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Procès de Daniel Laframboise : le témoignage d’une victime alléguée commence

Daniel Laframboise descend les marches de l'entrée principale du palais de justice de Rouyn-Noranda.

Le procès de Daniel Laframboise s'est poursuivi mercredi à Rouyn-Noranda. (archives)

Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier

Le procès devant jury de Daniel Laframboise s’est poursuivi avec le témoignage de l’une des victimes alléguées, mercredi matin, au palais de justice de Rouyn-Noranda.

Johanie Bellemare St-Georges, qui a demandé la levée de l’ordonnance de non-publication qui protégeait son identité, a décrit les sévices qu’elle estime avoir subis aux mains de M. Laframboise.

Elle a été interrogée, au terme de son allocution, par l’une des procureures aux poursuites criminelles et pénales, Me Émilie Larose. La Couronne est aussi représentée par Me Andrée-Anne Gagnon.

Mme Bellemare St-Georges, qui aurait emménagé chez M. Laframboise et sa famille vers mai 2007, a soutenu s’être retrouvée rapidement sous son contrôle.

Sa femme et lui avaient l’air d’une bonne petite famille, avec leur petit garçon qui semblait bien élevé, a-t-elle déclaré une quinzaine de minutes avant de le comparer au diable en personne.

Elle considère qu’elle était à l’époque vulnérable en raison de ses problèmes de consommation de drogues et d’alcool. Ses démêlés judiciaires de l’époque et ses problèmes de confiance auraient contribué à la dissuader de prendre ses distances vis-à-vis de l’accusé.

Sollicitée pour avoir des rapports sexuels avec M. Laframboise, Johanie Bellemare St-Georges aurait ensuite commencé à recevoir des courriels de menaces. Ces messages auraient exigé qu’elle demande à l’accusé de faire du BDSM, du sadomasochisme, plein d’affaires dégueulasses et qu’elle soit sa soumise.

Les messages auraient été envoyés par l’intermédiaire de faux identifiants. La Couronne a soutenu lundi dernier, lors de son exposé d’ouverture, qu’il s’agissait de M. Laframboise.

Ce n’était pas juste au niveau sexuel. Je devais lui [Daniel Laframboise] demander la permission pour tout, tout, tout. Mes sorties, ce que je mangeais, ce que je portais. Il avait accès aux mots de passe de tous mes courriels, mon Facebook, mes comptes bancaires, a-t-elle enchaîné.

Au bout d’un certain temps, les courriels qu’elle recevait auraient tenté de la convaincre que sa soumission représentait une forme de mission divine.

Je recevais tout le temps plein, plein, plein de courriels, de plein de personnages [...] éventuellement, les messages me disaient que ma mission de vie était d’être une soumise, a expliqué Johanie Bellemare St-Georges.

L'entrée principale du palais de justice de Rouyn-Noranda.

Le procès se déroule au palais de justice de Rouyn-Noranda. (archives)

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

La plaignante a affirmé être restée sous le contrôle de l’accusé pendant plusieurs années. Huit ans plus tard [vers 2015], j’ai pu aller vivre en appartement, mais j’étais encore sous l’emprise de Daniel Laframboise [...] je recevais encore pleins de courriels tout le temps, et je devais lui demander la permission pour tout, tout, tout, a-t-elle mentionné.

Elle a conclu son allocution en déclarant que M. Laframboise lui avait volé la plus grande partie de sa vie d’adulte, soit jusqu’au jour où elle dit être allée voir la police, après onze ans.

Le témoignage de Johanie Bellemare St-Georges devrait se poursuivre au moins jusqu’à jeudi matin. La défense pourra ensuite la contre-interroger lorsque la Couronne aura terminé de la questionner.

Six chefs d’accusation

Daniel Laframboise est accusé d’agression sexuelle, d’agression sexuelle ayant causé des lésions corporelles, de transmission d’une photo intime sans le consentement de l’une des plaignantes et d’avoir agi dans l'intention de harceler.

Il est poursuivi pour six chefs d’accusation, soit deux pour chacune des victimes alléguées.

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