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Les homardiers dénoncent l’entente entre le MPO et les Rangers de Listuguj

Du homard fraîchement pêché, au quai de Cap-Pelé, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, le 16 août 2022.

La Loi sur les pêches continue de s'appliquer durant la pêche au homard d'automne à Listuguj, assure le MPO (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie se dit consterné par l’entente entre Listuguj et Ottawa sur la supervision de la pêche au homard d’automne par la communauté, dans la zone 21B. Le président, O’Neil Cloutier, y voit l'instauration de deux régimes de gestion des pêches.

Cette prise de position s'inscrit dans la foulée de l'annonce par la communauté de Listuguj d'une entente entre le MPO sur la gestion de la pêche commerciale automnale dans la baie des Chaleurs, en Gaspésie.

Cette entente permettra aux Rangers de se substituer aux agents des pêches de Pêches et Océans Canada afin de surveiller la pêche, qui a commencé lundi dans la communauté.

Selon O'Neil Cloutier, la communauté mi'gmaw sera à la fois juge et partie dans la gestion de la pêche au homard d'automne.

O'Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

O'Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Ce sont des permis qui sont délivrés par la communauté, ce sont des pêcheurs de la communauté. Ils contrôlent totalement la pêche, alors que pour un autre groupe, les allochtones, c’est Pêches et Océans Canada, un organisme neutre, qui gère la pêche et la conservation de la ressource, déplore-t-il.

« On va avoir différents systèmes de gestion. Un pour les Autochtones, un pour les allochtones. On ne s’y retrouvera plus. »

— Une citation de  O’Neil Cloutier

Une telle décision aura pour effet de morceler la pêche en Gaspésie, selon lui. Je pense qu’on ne s’en va pas vers la réconciliation, au contraire, on s’en va vers une période très sombre et sans savoir qui gère quoi, regrette-t-il, amer.

La Loi sur les pêches s’applique, assure le MPO

Les mêmes règles de pêche commerciale s’appliquent dans un plan de gestion signé conjointement entre le MPO et Listuguj, certifie Jean-François Sylvestre, chef de la conservation et de la protection pour le secteur Gaspésie–Bas-Saint-Laurent–Îles-de-la-Madeleine.

Celui-ci se fait rassurant, souligne l’approche collaborative entre les deux parties et affirme que le protocole signé entre Listuguj et Ottawa n'enlève pas les pouvoirs conférés aux agents des pêches en vertu de la Loi sur les pêches, qui continue donc à s'appliquer.

Les Rangers et les agents des pêches sont présents dans la zone 21B. Les deux travaillent en collaboration. On travaille main dans la main, dans un même but qui est la conservation de la ressource, explique Jean-François Sylvestre.

Jean-François Sylvestre, chef de la conservation et de la protection pour le secteur Gaspésie–Bas-Saint-Laurent–Îles-de-la-Madeleine.

Jean-François Sylvestre, chef de la conservation et de la protection pour le secteur Gaspésie–Bas-Saint-Laurent–Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Des patrouilles conjointes du MPO et des Rangers de Listuguj sont d'ailleurs mises en place.

Les agents des pêches du MPO ont donc toute autorité dans la zone 21B pour intervenir auprès des pêcheurs autochtones, selon lui. On partage les rôles. Les Rangers vont appliquer tout ce qui découle de la Loi sur le homard, qui est propre à la première nation, et les agents des pêches vont couvrir l’ensemble des autres infractions qui sont couvertes par la Loi sur les pêches, explique M. Sylvestre.

Des bémols

[Le MPO] peut dire ce qu’il veut, mais les agents des pêches n’ont pas accès au territoire de Listuguj, rétorque O’Neil Cloutier.

Le porte-parole des homardiers ajoute que les épisodes de violence en Nouvelle-Écosse entre pêcheurs allochtones et autochtones, rappelés dans le communiqué de la nation de Listuguj, ne sont pas représentatifs des rapports entre pêcheurs commerciaux et communautés autochtones de la Gaspésie.

On semble tenir pour acquis que ça se passe partout comme ça, partout où il y a des communautés autochtones, ce qui est absolument faux, souligne M. Cloutier qui rappelle que les flottilles autochtones et allochtones de la Gaspésie collaborent généralement très bien.

Le chef de la nation mi’gmaw de Listuguj, Darcy Gray, n'a pas pu être joint.

Toutefois, le communiqué publié par Listuguj indique que le protocole exige que toute mesure d'application de la loi reflète les valeurs mi'gmaq et reconnaisse les répercussions et les antécédents de discrimination à l'égard des peuples autochtones par le Canada.

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