•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Petits cafouillages et grosses bourdes : retour sur 12 moments marquants de la campagne

Le marathon électoral québécois a créé plusieurs rebondissements, certains inattendus, d'autres inévitables.

François Legault lève les bras derrière un lutrin.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Les attentes quant au niveau d'excitation envers la campagne électorale étaient peu élevées lorsque le premier ministre sortant s'est rendu chez le lieutenant-gouverneur, déclenchant ainsi le coup d'envoi. Ce marathon électoral a tout de même donné lieu à plusieurs rebondissements, certains inattendus, d'autres inévitables. Voici quelques moments marquants de la campagne qui s'achève... que certains aimeraient peut-être oublier.

1. Menaces, tensions et vandalisme

À peine lancée, la campagne électorale a pris un tour dramatique.

Menacée de mort par un homme arrêté par la police puis relâché, la députée libérale sortante de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, a dénoncé le climat social tendu et le manque de sécurité entourant les élus et les candidats, en plus d'exhorter l’Assemblée nationale du Québec à mettre en place un système de bouton panique.

Je ne peux pas risquer ma vie ni celle de l'enfant que je porte, s'est exclamée la candidate, qui en était alors à huit mois de grossesse. À la suite de sa sortie – et du cambriolage du local électoral de son collègue dans Marquette, Enrico Ciccone –, les chefs de tous les partis ont lancé un appel au calme.

2. La CAQ trébuche sur l'immigration

Au détour d'un point de presse, le 7 septembre à Victoriaville, le chef de la Coalition avenir Québec s'est montré plutôt bavard sur le dossier de l'immigration. Peut-être un peu trop.

S'exprimant quant aux défis d'intégrer les immigrants dans le contexte où le fédéral prévoit augmenter les seuils à 450 000 nouveaux arrivants, François Legault a tracé un lien douteux entre violence et immigration : Les Québécois sont pacifiques, ils n’aiment pas la chicane, ils n’aiment pas les extrémistes, ils n’aiment pas la violence, donc il faut s’assurer qu’on garde ça comme c’est là actuellement.

Le soir même, sur son compte Twitter, il a assuré qu'il n'avait pas voulu associer l’immigration à la violence et s'est dit désolé si [ses] propos avaient porté à confusion.

3. La reine est morte, vive le roi?

La campagne électorale a été bousculée par le décès de la reine Élisabeth II, le 8 septembre.

François Legault a suspendu sa campagne derechef pour revêtir ses habits de premier ministre sortant, demandant du même coup la mise en berne des drapeaux des édifices publics québécois, ce à quoi s'est opposé le chef du Parti québécois.

Le lendemain, Paul St-Pierre Plamondon a finalement reconnu avoir « eu une réaction trop spontanée ». J'ai mal choisi le moment, a-t-il admis, disant ne pas vouloir faire de débat sur la monarchie en de pareilles circonstances.

Le leader indépendantiste a tout de même déclaré qu'il ne prêterait pas serment au nouveau roi, Charles III, lors de son assermentation à l'Assemblée nationale, s'il était élu le 3 octobre. Néanmoins, il n'a pas pu expliquer comment il s'y prendrait pour se soustraire à cet exercice obligatoire.

4. Les comptes en souffrance d'Éric Duhaime

Taxes scolaires et municipales impayées, poursuite aux petites créances pour des factures de plomberie à la traîne... Le chef conservateur a perdu quelques précieuses journées de campagne à devoir expliquer les raisons sous-jacentes aux milliers de dollars en comptes et factures impayés.

La mise au jour de ces bévues financières n'a toutefois pas empêché Éric Duhaime de réunir près de 3000 personnes dans le hall du Centre Vidéotron quelques jours plus tard, ce qui a donné lieu au plus grand rassemblement militant de la campagne.

5. Des erreurs par milliards au PLQ

Le Parti libéral du Québec se targue d'être celui de l'économie. Or, le 14 septembre, La Presse+ a mis au jour un trou de 16,3 milliards de dollars dans le cadre financier des libéraux.

Le calcul de la dette publique du Québec est passablement complexe. Probablement qu'on l'a fait trop vite, a alors expliqué le président de campagne, l'ancien ministre des Finances Carlos Leitão, qui a promis la mise en ligne d'une version corrigée du cadre financier, ce qui a été fait.

Mais le parti a dû refaire ses devoirs, en raison cette fois de la surestimation de certains revenus. Espérons que la troisième version du cadre financier sera la bonne.

6. Études, pas d'études, on y va!

François Legault a été talonné tout au long de la campagne électorale au sujet de son projet de bitube entre les centres-villes de Québec et de Lévis. Tous ses adversaires – le conservateur Éric Duhaime en premier – ont réclamé qu'il dévoile les résultats des études sur le troisième lien.

Après avoir martelé qu'elles devaient être mises à jour en raison de la pandémie, François Legault a fini par admettre qu'il n'en existait aucune sur la faisabilité d'un tunnel à quatre voies reliant les centres-villes de Québec et de Lévis.

Puis, dans un autre revirement, Radio-Canada a révélé que non seulement des données exhaustives existaient sur la faisabilité d'un tel tunnel, mais qu'elles avaient été transmises au ministère des Transports et au Cabinet du premier ministre en 2021.

Le premier ministre sortant a fini par insinuer que la décision de construire un troisième lien était en fait politique, sans égard aux données et aux conclusions des experts, ce qui a évidemment fait sursauter ses adversaires.

7. Le problème est réglé à l'hôpital de Joliette

Le problème qui est arrivé à l'hôpital de Joliette avec Mme Joyce est maintenant réglé.

Deux ans après le décès de Joyce Echaquan, sous les insultes racistes d'infirmières, le chef de la Coalition avenir Québec et premier ministre sortant a lancé cette affirmation en plein débat à TVA. De quoi faire sursauter le mari de la défunte, toute sa famille, leur avocat et les chefs atikamekw.

Quelques jours plus tard, François Legault a présenté ses excuses à Carol Dubé, le veuf de Mme Echaquan.

8. François Legault dégomme un ministre

Question de faire valoir la qualité de son équipe– et de dévaloriser celle des autres –, le chef caquiste a vanté les mérites de son « dream team » économique, avec Eric Girard aux finances, Sonia LeBel au Conseil du Trésor et Pierre Fitzgibbon à l’économie.

François Legault est allé plus loin en laissant sous-entendre que personne ne pouvait être meilleur que Christian Dubé à la santé, lui garantissant pratiquement le poste de ministre. Les journalistes l'ont toutefois rattrapé au détour, lui demandant si Jean-François Roberge pouvait bénéficier de telles garanties à l'éducation. Écoutez, personne n’a de job garantie à la CAQ, a-t-il fini par dire.

9. Soutenir les sinistrés... et son candidat

Les ravages causés par la tempête post-tropicale Fiona ont mené les chefs caquiste et péquiste aux Îles-de-la-Madeleine, question de constater les dégâts, de soutenir les sinistrés, mais aussi leur candidat! Si François Legault a pu invoquer son rôle de premier ministre sortant pour suspendre sa campagne électorale quelques heures et expliquer sa visite dans l'archipel, Paul St-Pierre Plamondon a dû justifier la sienne, accusé par certains de politiser le drame.

Il faut dire que la circonscription des Îles-de-la-Madeleine est le théâtre d'une lutte serrée entre la CAQ et le PQ depuis le début de la campagne. Le député péquiste sortant, Joël Arseneau, est au coude-à-coude avec Jonathan Lapierre, maire de la Municipalité depuis neuf ans, qui tente sa chance sur la scène provinciale avec la CAQ.

10. PSPP et l'affaire des dépliants subtilisés

Québec solidaire bataillait ferme pour ravir la circonscription de Camille-Laurin (anciennement Bourget) au caquiste Richard Campeau. Des efforts qui ont cependant été anéantis par la candidate solidaire elle-même, prise en flagrant délit au moment où elle remplaçait un tract péquiste par un des siens dans la boîte aux lettres d'un électeur.

Marie-Eve Rancourt s'est ainsi désistée de la course, laissant le soin au chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, candidat dans Camille-Laurin, de déloger M. Campeau. Une erreur de jugement devenue une bénédiction pour le PQ, qui voit ainsi bondir les chances de faire élire son chef.

11. La CAQ trébuche (encore) sur l'immigration

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, François Legault a affirmé : Tant qu'on n'aura pas stoppé le déclin du français, je pense que, pour la nation québécoise qui veut protéger la langue, ce serait un peu suicidaire d'aller augmenter [le seuil d'immigration].

Il n'en fallait pas plus pour faire bondir les adversaires de la CAQ.

Mais la CAQ ne s'est pas arrêtée là, car elle a fourni davantage de munitions à ses détracteurs par la bouche du ministre sortant de l'Immigration lui-même, Jean Boulet, dont les déclarations erronées au sujet des immigrants, prononcées quelques jours plutôt dans un débat régional, ont refait surface le même jour.

François Legault s'est indigné des déclarations de Jean Boulet, le déclarant inapte à redevenir ministre de l'Immigration. Les critiques y ont vu une tentative du chef caquiste de faire oublier ses propres bourdes.

12. Perdre patience à Rouyn-Noranda

Au jour 33 de la campagne, le chef de la CAQ s'est rendu dans la circonscription de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, en Abitibi, pour prêter main-forte à son candidat Daniel Bernard, qui tente de déloger la députée sortante, la solidaire Émilise Lessard-Therrien.

La lutte est enflammée... mais pas autant que le ton du premier ministre sortant lorsqu'il a répondu aux questions de l'animateur de l'émission de radio locale Des matins en or sur les émissions d'arsenic de la Fonderie Horne. La tension était palpable dans le studio quand David Chabot a contredit François Legault.

L'attitude irritée du chef caquiste a fait dire à ses adversaires – et à de nombreux analystes – qu'il était temps que la campagne finisse!

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !