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Croissance marquée de la population autochtone à Ottawa-Gatineau

Abram Benedict vu sur Kawehno:ke, également connue sous le nom d'île Cornwall, en 2020.

Le grand chef d'Akwesasne, Abram Benedict, dit que sa réserve essaie de répondre à la demande de logements.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Radio-Canada

La population autochtone d'Ottawa-Gatineau a augmenté de 22 % de 2016 à 2021 et compte maintenant environ 46 565 personnes, selon les données du plus récent recensement de Statistique Canada.

Certains chefs locaux s'inquiètent des impacts à long terme que pourrait avoir l'exode des Autochtones de leur réserve vers la ville. Plusieurs d'entre eux ont décidé d'instaurer quelques nouvelles mesures afin que leurs membres gardent contact avec la communauté.

Le manque de logements dans les réserves, une plus grande variété d'emplois et l'attrait d'une éducation postsecondaire sont quelques-uns des facteurs les plus fréquents qui poussent les Autochtones à déménager vers les zones urbaines.

Selon Abram Benedict, grand chef du Conseil des Mohawks d'Akwesasne sur le fleuve Saint-Laurent, la plupart des personnes de sa communauté qui partent pour travailler ou étudier ne vont généralement pas loin. Il essaie de les aider du mieux qu'il peut à garder un lien avec la communauté.

Nous voulons que nos membres soient servis par nous, nous voulons aussi maintenir le sentiment d'appartenance à une famille pour tous nos membres, explique-t-il.

Même si sa communauté a beaucoup d'infrastructures et peut offrir de nombreux services, le manque de logements fait parfois fuir les gens.

« Chaque communauté est aux prises avec cela. Il n'y a pas un chef à travers le pays à qui j'ai parlé qui m'a dit avoir suffisamment de maisons pour tous ses membres. »

— Une citation de  Abram Benedict, grand chef du Conseil des Mohawks d'Akwesasne

Akwesasne envisage actuellement d'augmenter son offre de logements, mais M. Benedict reconnaît qu'il est difficile de répondre à la demande.

Nous continuons à construire autant de maisons que possible avec les ressources dont nous disposons. L'accès à la terre est également un défi pour nous, précise-t-il.

La création d'une réserve urbaine, une solution?

Le manque d'espace et d'emplois dans la réserve de la Première Nation algonquine de Pikwàkanagàn, au sud de Pembroke, en Ontario, a poussé les dirigeants à entamer la planification d'une réserve urbaine à Ottawa.

Pikwàkanagàn est une très petite réserve… Nous ne pouvons pas raisonnablement loger et employer tous nos membres, qui sont plus de 3000, souligne Wendy Jocko, la cheffe de la communauté.

Plutôt que nos gens aient à se déplacer vers nous, nous nous dirigeons vers eux, explique-t-elle, en précisant que le plan est toujours en cours d'élaboration.

Wendy Jocko pose pour la caméra.

Mme Jocko a grandi hors de la réserve, ce n'est donc pas une surprise pour elle d'apprendre que d'autres déménagent, mais elle espère pouvoir rapprocher sa communauté grâce à de nouvelles initiatives de logement et à des occasions d'emploi.

Photo : Gracieuseté de Wendy Jocko

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, a parlé de la création de la réserve urbaine dans son discours sur l'état de la ville en janvier 2022, confirmant que des discussions étaient en cours avec des partenaires de développement pour trouver un emplacement dans la capitale fédérale.

Garder un lien avec son chez-soi

À une époque où de plus en plus de personnes, autochtones ou non, déménagent vers les villes, Jennifer Tenasco espère faire le contraire.

Tenasco a grandi dans la communauté algonquine de Kitigan Zibi Anishinabeg, mais a déménagé à Ottawa tôt dans sa vie. Depuis qu'elle est partie à l'âge de huit ans, la jeune femme retourne dans sa communauté tous les week-ends.

Jennifer Tenasco en train d'effectuer la danse du cerceau.

Mme Tenasco rentre fréquemment chez elle dans la réserve ou visite d'autres communautés pour participer à des pow-wow et à la danse du cerceau.

Photo : Gracieuseté de Jennifer Tenasco

Ottawa lui a fourni une bonne occasion de terminer son baccalauréat et de découvrir la vie hors réserve, mais sa famille et sa culture lui manquent. Mme Tenasco a récemment commencé à fabriquer des paniers en bouleau et doit rentrer chez elle pour récolter des matériaux de qualité.

Ici, [le bouleau est] en train de pourrir et de bouillonner, mais chez moi, je peux ramasser et récolter mon bouleau facilement, c'est donc un aspect qui est culturellement différent, explique-t-elle.

Passer du temps à la maison lui permet également de renouer avec sa langue qui est rarement utilisée à Ottawa.

Notre langue est perdue. Ma grand-mère est l'une des dernières à parler couramment l'algonquin. Donc, pour rentrer à la maison et lui parler, [je veux] essayer d'apprendre la langue, conclut Jennifer Tenasco.

Avec les informations de Cindy Tran de CBC

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