•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Alaska et le Yukon aux prises avec des glissements de terrain de plus en plus fréquents

Plan large du site du glissement de terrain de Haines, en Alaska, photographié en 2022.

En décembre 2020, à Haines, en Alaska, un glissement de terrain avait emporté plusieurs maisons et tué deux habitants.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Radio-Canada

En Alaska, la capitale Juneau a vu un glissement de terrain se déclencher en pleine ville, lundi. Seules trois maisons ont été endommagées et personne n’a été blessé. Ces phénomènes semblent toutefois se multiplier dans la région, tout comme au Yukon, ce qu'un géologue yukonnais attribue aux changements climatiques.

Le sol n’a jamais eu le temps de sécher! Nous avons eu plusieurs rivières atmosphériques, c'est juste l’effet cumulé de tant de pluie, auquel s’est ajouté un dernier déluge, constate la porte-parole de la Ville de Juneau, Meredith Thatcher.

Une voiture est écrasée sous les débris du glissement de terrain.

Le glissement de terrain de Juneau a endommagé trois maisons et renversé une voiture, sans pour autant faire des blessés.

Photo : Associated Press / Clarise Larson/The Juneau Empire via AP

Dans les heures précédant le glissement de terrain, la région a connu des records de précipitations. À Lena Point, à 24 kilomètres de la ville, il a été relevé un total de 7,72 centimètres de pluie en 24 h, un record depuis le début des mesures il y a environ 30 ans.

Ce glissement de terrain n’est que le dernier en date. Plus au Nord, la petite ville de Skagway fait aussi face à de nombreux éboulements en raison des précipitations, à tel point que le maire, en août, puis le gouverneur de l’État, la semaine dernière, ont déclaré l’état d’urgence.

Les conditions météorologiques sont montrées du doigt. Les fortes pluies qui se sont abattues sur la région durant l’été ont déstabilisé le sol et les glissements de terrain continuent de se multiplier.

Pour le maire de Skagway, Andrew Cremata, l'arrivée de l’hiver et ses plus faibles précipitations vont permettre à la situation de se calmer. Il pense déjà à la saison prochaine avec des travaux à entreprendre dès cet hiver, sachant qu’il s’attend à ce que sa ville fasse face à cette situation pendant un certain temps.

Un éboulement bloque une route.

Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2022, un éboulement sur la route Klondike Sud reliant Skagway au Yukon a obligé les autorités à fermer la route.

Photo : Facebook : Melissa Miller

Nous réfléchissons à des mesures pour atténuer les risques, comme des clôtures pour retenir les roches. [...] Des ingénieurs m’ont aussi décrit une méthode qui consiste à couler du béton dans les secteurs où l'on constate des brèches dans la roche et peut-être les fixer avec des structures en acier, détaille-t-il.

Il rappelle que toutes ces mesures ont un coût, qu’il cherche à garder aux alentours de trois millions de dollars. La déclaration de l’état d’urgence permet également de recevoir des fonds de l’État d’Alaska.

« C'est un flanc de montagne et il fait ce que font les flancs de montagne dans le sud-est de l'Alaska. Les efforts d'atténuation sont destinés à réduire le risque, mais il y aura toujours un certain risque. »

— Une citation de  Andrew Cremata, maire de Skagway

Par ailleurs, les glissements de terrain nuisent à l'économie de la petite ville qui dépend du tourisme lié aux croisiéristes qui y font escale. Les rochers menaçant les quais, 45 navires de croisière ont changé leur itinéraire, renonçant à Skagway, estime le maire.

Le glissement de terrain près du quai de la White Pass dans le port de Skagway, en Alaska, le 4 septembre 2022.

L'éboulement près du quai de la White Pass empêche les bateaux de croisière de s'ancrer.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Vers une nouvelle norme, en Alaska comme au Yukon

L’Alaska n’est pas la seule à constater l’augmentation du nombre de ces phénomènes. Au Yukon, les exemples de récents glissements de terrain sont nombreux à Whitehorse, dont la route d’accès sud a été fermée pendant plusieurs semaines, sur la route de l’Alaska ou la route Klondike Nord.

Vue aérienne du glissement de terrain. Les débris recouvrent la chaussée, le sentier et le bord gelé du fleuve Yukon, le lundi 2 mai 2022.

Le glissement de terrain a coupé la route Robert Service, l'accès sud à la ville de Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Dans la région du Klondike, les glissements de terrain sont aussi dus aux précipitations. Depuis deux ans, les pluies et chutes de neige sont plus fréquentes et intenses. Comme dans le sud-est de l’Alaska, les sols sont donc gorgés d’eau, mais au Nord, il faut ajouter la problématique du pergélisol qui provoque des glissements de détachement.

Les précipitations gorgent le sol non gelé en surface et celles-ci ne peuvent pas s’écouler parce que le sol gelé forme une barrière imperméable, explique Derek Cronmiller, géologue pour la Commission géologique du Yukon.

Les eaux souterraines ne peuvent pas s'écouler en dessous et doivent s'écouler le long de cette surface gelée. Cela entraîne de fortes pressions d'eau et quand le sol ne peut plus supporter ce poids, la couche de sol non gelée se détache du sol gelé en dessous, explique-t-il.

Une route est fermée par deux barrières et des panneaux de signalisation.

Plusieurs portions de la route Klondike Nord ont été fermées à la suite de multiples glissements de terrain le 23 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Chris MacIntyre

« Avec le changement climatique, nous nous attendons à voir plus de glissements de terrain et souvent des glissements de terrain plus importants. »

— Une citation de  Derek Cronmiller, géologue pour la Commission géologique du Yukon

Le réchauffement du sol est donc au cœur de l’enjeu dans la région. Les terres qui étaient constamment gelées par le passé ne le sont plus et deviennent des secteurs à risque.

Derek Cronmiller explique qu’il est très difficile de déterminer si le changement climatique est responsable de tel ou tel glissement de terrain, mais plus de façon plus générale, le changement climatique entraîne une augmentation de la température du sol, selon lui.

Nous voyons que, dans tout le territoire, les températures du sol augmentent. Nous avons des pluies et des chutes de neige plus fréquentes et plus intenses donc ces choses combinées nous donnent des glissements de terrain plus fréquents et souvent de plus grande magnitude.

Avec les informations d'Elyn Jones et Dave White

Bannière promotionnelle avec le texte : Explorez les histoires du Grand Nord, ICI Grand Nord

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !