•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un traitement porteur d’espoir contre le cancer de la prostate métastasé

Illustration montrant une prostate recouverte de tumeurs cancéreuses.

Le cancer de la prostate prend naissance dans les cellules de la prostate, un organe situé dans le bassin des hommes, sous la vessie et devant le rectum. Ce cancer peut ensuite se propager à d'autres régions du corps.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un nouveau traitement de précision approuvé par Santé Canada contre le cancer de la prostate résistant à la castration métastatique (CPRCm) pourrait permettre à des patients en phase terminale de voir leur vie prolongée.

Le Dr Fred Saad, professeur titulaire de chirurgie et d'urologie au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, s'enthousiasme au sujet de la nouvelle thérapie de pointe qui donnera une nouvelle option de traitement à des patients atteints d'un CPRCm qui s'est propagé à d'autres parties du corps malgré de nombreux traitements.

Ça donne aux patients l’espoir de maintenir leur qualité de vie et de prolonger leur survie, affirme le Pr Saad.

Le Dr Fred Saad devant le CHUM.

Le Dr Fred Saad estime que la nouvelle thérapie donnera une nouvelle option de traitement à des patients atteints d'un cancer de la prostate métastasé.

Photo : Radio-Canada

La nouvelle approche thérapeutique fait appel à la médecine nucléaire pour s'attaquer uniquement aux cellules cancéreuses sans endommager les organes du corps qui ne sont pas atteints par le cancer.

Dans un premier temps, les oncologues scannent très précisément le cancer du patient et lui injectent ensuite des radioligands dans le sang. Un radioligand est composé d'une molécule de ciblage capable de reconnaître les cellules cancéreuses du patient, de s’y fixer et de relâcher une particule radioactive qui va ensuite les détruire.

« C'est vraiment le traitement dont on rêvait et qui permet de viser spécifiquement le cancer d’un patient. »

— Une citation de  Dr Fred Saad

Les essais cliniques ont montré qu’en moyenne, la thérapie permet de réduire de 50 % la progression des métastases et d'augmenter de 40 % les chances de survie du patient.

Les résultats sont parfois encore plus spectaculaires, comme ce fut le cas d'Yvan Laniel, qui soignait un cancer de la prostate depuis 22 ans.

Un homme assis dans un salon.

Yvan Laniel a suivi la thérapie expérimentale radioligand.

Photo : Radio-Canada

L’homme de 78 ans a subi tous les traitements qui lui ont été proposés, standards et expérimentaux. S’ils ont tous donné de bons résultats, ces traitements n’ont fait que prolonger sa vie. En 2018, toutefois, sa chance semblait tourner : des métastases étaient présentes partout dans son corps.

C’est à ce moment que son médecin lui a proposé la thérapie expérimentale radioligand.

Une nouvelle approche thérapeutique est très prometteuse. Elle fait appel à la médecine nucléaire pour s'attaquer uniquement aux cellules malades, sans s'attaquer aux cellules saines. Et dans certains cas, le résultat est exceptionnel. Reportage de Normand Grondin.

Dès le premier traitement, les métastases ont commencé à se résorber et, 18 mois plus tard, elles avaient toutes disparu. C'était énorme! C'était sérieux et très efficace, mais je ne savais pas combien de temps ça durerait, explique M Laniel.

Si pour la vaste majorité des patients la rémission reste temporaire, la chance sourit encore à M Laniel.

« À ma grande surprise, je suis dans les 2 % qui ont le mieux réagi au traitement. Ça pourrait ressembler à un miracle. Et je me sens comme ça aussi, c'est-à-dire que je me sens très bien. Vraiment. »

— Une citation de  Yvan Laniel

Repères

  • Environ 24 600 hommes recevront un diagnostic de cancer de la prostate en 2022 au pays. C’est le cancer le plus commun chez les hommes et la 3e cause de décès par cancer chez les Canadiens.
  • Selon Santé Canada, 1 homme sur 7 recevra un diagnostic de cancer de la prostate au cours de sa vie et la quasi-totalité des cancers de la prostate (99 %) touchent des hommes de 50 ans et plus. De nombreux en sont atteints sans le savoir.
  • Les chances de survie des hommes atteints d’un cancer de la prostate métastatique cinq ans après un diagnostic sont actuellement de 3 sur 10.

Si la thérapie est approuvée pour les graves cas de cancer de la prostate, elles pourraient éventuellement permettre de traiter des cancers moins avancés.

On veut voir si elle sera encore plus efficace si on la commence encore plus tôt. Il faut d’abord qu'on s'assure que c'est sécuritaire, affirme le Dr Fred Saad.

Pour le moment, la thérapie n'est remboursée par aucun système de santé au Canada.

Avec les informations de Normand Grondin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !