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Le gouvernement du Nunavut publiera plus d’information sur les cas de tuberculose

Plan rapproché d'un stéthoscope sur une table d'examen.

Critiqué pour son manque de transparence entourant les cas de tuberculose, le gouvernement du Nunavut travaille actuellement sur un système qui lui permettra de divulguer plus d'information au public au sujet de cette maladie infectieuse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministère de la Santé du Nunavut travaille actuellement sur un système qui lui permettra de transmettre des informations liées aux cas de tuberculose, afin de faire preuve de plus de transparence à l’égard du public, une nécessité, selon un rapport du commissaire à l'information et à la protection de la vie privée du Nunavut, paru au mois de février.

Durant des audiences du Comité permanent sur les opérations gouvernementales et les comptes publics du Nunavut, mardi, la directrice des politiques et de la planification du ministère de la Santé, Linnea Ingebrigston, a affirmé que des informations liées à l’âge et au genre des patients seront rendues publiques.

Les travaux du Comité, qui avaient lieu lundi et mardi, visaient à donner suite au rapport annuel 2021-2022 du commissaire territorial à l'information et à la protection de la vie privée, Graham Steele.

Dans son rapport, paru le 25 mai, il a notamment conclu que le processus d’accès à l’information au territoire était à la fois obsolète et inadéquat. Il a aussi recommandé au gouvernement territorial de faire preuve de plus de précision au sujet des informations qui sont transmises au public sur les cas de tuberculose.

Le Ministère tente d’ailleurs de s’inspirer d’autres régions du Grand Nord qui sont aux prises avec des vagues d’éclosion de tuberculose, comme le Nunavik. La région du nord du Québec travaille étroitement avec les communautés en partageant le taux d’infection avec les dirigeants.

À l’heure actuelle, le gouvernement du Nunavut rend public le nombre de cas par collectivité uniquement lorsqu’une éclosion est en cours, comme c’est le cas à Pangnirtung.

Le ministère de la Santé n’a toutefois pas l’intention de fournir ce type de données à l’ensemble du territoire, arguant que des personnes atteintes de la maladie pourraient être plus faciles à reconnaître, en particulier dans de plus petites communautés, et que cela alimenterait la stigmatisation entourant la tuberculose.

La clinique de tuberculose au centre de santé de Kinngait.

La clinique de tuberculose au centre de santé de Kinngait, au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Cette année, dans son rapport portant sur cette maladie infectieuse, le commissaire Graham Steele a déclaré qu'il n'y avait aucune raison juridique de ne pas publier le nombre de cas actifs par collectivité, à l’exception des communautés qui comptent cinq cas ou moins. Personne ne sait véritablement ce qu’il se passe dans les communautés touchées par la tuberculose, a-t-il dit.

Le député territorial d’Arviat Sud, Joe Savikataaq, affirme quant à lui que, en ayant plus de données en main, les députés seraient en meilleure position pour tenir le gouvernement responsable.

Les Inuit ont le plus grand nombre d'infections de la tuberculose par habitant au Canada », souligne-t-il. « Pour connaître l’ampleur du problème et pouvoir le résoudre adéquatement, je pense qu'il doit y avoir des statistiques et des chiffres sur le sujet.

Le premier ministre du Nunavut, Joe Savikataaq.

Le député Joe Savikataaq est l'un des membres du Comité permanent sur les opérations gouvernementales et les comptes publics du Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Une modernisation de la loi

La Loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée du Nunavut a 25 ans, soit plus que l'âge du territoire. Elle a été mise à jour dans le passé, mais le commissaire Graham Steele croit qu’une révision complète est de mise.

Graham Steele souhaiterait notamment que certaines de ses dispositions se penchent sur la publication d’informations par le biais de technologies. Il mène actuellement un examen complet des réseaux internes dont les différents ministères territoriaux se servent pour s'échanger de l’information. Il affirme d’ailleurs que de nombreuses violations de la vie privée ont eu lieu sur ces réseaux.

Des personnes ont pu voir toutes sortes d’informations très confidentielles qui n’auraient jamais dû être à leur portée, dit-il.

À la lumière de ces constatations, Graham Steele va rédiger un rapport au cours de la prochaine année.

Avec les informations de Beth Brown

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