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Mur à la frontière : un candidat conservateur surpris par les propos de son chef

Les deux hommes debout sur une scène avec des bannières du Parti conservateur du Québec.

Olivier Dumais, maire de Saint-Lambert-de-Lauzon, s'est lancé sur la scène politique provinciale avec les conservateurs d'Éric Duhaime.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a réitéré sa position selon laquelle la construction d’un mur à la frontière des États-Unis était une option à considérer pour contrer les traversées irrégulières au chemin Roxham, ce qui a surpris l'un de ses propres candidats.

Olivier Dumais, qui se présente dans la circonscription de Beauce-Nord, affirme que cette proposition du chef n’a pas été discutée au PCQ.

Quand on a entendu un mur, c’est là que les gens m’ont interpellé parce qu'à travers le parti, on n’a jamais entendu ça, a-t-il confié mercredi soir, en marge du rassemblement conservateur au bar Cube de Sainte-Croix.

Les déclarations du chef ou de l’animateur?

Appelé à réagir la veille au reportage d’Enquête de Radio-Canada qui révélait que le gouvernement fédéral avait déjà dépensé plus d'un demi-milliard de dollars en infrastructures pour accueillir les migrants, Éric Duhaime a affirmé qu’il fallait des mesures musclées pour fermer le chemin Roxham.

Or, du même coup, le chef conservateur a été questionné sur ses propos rapportés dans une publication sur les médias sociaux datant de 2017, à l’époque où il était animateur de radio. Il soutenait alors que si l’immigration illégale se poursuivait, il fallait songer sérieusement à construire un mur entre le Canada et les États-Unis.

Éric Duhaime a répondu mardi qu’il maintenait cette position. Il faut fermer le robinet, il faut fermer la frontière d'une manière ou d'une autre, a-t-il martelé devant les journalistes, jugeant que l'idée d'un mur était une façon d'y arriver, mais [qu]'il y en a plein d'autres.

Lorsqu’on demande au candidat Olivier Dumais s’il est favorable à la construction d’un mur, il répond non. Mais il faut que le fédéral règle le problème de l’immigration irrégulière, selon lui.

Il y a des entreprises qui sont choquées en Beauce. On entend dire qu'il rentre 40 000 immigrants illégaux. Nous autres, on essaie d’en avoir un ou deux. Ça nous coûte 7000 ou 10 000 $ par tête. Et ça prend un an ou deux pour avoir un immigrant. Il faut que le fédéral mette ses culottes, conclut-il.

Pas contre l’immigration

Mercredi soir, devant une centaine de militants rassemblés à Sainte-Croix, dans la circonscription de Lotbinière-Frontenac, Éric Duhaime a livré un vibrant plaidoyer pour l’immigration, en attaquant de nouveau la Coalition avenir Québec (CAQ).

On est un peuple accueillant, chaleureux. On est un peuple qui veut ouvrir nos cœurs puis nos bras au monde. Malheureusement, le gouvernement Legault envoie une image qui "distorsionne" notre réalité et la beauté du peuple québécois présentement, a-t-il dit.

Le chef conservateur est revenu sur les propos controversés du ministre sortant de l’Immigration Jean Boulet, qui s’est excusé après avoir affirmé que 80 % des immigrants s'en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

Éric Duhaime a ajouté qu’il trouvait passéiste de voir l’autre comme un étranger ou une menace. Il faut le voir comme un apport, comme un voisin, comme un potentiel ami. Moi, c’est comme ça que j'espère qu'on va aborder la question de l’immigration.

Le PCQ est toutefois d’accord avec certaines positions de la CAQ sur l’immigration, comme l’idée de faire passer un test de valeurs aux nouveaux arrivants et celle de ne pas augmenter les seuils actuels.

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