•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Flexibilité et souplesse s’invitent dans les abonnements de théâtre

Des fauteuils rouges dans une salle de théâtre.

Les spectateurs sont de retour dans les théâtres de Québec (archives).

Photo : Unsplash/Kilyan Sockalingum

Le comportement des spectateurs en billetterie a été chamboulé par la pandémie. Alors que la rentrée culturelle bat son plein dans les théâtres, les ventes d’abonnements se rapprochent de celles d’il y a deux ans. La fidélisation des spectateurs a toutefois nécessité quelques assouplissements.

Au Théâtre du Trident, les abonnements comptent pour la moitié des revenus de billetterie. Avant la pandémie, le flux de spectateurs était abondant et les gestionnaires du théâtre devaient ajouter des représentations supplémentaires. En ce début de saison 2022-2023, le trois quarts des abonnés sont de retour.

Cinq interprètes chantent et dansent.

«Cabaret» est présenté jusqu'au 8 octobre au Trident. (Archive)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Perron-Drolet

Depuis la reprise, les gestionnaires des salles de spectacles ont tous remarqué une tendance d’achat à la dernière minute pour les billets. Même si l’achat d’un abonnement nécessite de fixer les dates plusieurs mois à l’avance, Marc-Antoine Malo, codirecteur général et directeur administratif, rappelle qu'il reste possible de changer les dates des billets jusqu’à quelques jours avant le spectacle.

« Ça fait plusieurs années que l’abonnement est assez souple, mais c’est vrai qu’on a travaillé cette pensée-là que l’abonnement est très rigide. »

— Une citation de  Marc-Antoine Malo, codirecteur général et directeur administratif

S’abonner pour s’encourager

En 2020, la firme de Daigle/Saire a publié une étude sur les publics des arts de la scène au Québec, commandée par le Groupe de travail en fréquentation des arts de la scène. Les données confirment que la raison principale de prendre un abonnement est de s’encourager à aller régulièrement voir un spectacle.

Le théâtre Le Périscope a plutôt opté pour un programme de fidélisation. À l’achat de six pièces, les spectateurs ont droit à différents privilèges comme une consommation gratuite et un coupe-file bien apprécié puisque les spectacles sont présentés en admission générale.

La façade du théâtre Périscope de Québec, le printemps.

La façade du théâtre Périscope de Québec (archive).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Toujours selon l’étude, le principal motivateur pour s’abonner reste l’intérêt pour les propositions artistiques, devant l’économie d’argent et la réservation des sièges.

Bärbel Reinke, responsable du service à la clientèle et de la billetterie du Périscope, est la seule de l’équipe à être en contact avec les acheteurs de billets. Elle est témoin des discussions des futurs spectateurs avant la transaction. Elle confirme que plusieurs sont tentés de prendre un sixième spectacle afin de ne pas perdre leurs privilèges.

Les années précédentes, pour être membres du programme Fidèle au poste, les spectateurs devaient se procurer sept pièces.

La flexibilité avant tout

L’étude sur les publics des arts de la scène confirme que les abonnés des théâtres ont tendance à être des spectateurs plus âgés. Le public plus jeune ou plus friand de culture est prêt à sacrifier les sièges réservés pour plus de flexibilité.

Le décor est formé de glacières, bottes de foin et d'un panier de basketball.

La pièce Parc Optimiste était présentée par Premier acte, mais à l'extérieur, derrière l'église Saint-Charles de Limoilou. (archive)

Photo : Radio-Canada / Tanya Beaumont

C’est le cas des spectateurs de Premier acte que son directeur général et artistique Marc Gourdeau qualifie de nomades culturels. C’est un public qui ne veut pas décider six mois à l’avance où est-ce qu’il sera assis, avance monsieur Gourdeau.

Ce théâtre qui met en lumière les nouveaux talents de la ville de Québec propose des abonnements de 4, 6, 8 ou 10 billets, à prendre au fil de la saison. Ces billets comptent en moyenne pour 15 à 20 % des ventes annuelles.

Pas de dates prédéfinies, pas de siège réservé, mais une place garantie en salle jusqu’à 48 heures avant le spectacle.

À l’inverse, le Théâtre de la Bordée a gardé son abonnement plus traditionnel de cinq pièces. Nouveauté de la saison 2022-2023, l’abonnement de trois pièces est offert dès le lancement de la programmation. Habituellement, il était mis en vente juste avant la période des Fêtes.

La devanture du théâtre de la Bordée.

La Bordée propose des abonnements de cinq ou de trois pièces. (archive)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

C'est 20 % des abonnés de cette saison qui ont opté pour le forfait de trois pièces. J’ai l’impression que si on n’avait pas mis ça de l’avant, peut-être qu’on aurait perdu plus d’abonnés, avoue Rosie Belley, codirectrice générale et directrice administrative au Théâtre de la Bordée. Le nombre d’abonnés demeure le même, mais il y a un déficit de deux pièces dans le budget.

L’enjeu du renouvellement du public n’est pas nouveau. Le contexte de la relance culturelle est bon pour réfléchir à la question. Les théâtres font de nombreux efforts pour retrouver les salles de 2019, mais ils nagent toujours dans l’inconnu.

Un ‘’après’’ pandémie, on a aussi peu vécu ça qu’un ‘’pendant’’ pandémie. Personne, conclut Bärbel Reinke.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !