survenu à Banff.

M. Greene a questionné les employés de l'Institut Pembina en juillet et en août 2018 et a présenté un résumé de ses conclusions au conseil d'administration lors d'une réunion d'urgence le 24 août 2018, selon les documents obtenus par CBC.

George Greene n'a pas répondu aux demandes de commentaires de CBC.

L'avocate de Glen Murray, Bailey Harris, confirme que George Greene a présenté un rapport verbal au conseil d'administration.

David Runnalls a remis à Glen Murray un avis de licenciement une semaine plus tard, selon les documents.

Ces documents indiquent que M. Murray a demandé de pouvoir démissionner, ce qui lui a été accordé. Le 9 septembre 2018, M. Runnalls a informé les hauts dirigeants de l'organisme que Glen Murray avait choisi de démissionner.

M. Murray a quitté son poste le 10 septembre 2018.

Bien que j'aie hâte de relever un nouveau défi, l'Institut Pembina est un endroit et une équipe très difficiles à quitter, a-t-il déclaré à l’époque.

En réponse aux demandes de commentaires de CBC cette semaine, l'avocate de Glen Murray a fourni une raison différente pour son départ.

M. Murray a démissionné de l'Institut Pembina il y a quatre ans (2018) pour des raisons personnelles et familiales, écrit Bailey Harris dans une lettre adressée à CBC.

L'ancien président du conseil d'administration a à l'époque publiquement remercié M. Murray pour son leadership.

Pendant son mandat, Glen a été un grand accélérateur pour l'organisation et son personnel, affirmait David Runnalls dans un communiqué en 2018.

Cette semaine, il a refusé de commenter les circonstances entourant le départ de Glen Murray ou les allégations faites au sujet de sa gestion.

Neuf jours après avoir quitté l'Institut Pembina, M. Murray était à Winnipeg et déclarait qu’il revenait s’établir au Manitoba et qu'il ne songeait pas à un retour en politique.

L'institut Pembina refuse de faire des commentaires

L'Institut Pembina a refusé de commenter et d'aborder les allégations visant Glen Murray ou les circonstances qui ont mené à son départ.

Pour des raisons de confidentialité et légales, nous ne sommes pas en mesure de commenter publiquement les questions relatives au personnel, a déclaré le directeur général, Chris Severson-Baker, par courriel au début du mois de septembre.

L’Institut Pembina a des politiques et des procédures complètes régissant le milieu de travail, y compris des politiques et des procédures encadrant les comportements respectueux sur le lieu de travail et l'utilisation prudente des ressources et des actifs.

Ed Whittingham se demande si M. Murray est apte à devenir le maire de Winnipeg, étant donné ce dont il a été témoin dans son milieu de travail.

Je pense qu'il lui incombe d'expliquer le travail qu'il a fait et pourquoi il est maintenant qualifié pour un rôle de leadership encore plus important, alors qu'il était très clair, en l'espace d'un an, qu'il n'était absolument pas qualifié pour un rôle de leadership plus modeste, dit-il.

Duncan Kenyon croit que Glen Murray serait un maire toxique.

Le genre de lieu de travail qu'il créerait serait vraiment problématique, estime-t-il.

Je ne voudrais vraiment pas, jamais, que quelqu'un doive travailler dans un bureau avec lui, vu comment il était à l’Institut Pembina.

Avec des informations de Bartley Kives

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