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Le « couloir des ouragans » sur la route Dempster, au Yukon, sous la loupe des chercheurs

Trevor Anderson, avec une casquette et des lunettes de soleil, devant un paysage de montagnes traversé par une route.

Selon le chercheur principal de l'étude, Trevor Anderson, les vents qui balaient cette section de la route Dempster sont assez puissants pour faire renverser des poids lourds.

Photo : Fournie par Trevor Anderson

Radio-Canada

Une équipe de chercheurs de l'Université Carleton, en Ontario, étudie la vitesse des vents sur une section de la route Dempster, au Yukon, afin de prévenir les accidents de la route.

L’étude est menée en collaboration avec le gouvernement du Yukon.

Selon Trevor Anderson, chercheur principal, la géographie particulière de cette portion de la route, surnommée le couloir des ouragans, expliquerait pourquoi les vents atteignent des vitesses très puissantes en hiver.

Entre les kilomètres 450 et 465, une crête de 950 mètres à 1150 mètres au-dessus du niveau de la mer surplombe la route, tandis que la route est de 650 mètres à 750 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il n’y a donc pas beaucoup de différence d’altitude entre la route et la crête, selon le chercheur.

Il ajoute que l’emplacement de la route par rapport aux montagnes fait en sorte que des vents froids des Territoires du Nord-Ouest passent par-dessus la crête, se dirigent dans la vallée en contrebas et atteignent la route à très grande vitesse.

« Souvent, les vents peuvent atteindre plus de 100 km/h. Ça peut causer des problèmes comme de la poudreuse, une diminution de la visibilité, et si des camions circulent sur cette route, ils peuvent être complètement emportés par le vent. »

— Une citation de  Trevor Anderson, chercheur principal, Université Carleton

C’est ce qui explique pourquoi la route Dempster est souvent fermée en hiver, souligne Trevor Anderson.

Je pense qu’entre janvier et mars cette année, la route a été fermée pendant environ 40 % du temps.

Huit stations éoliennes ont été installées sur cette portion de la route pour mesurer la vitesse du vent, sa direction et sa température. Les stations sont reliées à un satellite qui achemine vers un site web des données en temps réel.

Station éolienne au milieu d'un espace recouvert de neige, en hiver.

L'une des huit stations éoliennes installées dans le corridor des ouragans, sur la route Dempster, au Yukon.

Photo : Fournie par Trevor Anderson

Trevor Anderson affirme que le but ultime de ce projet pilote est d’utiliser ces données afin de comprendre quand ces vents pourraient survenir et de déterminer si la route est sécuritaire ou non pour les voyageurs.

On veut partager plus d'informations avec les gens afin qu’ils puissent circuler sur la route de façon sécuritaire , dit Trevor Anderson, qui ajoute que les équipes qui entretiennent la route pourront aussi tirer profit de ces données et savoir quand la fermer.

Un ajout utile à la boîte à outils

Le ministère de la Voirie et des Travaux publics du gouvernement du Yukon dispose de camps disséminés le long de la route pour les équipes responsables de l'entretenir et d'assurer la sécurité des voyageurs.

Cathy Brais est contremaîtresse de la route au camp d'entretien d'Eagle Plains, à environ 90 kilomètres du corridor des ouragans.

Elle dit que son équipe s'occupe bien de la surveillance de la route, mais que ces données sont des ajouts utiles à sa boîte à outils.

Route qui s'étend vers des montagnes recouvertes de nuages.

Cathy Brais, contremaîtresse à l'entretien de la route Dempster, au Yukon, explique que la section située entre les kilomètres 452 et 462 est difficile à surveiller.

Photo : Fournie par Trevor Anderson

C’est difficile de surveiller la route, explique-t-elle. Des camions se rendent aux Territoires du Nord-Ouest et quand ils reviennent, ils sont vides et c’est très inquiétant pour moi. Ils sont plus légers quand ils traversent le couloir des ouragans et [les conducteurs] ne peuvent pas savoir ce qui se passe.

Cathy Brais ajoute que lorsque le site web de l’équipe de recherche indique que des vents soufflent à 140 km/h, elle peut prendre la décision de fermer la route. Le point de non-retour est atteint à 80 km/h, et je préfère fermer la route à cause des camions vides , indique-t-elle.

Cathy Brais et Trevor Anderson aimeraient que ces données soient partagées avec le public.

Le chercheur dit que l’unité d’ingénierie des transports du gouvernement du Yukon a exprimé de l'intérêt envers le projet. Trevor Anderson espère un jour que la vitesse des vents sera affichée au point de départ de la route, près de Dawson, et aussi à Fort McPherson et Inuvik, aux T.N.-O., afin que les voyageurs puissent être informés avant de prendre la route.

Avec les informations de Chris McIntyre

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