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Conflit territorial : une promesse de François Legault inquiète à Wendake

Alors que le torchon brûle entre les Hurons-Wendat et les Innus de Mashteuiatsh, le premier ministre sortant promet une reconnaissance territoriale contestée par Wendake.

Une signalisation mentionnant Arrêt et la traduction en langue wendat, Seten.

Le Conseil de la nation huronne-wendat et les Innus sont impliqués dans un conflit territorial depuis de nombreuses années.

Photo : Radio-Canada / Philippe Kirouac

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a promis mardi de conclure un traité « historique » avec les Innus d'ici six mois s'il est de nouveau porté au pouvoir. Le signal inquiète à Wendake, où les Hurons-Wendat contestent les revendications territoriales innues.

La promesse en question suppose une reconnaissance du Nitassinan, territoire traditionnel des communautés de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, ainsi que d'Essipit et de Nutashkuan, sur la Côte-Nord.

Ensemble, ces trois Premières Nations rassemblent près de 12 000 Innus et forment le regroupement Petapan dans le cadre de la négociation d'un traité avec Québec.

En 2004, ces communautés ont adopté l'Entente de principe d'ordre général avec les gouvernements provincial et fédéral. Base de la présente négociation, elle incluait ce qui a été appelé la portion sud-ouest du territoire traditionnel innu.

Cet ajout chevauche cependant le Nionwentsïo, territoire revendiqué par les Hurons-Wendat. La portion sud-ouest couvre une très large superficie au nord du fleuve Saint-Laurent, y compris la ville de Québec, une partie de la réserve faunique des Laurentides et même Wendake, siège de la Nation huronne-wendat.

L'Entente de principe d'ordre global de 2004 délimite les territoires de quatre Premières Nations innues, dont Mashteuiatsh, en vert. La portion bleue est la partie sud-ouest revendiquée par les Innus et se trouve en plein cœur du Nionwentsïo, territoire ancestral de la Nation huronne-wendat délimité en rouge.
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L'Entente de principe d'ordre global de 2004 délimite les territoires de quatre Premières Nations innues, dont Mashteuiatsh, en vert. La portion bleue est la partie sud-ouest revendiquée par les Innus et se trouve en plein cœur du Nionwentsïo, territoire ancestral de la Nation huronne-wendat délimité en rouge.

Photo : Conseil de la Nation huronne-wendat

Conflit territorial

La promesse du premier ministre sortant arrive au moment où le conflit territorial entre la Nation huronne-wendat et les Innus de Mashteuiatsh a repris de la vigueur cet été. Les premiers dénoncent la présence innue dans la réserve faunique des Laurentides, un territoire qu'ils estiment exclusif aux Hurons-Wendat en vertu du Traité huron britannique de 1760.

Les seconds revendiquent aussi le droit historique de s'y établir et ont dénoncé des actes de vandalisme commis en juin dernier sur certains de leurs campements établis dans la réserve.

Un terrain en forêt après le passage visiblement de machinerie lourde.

Selon les Innus, des pierres et des arbres ont été mis sur le terrain et une tranchée a été creusée sur ce terrain en juin dernier.

Photo : Gracieuseté de Claudie Paul

Depuis, les relations entre les deux nations se sont nettement refroidies, alors que les Innus Mashteuiatsh menacent d'entamer des procédures judiciaires contre le Conseil de la Nation huronne-wendat. Ils exigent des excuses officielles de Wendake, un remboursement des dommages causés et l'assurance que le conseil wendat n’interférera pas dans la pratique des droits ancestraux de la Première Nation, y compris dans la partie sud-ouest.

Ce à quoi le grand chef des Hurons-Wendat, Rémy Vincent, a plutôt répondu par un appel au dialogue et au calme. S'il y a vraiment des preuves historiques, archéologiques qui sont satisfaisantes, bien, on va signer un traité et on va tirer une ligne, avait-il dit.

Bien que nous soyons ouverts à discuter afin de régler les enjeux territoriaux qui concernent nos Nations [...], nous ne fixerons aucune rencontre avant que vous ayez répondu à ces demandes ou, à défaut, que notre recours judiciaire ait été déposé, peut-on lire dans la dernière lettre écrite par le chef innu Gibert Dominique, le 8 septembre.

Pas d'entente sans les Hurons

Dans le contexte, l'engagement pris par François Legault a forcé le grand chef wendat à rassurer sa communauté. Certains d’entre vous ont été préoccupés de lire, dans les médias, la volonté du gouvernement du Québec de conclure un traité final avec les communautés innues, a réagi Rémy Vincent, mercredi, dans une déclaration écrite.

Ce dernier a assuré aux Hurons-Wendat, mercredi, qu'aucun traité ne serait signé entre Québec et les Innus sans une consultation avec leur nation. Monsieur Ian Lafrenière [ministre sortant des Affaires autochtones] m’a réitéré, encore aujourd’hui, qu’aucun traité ne sera conclu avec le Regroupement Petapan tant que l’enjeu territorial ne sera pas réglé, a-t-il écrit.

La réserve faunique des Laurentides.

La réserve faunique des Laurentides

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

M. Lafrenière a lui aussi réagi mercredi, faisant une référence directe aux Hurons-Wendat.

Il a souligné que le gouvernement n'est pas seulement en négociation avec les Innus, mais aussi avec Wendake et l'ensemble des Premières Nations pour conclure des traités de nation à nation avec le Québec. Je tiens à rappeler que la conclusion d’une telle entente n’aura pas pour effet d’éteindre les droits d’une autre Première Nation qui a des intérêts sur le territoire, a-t-il mentionné.

Il s'en remet cependant aux communautés de s'entendre entre elles concernant certaines revendications territoriales. Enfin, malgré la signature d’un tel traité, cela n’exclut pas la nécessité pour les communautés d’avoir des ententes entre elles sur les enjeux territoriaux.

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