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Face aux catastrophes naturelles, l’armée est-elle la solution à long terme?

La disponibilité de l’armée découragerait les gouvernements d’investir dans des infrastructures résilientes, affirme un expert du Collège militaire royal.

Deux militaires côte à côte près d'un cours d'eau. Un a le pied sur un gros billot. De l'autre côté de la rive, on voit une maison, lourdement endommagée par l'ouragan, qui est penchée sur le bord d'une falaise.

Des militaires des Forces armées canadiennes à Burnt Island, Terre-Neuve-et-Labrador, mercredi

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Quatre jours après le passage de l’ouragan Fiona en Atlantique, quelque 600 membres des Forces armées canadiennes sont déployés dans les régions les plus touchées, afin de participer aux importantes opérations visant à effacer les dommages causés par la tempête.

Sur le terrain, les militaires rencontrés approchent leur mission avec beaucoup d’humilité. Moi, c'est la raison que j'ai rentré dans le militaire. C'est pour aider le monde dans ma province, dans mon pays, dit le soldat bombardier Riley Deveau, originaire de Clare, en Nouvelle-Écosse.

Juste venir ici, quand j'ai mis mon nom pour venir, ça me réchauffe le cœur. C'est exactement ce que je voulais faire : aider du monde qui ont besoin de l'aide, raconte-t-il.

En ce moment de crise, cette aide est évidemment appréciée par les gouvernements provinciaux. Au fil des catastrophes naturelles à travers le pays, il y a toutefois lieu de se demander si le recours à l’armée est la façon la plus appropriée de réagir à ces événements, selon un spécialiste du domaine.

Des chars de l'armée canadienne dans le stationnement d'une école.

Les Forces armées canadiennes à l'École Évangéline d'Abram-Village, à l'Île-du-Prince-Édouard, mercredi. L'école de langue française a subi des dommages lors du passage de l'ouragan Fiona.

Photo : Radio-Canada / Karine Bastien

Christian Leuprecht, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada, à Kingston, en Ontario, soutient que ce genre d’intervention devrait être une solution de dernier recours.

Souvent, les provinces ont un incitatif à sous-investir sur des mesures préventives qui incluent l'infrastructure critique, parce qu'elles savent que le fédéral et les Forces armées sont à leur disposition, affirme Christian Leuprecht.

Deux militaires en uniforme sur le bord de l'eau observent une excavatrice et une maison qui menace de tomber, sur la rive opposée.

Des militaires des Forces armées canadiennes à Burnt Island, Terre-Neuve-et-Labrador, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le changement climatique laisse présager une augmentation du nombre d’ouragans qui atteignent les côtes canadiennes. L’ouragan Dorian, en septembre 2019, était le premier ouragan à frapper de cette manière la Nouvelle-Écosse depuis Juan, en 2003. Il n’a fallu que trois ans pour qu’un autre, Fiona, secoue toute la région atlantique, causant des dégâts, des inondations et des pannes d’électricité qui durent depuis des jours, sans que la fin soit en vue.

Dans ce contexte, est-il prudent de dépendre de l’armée? Il y a le risque qu'on se trouve dans une situation où il y a une crise internationale, où les Forces armées et les dispositifs ne sont pas forcément à la disposition des provinces, avance Christian Leuprecht.

Il suggère qu’une unité spécialisée pour réagir aux catastrophes naturelles soit constituée.

Ottawa pourrait la créer dès maintenant, dit-il, s'il y avait une volonté de le faire.

Devant une école, des militaires en t-shirt et en pantalons de camouflage transportent de gros bacs en plastique et montent sur la rampe menant à un camion U-Haul.

Des militaires des Forces armées canadiennes à l'École Évangéline d'Abram-Village, à l'Île-du-Prince-Édouard, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Karine Bastien

En Nouvelle-Écosse, le lieutenant-colonel Adam Poirier, qui commande les opérations au Cap-Breton, où Fiona a touché terre samedi, estime que les deux types de missions font partie du mandat des Forces armées canadiennes, et que les militaires sont capables de s'acquitter de ces tâches.

Nous avons toujours une responsabilité à être prêts à supporter les opérations domestiques, quand même qu'on fait des opérations internationales, a-t-il indiqué. Les deux sortes d'opérations : ici au Canada, et à l'étranger.

D’après le reportage d’Adrien Blanc

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